‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 52 sur 78 · SI · texte numérisé non relu

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espèce de galerie, on iroit d'autres fenêtres plus étendues doat Vouveiiiire est concentrique anx arcades ogivales la voûte. Cette disposition origûoale prodtât un efiét tiès^hen-^ reox en interrompant les surfooes des murailles, qui eussent

été trop nues et trop monotones.

Quatre travées près du transsept portent des colonnettes groupées qui s'élancent du sol jusqu'à la naissance des voûtes. Les ornements des chapiteaux, les moulures qui accompagnent les colonnettes , les nervures diagonales des voûtes, la simplicité des da&i rappelleni la plus gravj^ époque du un* siècte. Dans une autre partie , jusqu à la hauteur de la premifere galerie, on oliserve des piliers romans avec la pureté de style du Xi' siècle et tous les caractères de la seconde époque romano-hyzantine. C'est dans cette partie de la net que les voûtes, ébranlées par le tremblement de terre de 1437, furent rétablies postérieurement: on y remarque les nervures prismatiques, les fleurons ouvragés, les culs-de-lampe richement dsdés et les autres particularités du style ogival flamboyant.

Au fond de la nef, on admire le bel orgue que possédait autrefois l'église Sainte-Croix. Ce magnifique instrument est porté sur l'ancien jubé, dont les sculptures élégantes rappellent la belle renaissance. Les arabesques qui en font Tomement sont d*un dessin si pur et si gracieux, exécutées par un dseau si ferme et si vigoureux , qu'on les attribue à un éSm de Michd-Ange.

L'éprlise de Hordeaux, dans sa partie orientale, p<:»rlo 1 empreinte du style ogival du xrv"* siècle. L'architecture chrétienne avait alors atteint une grande periectiou , et elle ' est ici dignement représentée. La forme générale et les détails appartiennent bien évidemment à ce style rayonnant moinB sévère, mais aussi grandiose que celui du xm' siècle.

CATIfÉDRALES DE FRANCE.

Il est à regretter que la ligne des voAles soit brisée à Textrémilé supérieure de la nef; la partie. moderne est élevée de sept mètres au-dessus des voûtes anciennes. Pour éviter le fâcheux effet du tassement qu'éprouve nécessairement une construction nouvelle entée sur un vieil édifice , on produisit un isolement complet en plaçant comme lien intermédiaire un immense arc-doubleau.

Le chœur de la cathédrale de Bordeaux est vaste et non moins remarquable par st»s ornements que par ses propoi^ tions colossales. La section horizontale des piliers présente huit colonnes groupées, dont quatre sont d'un diamètre plus fort que les autres. Deux piliers supportent encore les portes d'une enceinte murée qui existait autrefois. Au-dessus des arcades principales, une galerie prise intérieurement audessus des voûtes des bas côtés forme le triforium du chœur et retourne sur le transsepl. Aux deux extrémités de

BORDEAUX

la croisée, on tiouTe'égalemeiit une galerie destinée à donner eommunieation entre les tours placées aux angles, et qui, eoiresfMMidantaTee lepcrortotir du chœur et leschapelles laté- '

raies, sert à uiiir la uef au chevet <le l'é.t^'Iise. Il est fAcbeiix que rintérieur de cet édifice suit déshonoré par certains accessoires de mauvais goût. Ainsi les colonnettes du chœur disparaissent sous des boiseries insignifiantes, et Tautel est surmonté d'un baldaquin ridicule. Espérons que sous l'épiscopat de M** Donnet; prélat aussi zélé qu'instruit, que son mérite a fait décorer de la pourpre romaine, la métropole de Bordeaux reprendra sa heauté primitive, eu se débarrassant de ces additions étranges.

