‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 5 sur 78 · DB REIMS · texte numérisé non relu

DB REIMS

Certains monumentsi out le priviK%e d'être itH^ommamlt^ à l'intérêt et à ladmiratiou des honiiues, autant par le prestige des souvenirs que par la magaificeoGe de l'architecture. On ne saurait prononcer leur nom sans rappeler la m&noire des faits historiques les plus importants et sans réveiller l'idée d'un chef-d*œuvre. Leur imac^e se m^le à celle d'une foule de giauds hommes; il s'attache mùiiie à leur pensée ctunnie un charme mystérieux. Ces édifices ont une célébrité vraimriil populaire. Parmi ces glorieux monuments» la cathédrale de Heims occupe une place émineute. C*est la cathédrale de la monarchie française , connue par le sac^ des rois , par son caractère architectural et la richesse de ses ornements. Souvent die a vu se presser dans son enceinte toutes les illustrations de la (eue, dans ces circonstances solennelles où la religion consacrait la puissance hummne par ses prières et ses bénédictions. Nous pouvons hien dire que ces voûtes majestueuses » cette vaste nef , ces colonnes él^ntes, ces fenêtres splendides, ces murailles ciselées étaient en harmonie avec le luxe de la pompe extérieure. -11 n*7 a qn^une de nos helles cathédrales gothiques qui puisse conserver su <li.,iiiu' sévère et pleine de grandeur, à côté de la somptuosité d'une cour royale.

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RELMS.

L'église de Reims s'offre encore à notre respect comme le berceau, pour aînsi dire, du catholicisme en France. Dans

son sanctuaire , la pensée voit s'élever la grande figure de saint Remi , qui baptisa Clovis et ses guerriers. A celte époque , où l'arianismc nienarait d'envahir le monde , celte conveisioa assura à l'Église un de ses plus zélés défpnsours.

Si noos (entions de remonter à l'origine de Tégiise métro-; politaine de Reims, nous en trouverions les commencements environnés de la plus profonde obscurité. Elle partage , sous ce rapport, la destinée des autres églises de France. On s'accorde généralement à la pliicoi- vers le milieu du ni* siècle, à ces temps mémorables oii le pape saint Fabien envoya dans les Gaules une admirable colonie de pontifes et d'apôtres.

Nous passons sous silence les recherches qu'on a laites sur les développements de cette vénérable église , dont le chef porta longtemps le titre de primat delà Gaule belgique. Nous menliunuerons .seulement l'étiitite dù aux soins de saint Nicaise vers 401 , parce cjue ce fut là que le roi des Francs courba sa téte sous Tempirede la religion chrétienne.

Vers le commencemenl du vk* siècle, ce temple, chanoehmt de vétusté, fut rebâti sur un plan plus vaste, du tempe de l'archevêque Ebon, monté sur le trdne épiscopal vers 822, sous le règne de Louis le Débonnaire. L'architecte Ronnuild eu dirigea les travaux, qu'd termina vers Hîti, sous le pontificat d'Hincmar. (^t édifice avait été cousduil avec toute la magnificence à laquelle pouvait atteindre l'ai-t dans ces âges reculés. Au témoignage de Flodoard, historien de l'église de Reiois, ce monument était un des plus somptueux de toute la France. Les voûtes et les murs décorés de peintures et de dorures , des pavés de marbre et de mosaïque, des vitraux, des scul[»tureH nombreuses, de belles

tapineries , de riches cheis-d'ceuvre d*orfévrerie attestaient f aux regards émerveillés la pieuse munificence de ses fon* dateurs*.

L'incendie qui dévora une partie de la ville de Reims,

eu 1210, détruisit la catliédrale. !^ style ogival, si Inin approprié aux sublimes myslt-res du catholicisnic^ , à h poiijpe et à la majesté de son culte e^ntérieur, élevait alors dans nos cilés vps superbes édifices qui feront à jamais la surprise et l'admiration de la postérité. Aussi, le désastre de la cathédrale de Reims fut-il prmnpt^ent reparé. Le fameux architecte Roherl de Concy en dressa le plan ; TarcheVéqne Alhi'ric llumbert en posa la prriui(M'e pierre raimi'c snivanle. Celle con&lructiou lut t'\(''cnU'i' à l'aide des ressources qu'on se procurait comme par enehanlemenl dans Cf""? si^cles de foi. Tous les membres de la société y contribuèrent avec le même enthousiasme , chacun suivant ses moyens. L'œuvre de la cathédrale était celle de toute la province. Les travaux de la métropole de Reims furent entii^pris et poussés avec tant d ardeur, que. dans le court espace de trenle années, ils lurent achevés sous la direction intelligente du célèbre architecte remois.

