‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 45 sur 78 · ROUEN · texte numérisé non relu

ROUEN

joyeuse qiii doit ôtre une des premières félicités des bienheureux. Si les artistes chrétiens du moyeu âge , fidèles en oela mix traditions catholiques, leur font exprimer dans le langage harmonieux de la musique les louanges et les bénédictions qui doivent retentir éternellement autour du tWbe de Dieu , c'est sans doute pour nous faire comprendre qu'en exallant tontes les puissances de Tiime et du sentijueaL, la musique coiivi<'nt aux pompes du culte exférieiir.

Les monuments funéraires de la cathédrale de Rouen mériteraient à eux seuls une longue description; nous ne pouvons en parler que très-brièvement. Dans la chapelle du PetU-^Saini'Bomam, la première du collatéral droit, près du tianssept , se trouve le tombeau de RoUon , premier duc de Normandie. Le prince avait d*abord été inhumé dans le sanctuaire, au pied du grand autel, ijui se trouvait h cette époque vers le haut de la nel' actuelle. L'autel ayanl été reporté plus loin, la dépouille de Rollon fut déposée dans l'enfoncement cintré où elle repose aujourd'hui. La statue couchée sur le tombeau est d'un travail assez moderne, comparativement à l'époque oiï mourut ce chef des Normands. On cherche involontairement dans cette image quelques traces d'une ressemblance qui n'existe pas.

Dans le collatéral opposé, précisément en face de la cliapelle que nous quittons, est celle de Sfuntc-Anne. Là sont les restes de Guillaume Lnngue-Épée , fils et suce^seur de Rollon, assassiné dans une Ile de la Somme par ordre d'Ar^ noold, comte de Flandre. Le tombeau qui renferme ses restes est semblable à celui de son père;

Autrefois on voyait dans le sanctuaire quatre sépulcres fameux. Ici se trouvait le cœur de HichardCœur-de-Lion, mort en H 99, ^ la fleur do PAge et à Tapngéede ses triomphes, au siège de Chalus. Là reposait le corps du jeune Henri, fds

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de Henri II, roi «i Angleterre, monarque adolescent, dont le sceptre ne pesa point sur la terre, et qui doit penl-èfro au bonheur d'une mort prématurée celui d'avoir été pleuré par deux provinces qui se disputèrent sa cendre. Plus loin, une pierre reoouTrait les entrailles d'un des meilleurs princes qui aient porté la couronne de France, Charles V, que ses contemporains appelèrent le Sage, et auquel l'histoire a conservé ce nom. D'un autre côté gisait la dépouflle mortelle de Jean duc de Ht'dfoid. mort eu 1435, auquel une froide impartialité devrait reconnaître des vertus, s'il était possible d'être froidement impartial près de la [ilace oîi fuma le hùrher qui consuma Théroïque Jeanne d'.\rc. En 1 562 , les calvinistes mutilèrent ces tombeaux et pillèrent l'église : fureur sans courage, qui ne sut respecter ni le dernier asile des morts , ni les barrières du sanctuaire.

En creusant dans le chœur, on a récemment découvert la statue de Richard Cœur-de-Lion, eu pierre de liais, d'un bon travail et d une conservation surprenante. Cette statue a été provisoirement déposée dans la chapelle de la Sainte- Vierge, où se trouvent d'autres tombeaux célèbres. Dans la seconde travée, à gauche en entrant, est un tombeau en pierre, sans inscription, sans statue : c'est celui de Pierre de Brézé, comte de Maulévrier, grand sénéchal d^Ânjou, de l'oitou et de Normandie, tué à la balidlle de Muntlhéry, en 1405. Ce monument est remarquable par ses gracieuses proportions. A cùlé du précédent est le tombeau de Louis de Brézé, petit-fils du premier, mort au mois de juillet 1531.

Le tombeau des cardinaux d'Amboise est un des chefsd'œuvre de Tart de la renaissance. Le corps de ces deux prélats reposait dans un caveau pratiqué sous le monument; leur sépulture a été violée pendant la révolution. H serait téméraire d'essayer la descriplion de t e maguiiique muuu-

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