La porte Royale, quoique dégradée, conserve encore de beaux restes de son ancienne magnificence. Les voussures, sont chargées de niches et de dais délicatement sculptés. Des anges à figure radieuse tiennent en main des encensoirs et des vases à parfums, emblème des prières des saints, qu^ils dép(»s(!nt (levant le Irùne de TAgneau : plusieurs de ces anges ont les pieds [insés sur tirs ruues, synilxtle de la rapidité avec laquelle ils exécutent les ordres de Dieu. Six autres personnages représentent des religieux tenant dans leurs mains des objets à formes assez indécises, qui ressemblent à des reliquaires ou à des livie^à fermoir; deux statues placées plus haut représentent probablement Salomon et David; une harpe entre les mains du second personnage, attribut ordinaire du roi-prtiphMe, scndUe confirmer cette opinion. Dans le tympan, on voit une décoration curieuse : le Christ juge les vivants et les morts, et deux anges au -dessus de sa tête portent le soleil et la lune : la scène inférieure représente la résurrection.

La façade du midi pourrait être comparée à celle de Notre- Dame de Paris, non-seulement pour l'ensemble, mais encore

r.ATHÉDRAt.GS DE FRANCE.

pour les divinoDs principales. Gomme & Notte-Dame, deux toun quadrilatérales placées sur les flancs attendent encore le couronnement 41ancé qui leur était destiné. Une vaste

rose, à tores siiillaiiU et trilobés, est plar<^e dans un vaste encadrement carr<^ ; les compartimenlji en sont élc^g^mment disposés et forment la décoration de ce portail. Les voussures sont chargées de moulures de toute espèce ; malheureusement le plus grand nombre des statues a disparu. Parmi les statuettes échappées à la destruction, on distingue les vierges sages et les vierges folles , reconnaîssablesà leurs attributs : les premières ont leurs lampes levées, taudis que les autres les ont renversées. Les bas-reliefs s(»nt dégradés ; on voit encore un groupe délicieux , traduction vivante de ces belles paroles de Jésus-Christ : « Laisses venir à moi les petits enfants. »

La façade du nord offre un singidier mélange de deux époques architecturales; le xiv* et le xv* siècle y dominent. Les ornements sont riches et assez bien conservés. La première ligne de la voussure reuleruu' dix statuettes d'auges; la seconde, les douze apuircs; et la troisième. Moïse, David et douze figures de moines. Le tympan présente la scène où fut instituée Teucharistie, Tascension du Sauveur, et le Père étemel se préparant à recevoir à sa cljpoite son divin Ftls, qui vient d'accomplir le grand acte de la rédemption humaine. Dans les six niches inférieures sont placées les statues de plusieurs cardinaux de graudfur naturelle : sur le [tilier qui partage Touverture du portail, ou voit la statue de Bertrand de Ootli , archevêque de Bordeaux , devenu pape sous le nom de Qément V. C'est aux côtés de cette façade que s'élancent, à la hauteur de quatre-vingts mètres, les deux flèches aiguës qui forment le co'uronnement de la métropole de Bordeaux, « De même, dit S. Ém. le cardinal Don-

BOBI>EAUX.

net , archevêque île Bordeaux , de même que Saint-Andr^ présente la plus large nef connue, de même ses deux flèches latérales sont les plus étroiles en diamètre à la base, dans son rapport avec la hauteur, que l'art ogival ait produites. L'opinion vulgaire est que, dans les grandes tempêtes, on les voit osciller. La science a reconnu ce phénomène , qui ne prouve aucun défaut de solidité, qui Cdustate, au contraire, la parfaite cohésion des matériaux jusqu'au sol. Elles sont percées à Jour Jusqu'au haut; leurs baies, circula ires à la base, sont ogivées au sommet; leurs flammes, décorées de crosses végétales, donnent de la légèreté et de la grâce à ces gigantesques aiguîHes. Les obélisques d'Égypte scfnt ici surpassés par Tart chrétien. » {Monographk de V^glike pri^ matiale de Sainl-Amiré, p. 34.)

La vue extérieure de l'abside est très-pittoresque, et présente dans sa composition savamment ordonnée (rois galeries superposées» de grands arcs-boutants, de hardis oontre-forts et toutes les ressources de solidité que Texpérience peut inventer. Un double rang de pinacles, des découpures verticales à trèfles délicatement évidées à jour viennent encore embellir cette partie de la cathédrale.