En cherchant à apprécier rensemble de ce travail admirable, on est autant frappé de la beauté du plan, de la sage ordonnance de toutes les parties « de Theureuse harmonie des détails, que de la perfection exquise, des ornements et des sculptures. La décoration i-épond parfaitemenl à la pureté du dessin L't'n»'ial ; l'extérieur se trouve dans le plus merveilleux rapport avec l'intérieur. Soit que l'on considère l'effet total, soit que Ton s'arrête à quelques por-

1 Flutloani, Htsiona Eccle»iœ nemeusis. — M. tU; JoliiiioiU, IK's( ri|iU(t|i

4e la cathédrale de Reims.

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tions isolées , on est également étonné de la puissance de Part, qui a mené à perfection on tel chef-d'œuvre. La ca^ thédrale de Reims est sans contredit un des plus riches ileu*

roiis de la couronne monumentale de hi France !

En traversariL les siècles, elle a, comme lûute cliose d icihas , subi les atteintes du temps ; les révolutions des faisons y ont laissé leur empreinte, de même que les révolutions politiques. Les murs sont noirs; les pierres sont calcinées; quelques profils ont perdu leur pureté; les moulures, leur • délicatesse; les ciselures, la netteté des contours. Mais ces accidents, malheureusement inhér<'nts à loute leuvre humaine, ne déparent pas plus un antique monument que des cheveux blaucs ne déparent le front d'un vioillarj.

La trace d'une époque tristement célèbre est marquée dans cet édifice, comme dans ceux que nous avons décrits et que nous décrirons encore, par des mutilations et des ruines , qui n'attestent cependant ni les victoires des Danois , ni les fureurs de i' Aii^delerre, ni les guerres derAllenia^ne. On dit qu'une autre divinité l'ut adorée sur ses autels, et que de nouveaux barbares lui lirent hommage de ces débris. La révolution française^ néanmoins, n'a pas laissé tant de hideux vesti^ 4e son passage à Reims que dans beaucoup d'autres villes.

Avant d'entrer dans les détails [)ropres à faire connaître la sinj^ulière beauté de Téi^lise Jiiélropnlitaine de Reims, nous devons en donner les diuiensions exactes. Elle s'éU'ud dans une lons:ueur de cent quarante-huit mètres, sur une largeur de Ireute-un mètres, et une élévation sous voûte de trente -sept mètfes soixante centimètres. La croisée est large de cinquante mètres ; depuis le pavé jusqu'au sommet des tours , on compte quatre-vingt-trois mètres de hauteur.

Lorsqu'on pénètre à l'intérieur de la cathédrale de Reims,

CATHÉDRALES DE FRANCK

' on est frappé de Taspect imposant et de la simplicité majestoeuse de l'édifice. On éprciuve un vif sentiment d'admiration quand, aux derniers rayons du soleil couchant, placé

ail fond i]e VaWide, un examine IVffol de la lumière dans ivs vitraux, sous les voûtes, à travers les galeries, les nefs et les Wonnes : c'est une des perspectives les plus pittoresques et les plus saisissantes que Ton puisse imaginer.

Le plan est celui de la croix latine, mais le transsept est beaucoup plus rapproclié du chevet que dans la plupart des autres églises du même âge. Cette disposition , qui certainement en elle-niùine n'est pas un défaut, a œpendant donné lieu à une dislrilniliori particulière duiit la iiécessilé ne saurait dissimuler le mauvais effet. Le < lui ur, trop étroit pour les cérémonies du sacre des rois de Franc(>, a été agr amli aux dépens de la croisée et même de la nef» sur laquelle il empiète de la longueur de trois travées. Ce chœur, déme* snrément vaste pour lés cérémonies ordinaires, semble rétrécir les proportions de l'intérieur. I\esseri"é dans ses vérifaldes limites, il produirait œrtainemeut un meilleur effet que dans l'état actuel où il occupe à lui seul à peu prts la moitié de Téglise. li se divise en trois parties : le chœur proprement dit, le sanctuaire et Tarrière-chœur. Les deux premières ont une destination toute naturelle ; la troisième était jadis occupée par le trésor de Téglise , précieux dépôt des riches ollraiules des monarques, des [»rinces, des prélats, des seigneurs. Il renfermait heaufijup de iiionstraiioes, d'œuvres d'orfévierie , vases sacrés, reliquaires, images de la sainte Vierge et des saints en or et en argent massifs. Tous ces objets, inappréciables aux yeux de la religion , et d*une valeur inestimable considérés simplement sous le rapport artistique , ont été anéantis dans le creuset révolutionnaire. Aujouixl'hui que de toutes ces richesses on ne

