ROUEN
ment funéraire. La sculpture y a épuisé ses ressources. Deux belles statues en marbre blanc, à genoux sur des eoosnns, la téte nue et les mains jointes, sont posées sur le tombeau de marbre noir. Le sentiment de la prière et de la piété respire dans les visages graves et recueillis. A la partie înrérieure ilu monument, dans des niches séparées par des pilastres, sont de charmantes petites slalues , au nombre de six , représenlant la Foi , Ja Charité, la Pnidence, la Force, ia Justice et la Tempérance. Toutes ces statues sont en marbre blanc. Il faut renoncer à décrire les mille ciselures capricieuses qui accompagnent une foule de statuettes, parmi lesquelles on. distingue celles de la sainte Vierge, des douse apôtres, et de saint Romain , évt'^que de Rouen.
En sortant de la chapelle de la Sainte-Vier?p , à droite, est un tombeau sur lequei on n'avait fait jusqu ici que des conjectures. On y voit, sous une arcade à plein cintre, la statue d*un évèqne couché sur le dos. L'artiste , occupé » sans doute, à montrer Tàme du juste prenant son essor vers les cieux, a oublié de tracer sur le marbre le nom que révéque portait sur la ferre. Des anges, aux ailes déployées, conduisent au ciel Tâme du défunt , représentée sous la forme d'un petit enfant. Quelques bas-reliefs, à demi effacés, à la partie inférieure du sépulcre, représentent peut-être un synode, ou des évèques réunis pour prier. On croit aujourd'hui que ce tombeau est celui de Maurice, archevêque de Bouen, mort en 1235.
Tous les portails de la cathédrale de Rouen sont dignes d*ètre remarqués ; mais c'est surtout sa principale façade à roccident , due à la inuiuficence éclairée des cardinaux d'Amboise, qui frappe les yeux par son étendue imposante, sa riche décoration , l'incroyable variété des détails dont elle se compose et Taspect des deux belles tours qui la couronnent.
290 CATHÉDRALES DE FBANCE.
Cependaiil Texlérieur du niciiiuinent tnut tîntier n'avait rien à comparer, ni pour la graodeur, ni pour l'élégance, à la brillante et légère pyramide qui le surmontait enoore il y a peu de temp6y et qui prêtait tant de charmes aux points de vue de l'édifice, de la ville et dn délicieux paysage qui Tencadre. « Construite sur les ruines de flèches encore plus élevées , par le dernier de ces cardinaux dont nous avons en souvent à rapprlor les liinifaits. elle comptait environ trois siècles d existence , lorscjue , le 1 ;> septembre i 822 , la foudre, se rouvrant des chemins qu'elle avait déjà tant de fois parcourus, vint frapper la croix, sillonner toute sa surface et porter la flamme au milieu de son immense charpente'.»
Le [K)rtail occidental offre le style ogival de la dernière époque dans ce qu'il y a de plus orné. 11 faut renoncer à dé-
I France romanttqm ei pittoresque, loiue H.
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peindre les mille scnlptuTes (jui en recouvrent la surface
entière, (ialeries à jour, statues , bas-reliefs, feuillages découpas , colonnettes, chapiteaux, dais, pinacles, tleurons, aiguilles, sont pressés de tûutes parts, hérissent toutes les saillies, décorent tous les enfoncements. Malheureusement on a craint pour la solidité . et Ton a été obligé de Mtir des contre-forts en pierre de taille, dont la nudité contraste â*une manière dcheose avec les parties voisines.
La tour qui termine la façade au nord porte le nom âe Saint-Iiomain ; sa base est la portion i>i plus ancienne de l'édifice. Le sommet a été terminé sous le cardinal d l^stouteville, en 1 477 . La tour méridionale a été nommée la Jour de Beurre, parce qu'elle fut construite au moyen des aumônes des fidèles, qui obtinrent la permission de faire usage de beurre pendant le carême; elle a environ soixante^-quinse mètres d*élévation« La première pierre en fut posée au mois de novembre 1 sous Robert de Croixmaie, archevêque de Rouen; les travaux ne furent terminés qu'en \ 507. Cette tour estcomptée parmi les plus belles; elle produit un eiret imposant.
Les portails latéraux sont décorés avec beaucoup de soin. L'œil attentif peut en étudier minutieusement jusqu^aux plus petits détails; ks bas-reliefs du Portail det lÂbravret sont très-curieux.
Nous dirons un mot, en terminant cette notice, de la flèche en fer qui remplace la gracieuse construction du cai^ dinal d'AmboLse 11. Déjà l'œuvre est très-avancée et n'attend plus ([ue le dernier couronnement. La croix, placée à la pointe, s'élèvera à cent quarante-cinq mètres dans les airs. L*effet général ne répond pas à ce que Ton espérait. Les lignes du métal sont dures et sèches, et les ornements n'ont pas le moelleux qu'ils prennent sur la pierre sous le ciseau du sculpteur.
NOTRE-DAME