NOTRE-DAME

Nous avons déjà eu plusieura fois Toccasion de constater à quel degré rarebitecture chréitenne était montée dansl'ancieime proirînce de Normandie. Nom avons admiré le moa>

vfmcnl qui L'n)]3rirt,i les popul.ilions de ce I»eau pays vers line i'ouU' de iiiagnitiques entreprises, durant le coui's du moyen âge. L'énergie des premiers habit^ints, retrempée encore dans le sang des conquérants, se développa d'une manière prodigieuse , et donna naissance aux projets les plus aventureux, comme aux constructions les plus hardies. Ce qui semble former le trait le plus saillant du caractère des vieux Normands, c'est cette ardeur imp;ilieutL' de s'étendre au loin et de créer tpielfpie chusei de là cette foi-ce d'expansion , de là ce zèle à entreprendre les plus gigantesques édifices. Non-seulement les fidèles se portent avec euthousiasme aux travaux des églises qui couvrent leur pays natal , mais cette exubérance de vie et ce besoin de mouvement ont besoin de s^épancber au dehors. A peine la voix de Tévèque s'est-elle fait entendre , que des milliers de dévots pèlerins s'en vont en hilte ofTrir leur concours à l'œuvre d'Amiens ou de Chartres. Quel plaisir on éprouve en lisant les chroniques de ces âges de dévouement et de foi , lorsque Ton voit des légions dliommes quitter leurs familles et leurs foyers

pour prêter le secours de leurs bras à ceux qui eu ont besoin!

C'est bien là le propre de la communauté chrétienne ! L'édification des églises épiscopales était un travail de famille, et les frères venaient aider leurs trèreî> ; les eliurts étaient mis en commun, et l'on s'animait mutueUement dans Tespoir des mêmes récompenses !

La cathédrale d*Ëvreux est un noble édifice^ Quoique runilé de style n'y lè^ne pas entièrement, la dignité de l'ensemble et le mérite de certains détails lui assurent un raij^^ liuiioiable parmi les monuments les plus rciiiai'quables de la France. Les auteurs des Vues pilloresques et romanUques de l'ancietme France n'y ont rien vu qui la distingue des costr t»truciions du même genre et dala même époque, et ont n^ligé de nous en donner uue description étendue. G*est un oubli injuste que nous ne {khivous expliquer. Nous essaierons de remplir cette lacune, sans espérer de pouvoir atteindre à ce charme de diLliuii. à cette vivacité de style, à ce coloris d'expiession que l'on udmiru dans leurs étudcî> sur la Normandie.

La.renommée, qui a Cait connaître au monde entier les richesses du sol sur lequel la ville d*Évreuxs*élève, la fraîcheur deses campagnes et la voeidtloresquedu paysage qui l'environne , n*a rien dit delà magnifique église qui en fait le plus

puiii|icux lirriemeiil. L<>i'st|ne le vuya^eur apjirnche de lacilé, sou a'il se j»oiie avidemeut sur la masse iiiqjnsante de l'édifice qui domine la contrée. C'est l'arche sainte qui protège les populations assises à. son ombre. L'impression devient plus vive encore quand ou est au pied et qu'on peut en ctm- • templer le merveilleux ensemble. La cathédrale d*Évieux est un des [)lus curieux monuments des vicissitudes de Tart au mityeii âge. Élevée sans cesse avt-c Iculeur, comme tous les chels-d oeuvre ; souvent détruite pai' les malUeui-s de la

guerre, restaurée par des architectes pleins d'une faabile émulation , sa construction un peu disparate, mais éminemment historique , la rend contemporaine des xi% xiu* , xiv* el XV* siècles. 11 résulte de là une idée grande et belle , celle de

la longévité de la pensée humaine. Kn effet, la coiiceptioii prmiiLive a été resjHîctée, et quinze générations ont ap[)orté à ce temple le tribut de leur patience el de leurs travaux. Ce qui fera la gloire de notre âge, c'est d'avoir compris la beauté des édifices catholiques, et d'avoôr pris tous les moyens de les conserver à la piété des [>euples et à l'admiialion de la postérité.