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'conserve que le souvenir, on pourrait placer 1 autel au lieu

qui lui est spécialement consacré.

Autrefois une clùlure en pierres d'un travail admirable entourait le chœur; un magnifique juljé en formait l'entrée. L'art du sculpteur y avait épuisé toutes ses ressources pour broder, festonner, ciseler, découper à jour. La rare élégance de Touvrage n*a pu lui faire trouver grâce devant le marteau démolisseur, à une époque où de funestes préventions égaraient tous les esprits. On supprima encore un siéee aiilifiue, lait d'une seule pierre, placé à l'extrémité de l'abside et attribué à bainl Ui^^obert. év(V|iie de Reims, en 696. C'était dans cette chaiâd qu'on installait les arche> vèques à leur prise de possession.

Sept chapelles se développent en rayonnant autour du chevet. La grande nef est dépourvue des chapelles latérales qui font l'ornement de nos grandes églises du xiv* siècle, et que Ton regarde comme en étant le coniplûmonf indispensable. Nous sommes bien éloignés de regretter que la cathédrale de Reims ait conservé sa pui'eté originelle. Quoique ce plan enlève à Tédifice de la grandeur, de l'air, du jour et peulpétre du mystère, nous ne voudrions pas, comme M. de Jolimont, reprocher à l'architecte de Notre- Dame de Reims d*avoir été fidèle aux principes de l'art chrétien an xm' sic-clc.

ha masse des piliers est ronde, cauluiinée eu croix, comme dans beaucoup d'églises ogivales, de quatre colonnes (également cylindriques. Les chapiteaux à volutes recourbées, -à feuillages légers et gracieux, sont bien dessinés et bien (aillés. Plusieurs colonnettes appuyées à leur sommet s*élancent d'un jet hardi jusqu'à la voûte pour en soutenir les nervures. Elles sont groupées en faisceaux et coupent l'édifice de lignes simples et nobles.

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De belles galeries composées d'noe suite de petites co^ loimes avec chapiteaux à feuillages , et d^ouvertures en ogives de trois mètres trente centimètres d'élévation, réunissent les travées les unes aux autres. Ces galeries sont

toutes d'un goût sévère, excepté celles du grand portiiil, qui sont transparentes et ^'nrnies de vitraux.

Quatre roses, et une multitude de fenêtres qui la plupart ont conservé leurs verrières , éclairent la cathédi-ale ; ces vitraux, dont la plus grande partie remonte à la date de la construction elle-même, sont dignes d^étre remarqués par le charme de leur composition et l'éclat harmonieux des couleurs. Les peintres VL'rriii*s du moyen ^se excellent, surtout au xui' .sirclf, dans l'art d'assortir ci de marier les couleurs. Les fonds de mosaïque, avec sujets divis^'s eu cartouches, produisent toujours un effet incomparable. Quoique moius savants de dessin, les vitraux de ce temps sont généralement plus riches d'ensemble que ceux du xv* siècle.

L*étude détaillée des belles verrières de la cathédrale de Reims serait fort intéressante au doul)le j^oinl de vue historique et artistique. On y distiug-ue des ligures d'archevêques et d'évêques dont on aperçoit les noms écrits dans des légendes qui accompagnent leurs portraits, l^es jteintures des roses du grand portail sont remarquables; mais nous appelons toute Tattention des antiquaires chrétiens devant la rose méridionale. CVst une des plus heureuses créations de l'art du moyen à^e. L'exénitiitn répond à l'idée pk'ine de grandeur. La figure du l*ère éternel est environnée de toutes les puissances célestes. Les esprits bienheureux semblent en adoration et en extase en présence de la majesté suprême de Dieu I !

