‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 51 sur 78 · IS · texte numérisé non relu

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Saint-André de Bordeaux renionie à des âges si (éloignés, que cet édifice devrait être regardé comme le premier construit en l'honneur du saint apôtre dont il porte le nom. Cette opâmoa, mentionnée dans une bulle du pape Innooent YIII, en date du 25 fémex 1488, s'accord^ait difficilement avec les Henta historiques qui démontrant que Térection de eetie église doit être attribuée à saint Martial , Tapôtre des Aquitaines, venu dans les Gaules vers la iin du ui* si^cle, au témoignage de sauit Grégoire deToure. Sans discuter Topinion qui fait arriver saint Martial dès le f siècle de l'ère chrétienne, nofis admettons, sur l'autorité des documents historiques les plus positifs, que le premier étabBssement de la caâiédiale Saint-André ne doit pas remonter au delà de la fin du m* siècle , à cette époque oîi saint Gatien prêchait àToui-s, saint Saturmii a Toulouse et saint Denis à Pans.

La basilique primitive succomba plusieurs fois sous les coups des barbares. Les Visigoths, à la fin du Y siècle , les Sarrasins, en 725» et les Normands, en 848 et en 864, vinrent successiYement porter dans la Guienne le ravage, l'incendie et la mort.

Gharlemagne aida puissamment à rétablir Péglise Saint- Andi-é, lorsque le Ilot de l'invasion musulmane fut refoulé. Ce ffvunà prince ac^^orda de nombreux privilèges aux niottuineuts religieux dévastés, atin de les aider à se relever de leurs ruines, et il réussit à rendre à une foule d'églises leur édat et leur magnificence. Plus tard« les ducs de Gascogne , suivant un si noble eiemple, cédant d'ailleurs à de géné^ teuses inspirations, s'efforcèrent de réparer les malheurs de l'invasioîi. Les fidèles, toujours attentifs à la voix de leurs évèques, se vouèrent avec le zèle le plus empressé à la réparation du sanctuaii^ ; en 1096, une grande église romanobyzantine fut complètement achevée, de sorte que le l*' mai

aTllEDRALES DE FILLNCË.

de cette ann^ on en fit la consécration d*ane manière solennelle. Un des siicce.sseurs du prince des apûti*es, le pape I tbain II, qui passait à Bordeaux, après la célébration du célèbre concile de Glermont, où fut décidée la première croisade, présida à cette auguste cérémonie, m milieu d'un grand concours de peuple.

La bulle que le même Urbain n adressa au chapitre de Saînt^André, le 3 mai 1099, fait connaître que Féglise fut dtkiiée sous l'invocation de plusieurs saints dont elle jjossédait les reliques, et dont les noms suivent ceux de saint André et de saint Jean. Quelques auteurs ont voula se servir d'un texte pour combattre l'opinion de ceux qui soutiennent que la cathédrale fut toujours sous le vocable de saint André; leurs prétentions ne sont nullement fondées. On pourrait sei^ lement induire des paroles du rescrit pontifical qn il y avait, antérieurement à la restauration du xi" siècle, un baptistère sous l'invocation de saint Jcan-baptisle, ainsi que cela eut lieu fi-équemmenl en quantité d'églises épiscopales, et que le baptistère ayant été supprimé dans l'agrandissement de la nouvelle cathédrale, on aurait placé l'édifice sous la protection de saint André et de saint Jean.

En cherchant à reconnaître les styles d*arcbitecture qui dominent dans la cathédrale de Bordeaux , on ne tardera pas à découvrir ([ue le monument est de diltéii'ntes époques. I^a nef actuelle, en partie, appartient à la dernière moitié du XI' siècle , quoique , à Tintéheur, un travail postérieur en ait altéré les caractères. Les autres membres de la construction portent le signe évident de l'époque transitionnelle au xn* siècle, et du style ogival du xin* et du xiv* siècle. Ces parties diverses de date et de style sont remarquables de grandeur et de noblesse.

