TOULOUSE
de donations émanés de Charlemagne , de Louis le Débonnaire et de plusieurs gouverneurs d'Aquitaine. Des cette époque mémorable, où l'arcliitecture chrétienne prit un développement marqué dans la province d'Aquitaine, sous rimpolsion de saiot Benoit d'Aniane et de saint Guillaume, la cathédrale est désignée sous le nom de Saiiit*Ëtienne. Les Goths avaient exercé une influence certaine sur l'art de bàlir dans les provinces de la Septimanie , an point que plusieurs atiliquaiieis avaient voulu en retrouver des vestiges dans les monuments actuels de Toulouse. Les princes visitroths n'ont certainement pas régné pendant plus de quatre -vingts ans dans cette ville sans y laisser des monuments de leur puissance. M. Éméric David a fait sur ce sujet des études fort intéressantes; les textes curieux qu'il a réunis , mais dont il n*a pas fait valoir toutes les conséquences , sont destinés à jeter du jour sur les origines de notre archéologie nationale, jusqu*à présent encore assez ol)scures.
Sans doute l'église Saint-Élienne fut rehàtie à plusieurs reprises, mais nous en conservons à peine le souvenir. Jusqu'au temps de Raymond VI , son histoire est plus intéressante sous le rapport des faits que sous celui de son architecture. M. d'AIdéguier, dans un travail assez ét^du sur la cathédrale de Toulouse, a su réunir avec talent et expliquer avec sagacité une foule de traits qui ne sont pas à dédaigner dans un ouvrage de cette nature, mais qui n'intéi^'Sï«ei aient pas tous les lecteurs, à cause de leur importance purement locale.
Au commencement du nix' siècle , la cathédrale de Toulouse obtint les honneurs d'église métropolitaine; jusque-^ elle relevait de l'église primatiale de Bouiges. Le pape Jean XXII lui conféra ce titre en 1 31 7.
L'église Saint-Étieane ne se recommande ni par Tain-
pleor des proportions, ni par la perfection du style, ni par la régularité de l'ensemble. Le plan en est incomplet et irré.^iilier. Elle est bien éloignée de la mat:nificence de l'églisu Saiiit-Serniu, un des monuments romano-t)yzrintins les plus illustres, et ne peut être rangée qu^à une place secondaire dans la série des basiliques épiscopales.
La plus ancienne construction paraît être la nef, Mtie vers le commencement du m' siècle, par Raymond VI, comte de Toulouse , pendant que les croisés faisaient le siège de la ville; on voit encore les armoiries de ce prince sculptées sur une des rlefs de la voûte. On avait le projet de construire une nef latérale , el l'abandon de ce dessein est une des causes de l'irrégularité que Ton remarque dans la disposition générale. Le chœur, brûlé vers le commencement du xm* siècle, a été leconstruit de 1609 à 1612, ainrâ que Fatteste une inscription en lettres d'or sur une table de marbre noir. L'|uteur de cette réparation est le cardinal de Joyeuse , qui occupa le siège archiépiscopal de Toulouse depuis IliSl jusqu'en 1015. Il est aisé de voir que ce clueur représente , pour ainsi dire , le commencement d'une nouvelle église qui n'a pas été continuée et donjon a chai^ l'emplacement, de manière que Taxe du chœur ne répond plus à celui de la nef.
Le portail a été construit au xv* siècle, d*après les ordres de Denis et de Kerre Dumoulin , son frère , tons deux archev(*'(pies de Toulouse, Ce portail a beaucoup souffert des injures du temps et des passions des hommes. Les statues des deux fond r'enrs, comme beaucoup d'autres, ont été renversées et détruites en 1793. Malgré les mutilations qu'il a si déplorablement souffertes, le frontispice, orné d*mie rose h compartiments nombreux et dselés avec délicatesse, conserve encore des vesli^s de son ancienne beauté.