La ville uallo-roiiiaiiic cl'Évreiix, appelée encore le Vieil-' Évreux, élail iniporlaul^i. Ammien Marcellin, qui écrivait vers 390 , la cite immédiatement après Rouen et Tours , au nombre des quatre villes les plus remarquables de la seconde Ljioonaise. £Ue fut une de celles qui restèrent le plus longtemps au pouvoir des Romains; mais enfin Clovis réussit à s*en emparer. Saint Taurin, à Thonneur duquel on éleva plu5 tard line église qui tAiste l'utiire, et saint Landnlpheen lunnil les jiremieis évi^ques. L'oratoire rhrélien qu'ils uuvrii'out ne tarda point à se trouver trop étroit à cause de influence des nouveaux convertis. Leurs successeurs l'agrandirent à plusieurs reprises. Nous ne suivrons point toutes les démolitions et reconstructions de cette antique église ; il nous suffira de dire qu'en 802 , les Normands, sous la conduite de Rollon, quittèrent le siège de l'aris (jui irainait en longueur et vinrent investir la ville d'Évreux. Leur attaque inqiétueuse renvei-sa bientôt tous les obstacles qui pouvaient lesaiTéler; ils escaladèrent les murailles et mirent tout à feu et h sang. Après la conversion de RoUon, Êvreux, dès 906, eut ses comtes particuliers. La paix refleurit, etsous ces salutaires influences ragricnlture et l'industriese développèrent. Les maux étaient

ÉVBELX.

gnérû, quand de sanglantes querelles entre ceux qui voulaient en devenir les maîtres causèrent de nou^'t'aux désasli t s. En 1118, Montfort, liLTÏlier de Guillaume, ci mte d'Évieux, vint mettre le siège devant la ville, qui lui lut livrée eu trahison. Les troupes de la garnison anglaise furent égorgées ; le soldat, enivré du succès, se porta à des excès sacri- I^es en pillant et dévastant les églises. L'année suivante, les Anglais usèrent de représailles en brûlant la ville. En f 1 99, après des alternatives de succès et de revers, la ville fut encore réduite en cendres par les mdn s du roi Philipjye. Eoiln, en 1379, la cathédrale d'Évreux tut encore consumée par un terrible inoendie qui la détruisit presque entièrement.

Indiquons les styles architectoniques qui ont laissé des traces dans l'église Notre-Dame d*Ëvreux. Dans la nef principale, les piliers et les arcades appartiennent à l'époque romano-byzantiiie , taudis (|ue les galeries et les fenêtres qui les surmontent ne datent que du xiv*" siècle. Le duBur et le tranas^t portent les caractères des constructions ogivales flamboyantes du xv* siècle; les chapelles absidales, à cause de leur architecture ornée , paraissent devoir être attribuées au commencement du xvf siède. La lanterne ou dôme gothique , élevée au-<iessus de l' entre-croisement du transsept, fui élevée aux frais de Louis XI, sous l'épiscupat de la liallue. tiiliu, le portail principal du côté de révèché est moderne.

L^efTet intérieur de cette cathédrale est frappant et solennel. Quoique les piliers soient d'une époque moins avancée que le reste du monument, la disposition générale est grandiose. Les ogives sont élancées, les voûtes sont bien posées, et d'ailleurs les formes romano- byzantines inférieures demeurent l?i comme pour faciliter un rapprochement qui révèle d'anciennes conquêtes du génie chrétien.

