‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 39 sur 78 · AUCH · texte numérisé non relu

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quelle il déposa Tautel, à l'endroit où s élève aujourd'hui TégUse métropolitaine Sainte-Marie.

L'église épiscopale primitive fut victime des malheurs qui fondirent socoessivement sur la viUe. Le précis historique que nous allon» en tracer ne sera rien autre chose que la longue et déplorable série de ses d^otitions et de ses reconslruclions. Au V siècle, les Golhs s'emparèrent de la majeure partie de cette province, et pendant longtemps le joug de la conquête pesa sur les populations de la Novempopulanie. Auch partagea le sort commun. Eu 509, Clovis renveisa la monarchie des Visigoths et prit sous sa protection spéciale FÉglise rendue A la paix et à un gouvernement protecteur. Ce prince généreux construisît à Audi , en Thonneur de saint Martin, une église et un monastère, oh Té* vèque et son clergé lixèrent leur r&idence duiout plusieurs siècles.

Un épouvantable iléau, qui menaça d'envahir l'Kurope entière, causa les plus grands désastres dans le Midi. En 724, les Sarrasins se précipitèrent, à travers les Pyrénées, sur le Languedoc, la Gascogne et la Provence, bouleversant et minant tout sur leur passage ; déjà ils s*étaient avancés jusqu'au cœur de la France, quand Gharies-Mariel arrêta leurs progrès, dans lej plaines de Tours. La ville dWuch, (!• iruite par ces farouches disciples de Mahomet, eut, dans la suite, beaucoup de peine à se relever de ses ruines. Elle était réduite à l'humble étal de bourgade et composée d'un petit nombre d'habitations situées au pied du monticule, tandis que la vieille dté n'était plus qu*un amas de décombres.

L'évéque Taurin II, avec le secours dudncTotilus, guerrier plein de bravoure , qui défit les hordtis normandes en plusieurs rencontres, rebâtit, en 845, l'église Saiute-Maiie. 11 est probable que la cathédrale lut reconstruite rapidement

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aTRÉDRALES DE FRANCE.

et dans des dimensions peu étendues, puisque deux siècles après, en 1048, saint Austinde ou Austense fut obligé de robàtir et d'agrandir son église. Les trayanx de eette grande restauration ne furent pas poussés avec énergie, malgré le mouTement qui animait alors les populations chrétiennes. Le 1 2 février 1 1 21 , soixante-treize ans après le commencement des opérations, l'archevêque Bernard de Sainte-Christie fit solennellement la consécration du principal autel.

A peine terminée, la cathédrale eut à souffrir des excès de Bernard IV» comte d'Armagnac. Cet homme ambitieux et remuant, pour mettre son fils sur le trône archiépiscopal d*AuGh, fit une guerre acharnée à Farchevéque Géraud de Labarthe. Il mit le feu à un ch&teau ot le prélat s'était réfugié , et dans un accès d*emportement il ne craignit pas de détruire une partie de l'église Saiute-»Vlaiie et du cloître canonial.

Arnaud d'Albert, neveu du pape Innocent VI, entreprit en 1371 la reconstruction de son église cathédrale. Les travaux avaient été commencés avec le plus louable empressement, quand Févèque mourut dans le pays d* Avignon, où siégeait alors la cour papale. En 1378 , le pape Clément VII, voulant encourager les efforts des fidèles du pays d*Aucb et réveiller l'ardeur, accorda des indulgences à tous ceux qui contribueraient à la continuation de l'œuvre de Sainte-Marie. Le zèle, d'abord très-vif, ne tarda pas à se refroidir : en 1429, sous l'épiscopat de Pliilippe de Lé vis, on reprit les travaux abandonnés déjà depuis assez longtemps. A cette époque on projeta d'augmenter les dimensions primitivement adoptées. Tant de dévouement allait bientôt devenir inutile , si la récompense de ceux qui s'étaient voués à Tédiiication de la maison de Dieu avait été sur la terre ; le feu embrasa et détruisit presque entièrement le monument d'Aueli»

àUCU.

sous répiscopal de Jean IV de Lescun-d'Aniiagnac, promu à la dignité de cardinal en 1473 et mort en 1483.

