‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 40 sur 78 · AUCH · texte numérisé non relu

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Le choeur est un des plus beaux de France par son étendue et surtout sa décoration. Les stalles sont en chêne et sculptées avec une science et une délicatesse véritablement prodigieuses. Le hois a pris sous rinflaence des sièdes une teinte

propre à relever encore le fini du travail. Comme celles d*Amieus et de Vt ndùrae, lus skilles d'Aucii sont d'une belle conservation , et i)assent avec raison pour un chef-d'œuvre oii le génie et la patience ont épuisé leuis ressources. La composition générale en est aussi remarquable que les détails , et il n'a pas fallu moins de verve et d'imagination pour tracer Feosemble que d'adresse et d'habileté pour découper ces formes fines et gracieuses. Sur chaque haut dossier, on voit sculptée en demi-relief une figure de l'Ancien et du Nouveau Testament, ou quelque personnage allégorique. Chaque figure est posée sur une espèce de console en pendentif, décorée de petits bas -reliefs ou d'arabesques dessinés avec la plus grande facilité, ajustés avec la plus pure élégance. Les stalles sont séparées les unes des autres par des pilastres chargés de statuettes placées dans des niches, surmontées de dais et de pinacles. La décoration est riche jusqu'à la prodigalité, quelquefois soignée jusqu'à In reclieic iie. Toutes cesciselun s variées à i uilini, groupées avec ait, unirs avec goût, sont propres à nous donner une juste idée de l'inépuisable fécondité du talent des artistes. Par le malheur des temps, la plupart de nos cathédrales ont perdu les magnifiques boiseries dont on les avait ornées au moyen Age. C'est un bonheur pour nous de pouvoir contempler les trésors échappés au vandalisme . qui font le plus bel ornement de celles d'Aniieiia j li Auch , de Rouen, de UoJez cl de quelques autres.

Le jubé , décoi-é de colonnes d'ordre corinthien , en marbre; de Languedoc, avec une balustrade formée de marbre rouge d'Italie, posée sur Pentablement, peut être comparé, pour

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rensemble et ju»(u'i\ on GeHain point pour les détails, à ceux de Bayenx et de Rouen. C'est le même style et la même pesanteur. Considérée isolément, cette construction n'est pas sans mérite; mais dans la place qu'elle occupe c*e8t un hors^*œuvre.

Les vitraux deSaiule-Marie tr Auch jouissent d'une grande rt'putation, et nous pensons (|u*ils doivent ^'•fre rc^rardés comme les plus beaux vitraux de la renaissance , après ceux toutefois de la Sainte -Chapelle de Bourbon -Montpensier au château de Champigny, au diocèse de Tours. Us sont certainement supérieurs à ceux de Sainte-Gudule de BmzelleB, qui sont tiès-renommés; à ceux de Notre-Dame d'Anvers , qui datent de la renaissance; on peut les comparer à certaines verrières de Saint-()uen de Rouen, faites à la même époque ; à celles de Saint -<io(laid et de Saint -Patrice, dans 1 1 même ville. Les sujets représentés dans la catliédralu d Auch sont empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament. La plupart des prophètes y sont représentés, et au milieu d'eux on voit les figures des sibylles, en vénération au moyen : on distingue principalement les sibylles de Samoa, d* Afrique et d'Europe ou de Cumes. Tous les personnages sont en pied, d'une dimension pins u'^randc que nature, entoui"és de décoratioiLs architeduialcs. Pour donner une idée exacte de la manière dont ces peintures sont exécutées, on pourrait dire que ce sont des tableaux en verre, et des tableaux tels qu'on les comprenait à une époque où la science du dessin avait fait de grands progrès, oîi la connaissance des secrets de la perspective et de la dégradation des teintes était répandue. Les chairs sont généralement bien traitées, mais les drape* ries cL les ornements brillent des couleurs les plus étincelant€S. pourpre, l'azur, le jaune d'or ci les mille tons compos<is sur la palette du peintre avec cette miiuie variété

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qu*on admire dans la natiue, se fondent et s'unissent, dans

les vitraux d'Auch, en nuances riches et délicates.

L'extérieur du monument, vu à distance, présente une masse imposante, mais un peu lourde. La façade principale est de slyle moderne. Les tours qui sumioateiit les portiques latéraux sont également épaisses et pesantes; elles attendent toujours un couronnement mieux en rapport avec le plan de rédifice.

Aux extrémités du transsept sont de larges ouvertures ogivales. La décoralinn en est mieux entendue que c^^lle du frontispice. La jiorte méridionale était autrffois ornée des armoiries de l'archevêque François 11 de Clermont , qui en avait achevé la construction vei's Tan 1 51 3 . La porte septen* trionale portait les annoirîes du cardinal de Toumon; elles furent efiacées pendant la révololion. Chacune de ces portes latérales est flanquée de deux tours carrées terminées en déme.

SAINT-GATIEN

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