Maîtres de laGuienne, vers le milieu du xu* siècle « les

ItORDEAUX.

Anglais oommencèrant Us travaux d'agrandiflwmmt de la calhédiale de Bordeaux » qui se prolongèrent à travers font le xm* sièele et ne se terminèrent que dans le cours du xiv*.

Outre les si^mes caracléri.sli([nes de la cuiislriictiun, qui ne laissent subsister aucune incertitude au.x yeux des antiquaires, nous sommes guidés encore par les |>ai'oles fonuelles d'une bulle de Clément V, en 1307. Ce pape, plein de sollicitude pour la décoration des églises, accorda des tous les fidèles qui visiteraient dévotement Téglise Saint- André, et qui contribueraient de leurs aumAnes à l'achèvement de l'œuvre.

A peine le monument avaii-il atteint son dernier perfectionnement, qu'un tremblement de terre fit tomber la moitié des voûtes, le 2 février 1427. Quarante-huit ans après, on entreprit de réparer ce malheur, et la restauration ne fut terminée qu*au commencement du xvf siècle, grAce aux soins de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux.

L'église Saint- André de Bordeaux a la forme d'une croix latine; elle se compose d'une nef sans latéraux, longue de soixante-douze uit Ues, large de ilix-huii mMres, et haute de vingt-sept mètres; d'un transsept dont la longueur est de quarante-quatre mètres vingt-six centimètres, la largeur, de neuf mètres soixante-cinq centimètres, et la hauteur sous voûte, de trente-trois mètres trente- trois centimètres; du chœur, comprenant quatre grandes travées longitudinales, et dn sanctuaire formé circulairemont par cinq autres travées, se déployant euseiid>le sur une longueur de trente-trois mètres quatre-vingt-quinze centimètres et sur une largeur de quatorze mètres.

La nef déambulatoire autour de Tabside est large de sept mètres entre les arcs des piliers; elle est ornée de sept chapelles rayonnantes et hexagonales , dont la plus étendue, au

m CATHÉDRALES Dfi FltA!(CE.

milieu , est dMiée au sacré Cœur de Jésus. Les proportioiis intédeures du plan de Saint-André de Boideaux mt donc de cent trente-eept mèties de longaenr sur dix-huit de lai^ geur.

L'intérieur de la basilique de Bordeaux présente un aspect fout particulier, auquel nous n'avons point été arcoutuniés dans nos grandes cathédrales du nord de la France. La lai^ geur ne correspond point àla longueur, qui parait démesurée, et les voûtes, quoique tf^-^élevées, perdent de leur effet, en ce qu'elles ne sont pas aocompagnées canvenaMement. La perspective ne manque pas de charme, sans être aussi riche ijue d;ms les autres cathédrales où se déroulent plusieurs nefs collatérales. I^'ordonaaii e -/ni raie est grave, la disposition des travées est hardie et lé^^ère : sans pouvoir être mise an premier rang , Téglise Saint-André de Bordeaux tient une place honorable. Si elle ne peut disputer la prééminence à Noire -Dame d'Amiens, à Saînt-Étienne de Bourges, à Notre-Dame de Rmms, à Saint^tienne de Metz et à quelques autres chefs-d'œuvre de la France catholique , elle l'empf»rle cerlaiiiemenL en grandeur et en beauté, sur tous les monuments de la Guienne, de la Gascogne, du Languedoc et de la Provence.

Les murailles des sept travées de la nef portent les caractères des constructions romano-byzantines. Des arcades cintrées , prises dans Tépaissenr du mur, ornées de dents de scie, avec chapiteaux et archivoltes finement sculptés, forment la zone inférieure ei aLcasent ki Gii du xi* siMe et le commencement du xji^ Elles sont surmontées d une ealerie dans le style ogival du xiv* siècle, récemment établie, qui sépare la zone supérieure b&tie au xiii* siècle. La lumière est répandue dans la nef par des fenêtres ogivales géminées, couronnées d'une rosace de moyenne dimension. An • dessus de cette

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BORDEAUX

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