328 CATHEDRALES DE FRAM>E.

L'incendie de 1379 respecta une portion du vaisBeau. Plus iaid on rebâtit l'élise avec assez d'art pour que ces vestiges de la constraclion antérieure aient été conservés. On aime à

relrouver ici ces fragments d'architecture du xi* siècle, propres à faire apprécier la perfection à laquelle les arts étaient montés au siècle des croisades. Ces restes sont vrai' ment magnifiques; et on peut, jusqu'à un certain point, les comparer aux arcades de la nef de Notie-Oame de Bayeux.

Ne pourrait-on pas supposer que les artistes qui ont travaiUéà Évreux et i Bayeux sont sortis de la même école, si toutefois ce ne sont pasles méni(^s (jui ont successivement été employas à l'orueuicntation des deux édilicesV Les formes végétales élégamment traitées, et plusieurs autres détails où se montre une science avancée, portent à croire que la nef d'Évreux est postérieure, au moins d'un demi-siècle, aux grandes églises de Saint-Êtienne et de la Trinité à Caen, d'une architecture si sévère.

Les galerias, \c& fenêtres et les voûtes de la nef ont été appuyées, au xiv« siècle, sur les constructions inférieures. Elles sont de ce beau type ogival rayonnant, où les moulures arrondies du style primitif n'ont pas été remplacées par les nervures à arêtes vives, propres au siècle suivant. Le triforium est composé d'arcades en ogives trilobées et de oolonnettes à chapiteaux feuillage. La corniche qui supporte la balustrade découpée à jour ei;t ellc-niAme très-élégante et composée de sculfifuies originales. Les fenêtres sont largos et traversées de meneaux nombreux; leur sommet est rempli de figures, de trèfles, de quatre-feuilles et de rosaces. Kilos sont assez habilement exécutées pour soutenir le parallèle avec les ouvertures ogivales les plus grandes et les plus har^ dies. La pierre perd sa lourdeur pour se contourner en fleurs gracieuses; ks lois de la pesanteur semblent détruites, tant

ÉVRËIX.

les mmailleB sont iranspateates! On dirait que lés yoAtes

flottent dans l'air, comme de légers pavillons de'soie. Le jour, tempéré dans son éclat, se join^ dans les nervures et les clefs ciselées, et produit une illusion plus saisissante encore par les effets trompeurs de l'opticpie.

Le chœur et Tabside ont été construite d'après les pno^ cipes d*un art moins anstère, mais malheureusement aussi moins pur et moins correct.. Ces parties appartiennent au commencement delà décadence des arts clirétiens, à la fin du XV* siècle. L^s moulures jtrismatiques avaieui suc^-^é aux formes circulaires. Le système flamboyant est i ucore empreint de cette suave poésie qui s'exhale de toutes les modifications de l'architecture catholique, malgré l'altéra* lion de la simplicité primitive.

On a dit que le déme classique n'avait pas été fait pour surmonter le temple chrétien. Nous n'admeltou^ pas cette opinion ; mais ce qui ne peut être contesté de personne , c'est que le style ogival sut transformer la coupole latine. Nous avons parlé longuement ailleurs de la lanterne de Coutances; le dôme gothique d'Évreux est égaleomt admirable. Le chef-d'œuvre de ce genre avait été réalisé à Beauvais, mais il avait été audacieux jusqu'à la témérité, et la pyramide transparente ne subsista qu*un petit nombr» d'années. La lanterne d'Évreux l'ut liâtic par le cardinal la Ballue, sous le règne de Louis XI, «]ui en lit la d/'|>ense.

Les chapelles absidales, surtout i:elle de la Sainte- Vierge, doivent être rapportées à cette variété du style ogival flamboyant, que quelques archéologues ont appelé fleuri. Elles sont bâties avec tout le luxe imaginable. Les vitraux peints qu^on y observe, ainsi qu*en plusieurs autres endroits, sont l'œuvre du xvi* siècle, et admncs des connaisseurs. La richesse du dessin est en rapport avec la vivacité des couleui-s.

GATHÉmULfS OB FRANCE.

