‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 25 sur 78 · BE SENS · texte numérisé non relu

BE SENS

Un des plus heaoz titres de gloire d'une église , c'est Tantîqoité de sa fondation. Lorsqu*dle lemonte aux temps apostoliques, chaque siède leprésente, pour ainsi dira, un

anneau d'une longue chaîne qui l'attache au berceau même du chrisiiainsnie. Si ses premiers évèques ont reçu leur ordination et leur mission imméiiiatement des apôtres, on peut comparer son origine à celle d'un rayon lumineux d'autant plus vif, plus pur, qu'il émane plus directement d'un astre étinoelant.

Il n'est aucune église en France qui ne se glorifie d'une ancienneté très-reculée; mais , par le malheur des temps, par robsrnrilé et même souvent par l'absence complète des documents historiques, il en est stniiemeiit un petit nombre qui puisse justifier de ses litres d'une manière authentique , irrécusable. Moins heureuses que la vénérable église de Tours, la plupart de ces églises ont perdu leurs diptyques, et elles n'ont point d'historien comparable à notre illustre saint Grégoire.

Tous les auteurs qui ont écrit sur la célèbre église de Sens rivalisent de zèle et d'érudition poui luui nir des preuves de sa glorieuse antiquité. iNous n'avons pas l'intention de les suivre dans leurs laborieuses recherches, nous nous borne-

m CATHÉDRALES DE FRANCE.

roDsà en constater les résultats. Peu d'accord sur les dates précises, tons regardent saint Savinien et saint Potentien comme les premiers prédicateurs de. la religion chrétienne dans la province de Sens. Après avoir dignement annoncé

la parole évangéliquc , ils en fécondèrent la divine semence [>ar l'effusiou de leur sang. Ils rt'i'uroiit la couronne du martyre vers la fin du ii* siècle ou au connuencemeut du lU*. Leurs corps furent déposés avec respect par les nouveaux chrétiens dans les cryptes dont on voyait naguère encore quelques restes près de la ville. Ces cr^^ptes, témoins , sans doute, des premières instructions adressées aux fidèles sénonais, oîi se célébrèrent, durant la persécution, les mystères sacrés, devraient être entourées du plus profond respect jusque dans leurs dernières ruines. Aujourd iiui que le siècle est devenu si iroid , si indiilci eut , elles rendent un témoignage éloquent de la foi de nos pères. Presque toutes nos églises de France ont pris leur naissance dans des cryptes semblables; presque toutes aussi, par une fatalité déplorable, ont vu profaner ces lieux augustes , dont Taspect seul excite de si vils sentiments de piété.

Les siècles qui s'écoulèrent depuis Tépoque où saint Savinien el ses compagnons consacraient, au milieu des persécutions, un modeste oratoire au culte du vrai Dii'u, jusqu'à celle oîi fut bâtie Téglise actuelle, oftrent une série d'événemenla dont le récit peut offrir de l'intérêt pour l'histoire ecclésiastique de la province, mais qui, dans cet ouvrage destiné à l'ensemble des cathédrales de France , deviendrait fastidieux par la répétition de faits semblables. Les reconstructions de l'église de Sens, comme celles de la plujmrt de non autres grandes églises, attestent autant les fureurs des barbares qui désolèrent la France, les dévastations des guerres continuelles qui ensanglantèrent la première partie

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