> Voir dans notre ¥olume VArchéohyif vhr^ientu 1m kmmjs au ini'siéde.

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Ainsi la cathédrale de Reims, d^une si aoUe et hardie construcMon, montrait la partie architecturale relevée h

Tintérieur par la magie des mille couleurs chaiiireanles des vitraux peints. On aime quelquefois à se tran>porter en pensée aux temps où nos bdies cathrdrales gothiques avaient conservé toute la splendeur de leur décoration primitive. Le regard ébloui se promène de merveille en merveille et s'^are dans l'immensité de l'édifice. On se croirait transporté dans cette cité bienheureuse, décrite par saint Jean, oh brillent de tous côtes les pierres précieuses et les métaux les plus rares. Les chrétieuii du moyeu Age avaicut voulu rendre la maison de Dieu digne de sa souveraine majesté i Hélas 1 la triste réalité rompt bientôt le charme; nous ne voyons plus aujourd'hui qu'une ombre des temples ornés par des peufdes éminemment catholiques !

L'extérieur de la cathédrale de Reims, considéré dans sa vaste étendue, offre une très -grande simplicité; c'est le produit d'un art R'jîénéré qui comprend la véritable beauté d'une construction. La régularité des lignes, l'unité de style,, la symétrie des proportions y tout concourt h donner à cette masse énorme ce caractèie de grandeur imposante que ne sauraient atteindre le luie et la profusion des ornements. L^architecture du xm* siècle, grave et réservée comme une reine, présente un cachet de distinction que la plus brdlante parure ne peut remplarer.

L'impression profonde qu'on éprouve à la vue de cet édifice colossal devient plus saisissante encore à l'aspect du grand portail occidental. C'est une des merveilles ëh ce genre. Dans le langage du peuple, ce serait un des quatre membres qui devraient constituer un corps parfait en Punissant à la nef d'Amiens, au chœur de Ueauvais et à la flèche de Cliarlres ou«de Strasbourg.

CATHÉDRALES DE FRANŒ.

La partie inférieure du, portail ocadenlal, diviiiée en trois, oflre ploâeors traits de ressemblance avec la partie correspondante de la cathédrale d*Amiens. On y re-

mar(|U) peut-être moins de grandiose et de majesté dans rensemble, iii.iis aussi lieauLuup plus de richesse (îans les sculptures et liaiis les détails. C'est vraiment nu .iJniirahle coup d'œil que celui que préseute ce vestibule tout chargé de statues, de niches, de dais, de pinacles, de dentelles, de feuillages, d'aiguilles et de clochetons; l'art chrétien y a épuisé toute sa verre féconde. Cest une création entière pleine de vie et d'animation.

Les parois latérales des trois portf s sont décorées d une série de statues colossales, nu nombre de trente-cinq, appuyées sur un sfylobale d un style singulier, sur lequel on a simulé des draperies. Elles représentent des patriarches , des prophètes, des rois, des évêques, des vierges et des martyrs. Telle est Topinion de M. Gilbert, de M. de Jolimont et de tous les auteurs qui ont écrit sur l'église métropolilaine de Reims. II faut user de la pluspande réserve dans l'inlerpi-élation des monuments figurés du uioyeii Age; de fréquentes erreui-s ouf été commises à ce sujet. Les arché<H logu^ inclinent aujourd'hui à penser que généralement , autour du grand portail des cathédrales, on a représenté les ancêtres de Jésus<Christ ou bien les patriarches et les conducteurs du peuple d^Israel. C'est comme Tancienne loi qui précède la uouvellc alliauce.

Sur le pilier symbolique cpii partage en deux 1 entrée piindpale, on a placé l'image de la sainte .Vierge, sous rinvocation de laquelle le temple est consacré. Les faces de ce pilier sont couvertes de bas -reliefs reproduisant la chute de nos premiers parents. Quelle inspiration pleine de religieuse poésie ! lauguste Mère de Dieu rappelle la rédemp-

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tion après la fatale sentence : c'est la vie au-dessus de la mord

Les pieds-droits et les linteaux des trois portes soni chai^

gés de sculptures historiques et allégoriques. On y découvre mûnie des L'inblèraes des travaux agricolei» dans les diverses saisons de ranaée, des attributs d'arts et de métiers.