L'eKtérieiir de la cathédrale d'Évieux n^est pas ea désaooord avec rintérieur. La pyramide^ s'élève aa milieu des IranflMpfs est pleine de force et de grâce ; elle est très-ornée ,

et rimagiimtioii pourriiit faire croire qu'elle va laisser voltiger au souflle des vents les légères denU'lles qui la i Miivrenl jusqu'à la téte. Les feaètres sont surmontées extérieure meut de (routons triangulaires embellis de crosses végétales. Les eontre-foris eux-mêmes sont richement parés. La porte du nofd est chaînée d*oniements de toute espèce; il n*en est pas de'méme de celle qui est située au fitontispice principal. Elle est lourde et insignifiante.

Digitizod by Gu^.- .

SAINT-ÉTIENNE

DE BOURGBS

La calliétlrale de Bourges partage les mêmes homieurs que celles d'Amiens, de Reims, do Chartres et cl<- Reanvais; il n'est personne en France qai n'associe ce nom à l'idée d'nn magniGque monument. Aucun édîGcé ne produit une impression plus profonde que l'église giganiesqué de Saint- Étienne de Bourges. On y trouve réunis les caractères les plus iinhles et ce mélange dV'lc^crnnre et rie ,:rnivilc' (jui ronvientsibien à la maison de Uicu. Suivant l'opinion des anciens, qui pensaient que' les temples les plus vastes étaient mieux en rapport avec la grandeur et Timmensifé de Dieu, cette cathédrale doit être considérée comme une des con* structions les pliis surprenantes. Les arcbitectes, en élevant cette œuvre colossale, ont sans doute voulu fnippfr les yeux et produire réloiiiu'ment parle déveloj)p<:'iULiil <li' l'étendue, mais ils ont cherché plus encore à exalter le sentiment chrétien par la majesté des proportions, la régularité du plan, rharmonie de Fenseroble et l'ordonnance pittoresque des travées. La conception savante el la distribution pleine de goftt des détails et des aocessoirès complètent l'effet général. Point de lignes heurtées, point de surfaces brusquement an-ôtées; tout s'enchaîne dans des rapports symétriques. L'élévation des voûtes, l'élancement des colonnes, les œuvres

delà flculpttire, l'éclat des verrières pemtes tiennent ajouter leur magnificence à celle de Parchitecture.

\jL cathédrale de Bourges Th^rite de ]jrendre [tiace â côté des chefs-d'œuvre les plus vantés de l'art chrétien, dont elle se distingue par une austérité particulière. L'ornementation n'a pas prodigué dans cette enceinte les mille formes gracieuses qu'elle étale avec tant de complaisance dans des basilitpies moins privilégiées sous d'autres rapports. Il résulte de cette décoration sévère un effet solennel que ne diminue point la vue des giniiamles, des fleui'S, des caprices variés de la sculpture et des arliiices de rimagination. C'est la noble réserve d'une reine , que Téclat de la puissance et l'autorité du nom débarrassent du soin inutile de recourir à de futiles atours.

La cathédrale de Saint-Êtienne» réédifiée i plusieurs époques , s'éleva toujours sur le même emplacement. Nous

l'épèterons pour cette église ce que nous avons eu stjuveut l'ui'Cxision de dire pour une foule d'autres cathédrales, c'est que la louable peraistance des évéques à rebâtir constamment leur église sur les ruines de la basilique primitive rend nos monuments religieux plus respectables encore. Depuis rétablissement de la religion, les populations chrétiennes sont venues adorer Jésus-Christ dans le même endroit» en sorte qu'après bientôt dix-huit siècles, nous venons nous agenouiller aux lieux où p^i^^eIlt autrefois nos pères. Bien des révolutions ont bouleversé la face de la terre et ont fait disparaître jusqu'aux derniers vestiges des monuments de U vanité humaine; les édifices religieux, triomphant des révolutions et des Ages, sont arrivés jusqu'à nous dans leur imposante majesté, ou se sont agrandis et transformés sous l'influence des plus sublimes idées I Les historiens de la ville de Bourges rapportent que Té*

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