Ce malheur attrista les cœurs sans les décourager. La restauration fut immédiatement entreprise par François 1% cardinal de Savoie» élu aichevëqiïe de Paris par le chapitre, en i483, l'année même du désastre. Jean Y de la Trémouille , monté sur le siège archiépiscopal en ! 490 , seconda généreusement les sacrifices de sou cliaj iiie ei clo ses diocésains. Pendant sa vie il entretint l'élan général, et à sa morl il légua une somme considérohle pour aider à conduire l'entreprise à heureuse fin.

La construction avait fait de rapides progrès, lorsque François n, de Clermont-Lodève» fut nommé archevêque d'Auch, en 1507. Ce prélat, animé du même esprit que son prédécesseur, ne lui céda point en zèle ni en magnificence. Non-seulement il activa les travaux, mais encore il donna des preuves de son goût éclairé et de sa libéralité, en faisant sculpter les stalles du chœur et en posant un grand nombre des plus magnifiques verrières. L'église d'Auch ne saurait oublier la mémoire d'un prélat auquel elle doit ses ornements les plus somptueux. L'an 1548, la nouvelle église Sainte-Marie fut consacrée par Jean Dumas, évèque de Cardite, en Syrie, vicaire générai de Tarchevèque d'Auch, alors retiré en lUilie. Celte auguste cérémonie s'accomplit avec la plus grande pompe et au milieu des ( liants d'allégresiie ; on se disait avec joie que cette consét ration avait lieu au jour anniversaire de la dédicace de la basilique romano-byzantine faite en 1 1 2i .

Quelques parties accessoires restaient encore à (mir. Léonard de TY-apes, en 1597, acheva les voûtes et compléta les vitraux du chœur. Dominique de Vie, peu de temps après, donna les verrières des chapelles de la iiel* et fit d'autres lar-

gcises. Enfin le couronnement fat donné à l'œuvre par ileiiri de L'jniofhe-lluuduiuiturt , archevêque clWuch en 1662. U est vivement à l'egretter que ces derniers travaux ne soient pas en parfaite harmonie avec le reste de l'édifice; ils comprennent le jubé à rentrée du choeur, le ponshe et les clochers, les balusfres des chapelles, les orgues et la tribune qui les supporte.

Le plan de Sainte -Marie d'Auch est en forme de croix latine. L'édifice est divisé en trois nefs, coupées par la nef transversale du transsopt , et se leruune à son chevet en une ^aude abside semi-circulaire. La longueur de l'église, depuis la porte d'entrée jusqu'au fond de la chapelle du Saint- Sacrement, qui lait le lond-point de Thémicydej est de cent dnq mètres quatie-Tingt-dîx centimètres; la largeur totale est de vingt-deux mètres soixante-quatorae centimètres; la grande nef seule est large de onze mètres quatre cenlimèlres; la hauteur sous la ckl" dv voûte principale est de vingt-six mètres soixante-quatre centimètres. Toute la construction est soutenue sur quarante piliei's largement espacés. 1^ corps de Péglise est bâti en pierres de grès regidièrement appareillées, tandis que les voûtes sont formées de pierre calcaire plus blanche et moins lourde.

Ueffet intérieur de la cathédrale d'Auch est plein de majesté; la perspective en est riche et imposante; l'ordonnaDce des travées, la succession des arcades, des fenêtres et des galeries» la forme et la disposition des chapcllrs. fnut est établi dans des proportions harmonieuses. La grande nef s*él^id dans àe^ dimaosions qui en font un des vaisseaux les plus vastes ; le chœur avec ses inimitables boiseries présente un coup d^oâl surprenant; Tabside avec ses vitraux brillants et sa noble structure complète Tensemble. L'admiration serait entière, si le massif Jubé ne venait briser les lignes principales.

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