Mais c'est principalement dans les voussures de * es portes et les frontons qui les surmontent que Tartiste a donné carrière à son génie en traçant avec son ciseau un po6me reli^ gieux entier. On y reconnaît lés personnages et les figaies de l'ancienne loi , précurseurs du Messie, le règne de Jésus- Christ . le îiiysti ro do la Rédemption, le triomphe de la loi nouvelle, la «uiiversioii des Lieulils. Ce grand tahleau est terminé par la Hésurreclion L'énérale, le Jugement dernier, la punition des méchants, la récompense des justes y qui triomphent dans les demeures célestes; enfin Passomption et le cooronnemenl de la sainte Viei^e, entourée des anges et des chérubins, dominent toute cette composition. Notre^ Uamk rèfnie sur l'entrée du temple dont elle est la palruniie.

Telle est eu abrégé la description d'une des plus belles pages de l'iconographie que nous ait laissées le moyen âge. Rien n'a été négligé dans la décoration de ce superbe édifice. On a su tirer un excellent parti des accessoires les plus insignifiants : les gargouilles , partout si grotesques, sont ici allongées sous la forme de chimères, et supportent des statues allégoriques, dont quatre rappollont les fleuves qui ai rusaieiit le paradis terrestre. A la lelouibee ties angles des pignons, on a creusé des niches pour y placer des anges quiliennent des vases ou des instruments de musique.

Au-dessus des frontons .aigus qui couronnent les vous^ sures, quatre contre-forts accompagnent la grande rosace. Chacun sait que les roses furent toujours une des parties de

aUlÉDIULES DE FRAKCE.

piédilection des architectes du moyen Age. On cherchait; en exécutant de nouveaux chefs-d'œuvre, à surpasser les cheËHl*œuvre dvjh connus. La rose du portail de Reims est

surmontée d'un grand arc ogival, dont la voussure est ornée de dix sUitues ayant rapport à l'histoire du roi David.

La galerie des Rois , placée au sommet de la façade , consista en une charmante colonnade qui règne sur les quatre faces du portail, en suivant les parties saillantes des contreforts. Elle est formée d'une suite de petites arcades aiguës, ornées de découpures eu trèfle, surmontées de petits frontons triangulaires soutenus sur de légers faisceaux de colonnettes d'une extrriiu' déliiatesse; un y compte quarantedeux statues de rois de France , depuis CJovis jusqu'à Charles \\. Les rois sont dans l'altitude du repos, tenant leur rohe d'une main et posant l'autre sur la poitrine; quatre ou cinq tiennent le sceptre en main; tous ont la couronne sur la tète.

Deux tours régulières s'élancent avec grâce au-dessus de cette riche galerie; elles coniplMeiit la façade de Notre- Dame de Beims. Elles sont évidées à jour, et de larges ouvertures leur donnent une apparence tout aérienne. Quatre tourelles, également découpées, servent moins à les soutenir qu'à les accompagner. Assurément il ne manquerait rien à ce portail, pour être le plus parlait de tous ceux qui existent, si les deux tours portaient deux flèches en pierre, telles qu'elles étaient dan> le [ilaii île l'architecte; nous en avons conslalé la naissance et vu les jucinières assises. Le portail a quarante -sept mètres de largeur d'un angle à l'autre.

En étudiant les deux portails du transsept, nous trouverions encore de nombreux sujets d'observation; ils offrent de beaux détails d'architectnre et de sculpture, mais il nous

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est impui^ilile m«'nie de loul iiuliijiu r; il l'aïklrail un vohimo euliei- pour l'aire iiiiprécicr coiivenablemeut une œuvre comme la métropole de Reims. Nous ne pouvons cependant terminer cette trop courte notice sans parler de la gracieuse flèche qui s*élève à Textrémité de l'abside. Elle a résisté aux outrages du temps et des hommes : on Tappelle la Flèitfu de l'Ange, paire qu'elle puiii- à s;i pctinle un an^^e doré (jui tieiil une croix. L'élégam o de sa btnn Uint attiie les reirnrds autant que sa posilioa pilloi esque. Sa hauteur est de dix-huil mètres au-dessus du toit de l'église.

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