SAINT-ANDRÉ
DE BORBEAXJX
Si la vue d'une vieille abbaye en ruines, ou la flèche élancée de quelque modeste église de village suffit pour impressionner vivement l'esprit et pour jeter Vàme dans une pieuse léverië , quel homme pourrait demeurer froid et in^ sensible en regardant nos immenses cathédrales , magnifique expression du génie catholique de nos pères? Au milieu des plus fiers monuriii lits du midi de la France, la cathédrale de Bordeaux, nou'cie par les siècles, entourée de nobles souvenirs, avec ses portiques ornés, ses tours imposantes et ses flèches aériennes, peut prétendre à une juste suprématie. G*est un édifice gigantesque , dont les hautes pyramides doqunent les habitations de la cité, dont les mftles proportions sont relevées par des détails riches et élégants, dont Tarchiiocture se fait distinguer pai* uue majestueuse simplicité et Tharmonie des formes.
Les premiers historiens de nos cathédrales , se fiant trop aux récits des vieilles chroniques et aux traditions populaires, aveuglés quelquefois par une sorte d'orgueil national, se sont épuisés en conjectures pour faire remonter ces églises à l'antiquité la plus reculée. Ainsi , s'il follait s'en rapporter aux défenseurs d'une tradition dont l'origine se perd dans la nuit des temps, la fondation de 1 église
BORDEAUX