DE BAYONNE
L'êpoooe <le l'introduction dn christianisaie à Lafmréum,
nom primitif de Bayonne, est entièrement inrertaine. Les populatious de ce pays restèrent longtemps indociles au joug de la foi, et quoique rKvaiigile leur eût été annoncé dès la lin du iv* siècle, en 381, par un évéque nommé Itcassicus, suivant une vieille charte d'abbaye, mentionnée dans la cbioniqne de Gompaigne, auteur qui écrivait , en 1 ((60, «vec une judicieuse critique, les Bayonnais cependant révèrent comme leur premier apdtre le martyr saint Léon . missionnaire éloquent , né en Normandie , et contempoiaiii le liullou. Suivant sa légende, qni nbonde en faits mei veiUeux , il vint . an rommoncemenl du x' siècle , prAcher la bonne nouvelle aux halnianls de la côte cantabrique , presque tous adonnés à la piraterie et au polythéisme. En récompense de ses efforts, il reçut la couronne du martyre. Quelques esprits diHiciles, furieux de ses saintes remontrances, ameutèrent la multitude contre le serviteur de Dieu, qui fui décapité sur les bords de la Nive.
Le territoire de Bayoniie ftit la jiniie de tontes les invasions des barbares du Nord. En 'iiH) { aiurent les Mains, comme les précurseurs des innombrables légions qui devaient bientôt inonder l'Europe entière. En 419, les Visigoths s'ë^
blirent dam U Nôvempopulanie , et en demeurèrent tranquilles possesseurs jusqu'à co. qu'ils en fussent chassés par les armes victorieuses de Clo\ is. Vers oSS arriva l'invasion des Vascons, ou Basques de la haute ^avarre. Bientôt après, en 602, une année formidable, envoyée par les rois Thierry et Théodebert, remit la contrée sous la puissance des Francs. Enfin, yers 841, quelques chefs normands pénétrèrent dans i'Adour, ets'élant emparés de Bayonne , qui devint le point de départ de leurs expéditions armées, ils se rendirent assez redoutables pour soutenir une longue lutte contre les ducs de Vascome, qn'i ne parvinrent à les expulser ou à ies soumettre que vers la lin du x* siècle *.
A cette époque, la foi chrétienne, restaurée par les prédications de saint Léon , amena dans le pays une transformation sociale, des mœurs plus douces, un régime r^[u]ier. Au xif siède, Lapuréum» au milieu de vicissitudes sans nombre, changea son nom routre celui tju'elle porte actuellement, en rempruntant à deux mots inscayens, baïa- <Mia, qui signifient borme baie.
« Il n'est resté des temps barbares, dit le colonel Gleizes, que des traces de camps fortifiés. Mais nous voici arrivés i une époque de renouvellement et de triomphe, où le christianisme, fort de 8«!S croyances, inspiré par l'art revenu d'Orient avec les croisés, a posé de toutes parts en Europe les fondements de ses immortelles basiliques. Celle de Rayomie fut commencée vei's le milieu du xii' sièch*, suiis le dernier duc de Guienne ; travail immense qu'une génération entreprend, et qui est Tœuvre d'une grande époque : c'était à d*autres temps et à un autre peuple qu'il était réservé d*as-
• On pourra oonsuKcr sur lu cnlhf'dr.ilt' di- Biixnnnr un travnil irivanf du rolnnel Oleizps . put)!tô dans le tome V des Mémoires de la Société archéologique du nudi de la France.
sîster à sa oooaécration. Sons un ciel souvent voilé par les brames de l'Océan, ce symbole vénérable du duisUanisme apparaît de loin, sombre, noirci par le temps, au milieu
d'un sile frais et riant , où la nature semble avoir voulu rapprocher tout ce ([u'ellc a de gracieux et d'imposant.
Le plan de la cathédrale de Bayonne est grand et réguliw; il est à trois nefs, mais le transsept n^est indiqué que par l'espacement des travées à la naissance du chœur. La plus grande longueur de l'église , intérieurement, est de sosxant&diz-buit mètres; sa largeur, non compris les chapelles, est de vingt-huit mètres.
La défermiiiation des époques diverses auxquelles appartiennent la [oiuiaiion de la cathédrale et la construction des parties les plus considérables, est très -intéressante pour rhistoire de l'art. Ce travail a été tait consciencieusement par le chanoine Veillet, dans de longues recherches rédigées avec soin, mais restées manuscrites. Les dates concordent parfaitement avec les styles d'architecture, et la science peut recevoir ici une nouvelle confirmation de ses principes de critique, l/église fut fondée en tliO ou il il, ainsi qu'il résulte d'une iiupiéte faite en il 52, et consignée au Livre d'Or, recueil des actes capitulaires. Le chœur et l'abside remontent, dans leurs portions les plus belles, à ce même XII* siècle. Une partie du docher et les basses nefs furent bâties dans les premières années du xiv* siècle. Dès l'année 133S, la haute nef était en construction, et la preuve en est Urée de la présence , en deux endroits de la voûte , des armoiries (lu cardinal (iuillaume Gaudin. Ce cardinal, mort en 1336, énunière dans son testament les sommes qu'il avait données peu de temps auparavant pour entreprendre les arcades de la voûle principale et de la voûte du transsept, ainsi que pour placer des vitraux peints. Les dernières tra^