BOURGES
yéqiia saint UrsÎB, apAire du Betrj, obtint de Léocade, sé» Dateur romain , qui commandait dans les Gaules pour FempereorMcius, vers 251 , une portion de son palais situé pi%s
des murs de la cik', pour y établir la basilique chrétienne. Les disciplps nouvellement convertis à la foi liaient déjà nombreux; Toratoire destiné à leurs pieuses réunions fut eonsacré à saint Étiemie, premier martyr, dont saint Ursin avait apporté des reliques. Des lin^ teints du sang du martyr furent déposés sous Tautel principal*
Cette cathédrale primitive servit aux réunions des fidèles pendant plus d'un si?»( le; elle fut détruite dans le cours du IV' siècle, tombant déjà de vétusté; son enieinte d'ailleurs était trop étroite pour contenir l'afllnence des populations. Saint Palais, neuvième évéque de Bourges, issu d^une dos familles les plus pieuses et les plus distinguées de la province, et surtout une des plus sâées pour la construction des édifices religieux, an rapport de Sidoine Apollinaire, évêque de Clennont, profita de la paix rendue au monde chrétien par la conversion de reniperenr Constantin pour reconstruire sa catliédrale. Celle seconde église, terminée vers 380, fut entreprise sur un plan plus vaste que la précédente. Le monument de saint Palais mérita les éloges de saint Grégoire àe Tours et du pofite-évéque de Poitiers, saint Fortttnat , qui parle de la délicatesse de ses colonnes et de la richesse de leurs ornements'.
La cathédrale de saint Palais, de mèinf que celle de saint Ursin, était siluée à l'intérieur de renceiute de la ville, tandis que le rond-point de l'édifice actuel et toute l'église
' s. Grcgor. Turon. Hist., lib. I, rnp. wiv. Urpc est nunr irrîesm apud Hititri<jus urbem mim opère cumposita et primt martyr is Stef^ni reliquiit lilustrala. — Venatitius-Kurlunatus, Ul». I , cap. iv.
CATHÊMALEStDE FRAKCB.
mterraine qui est au-dessous ont lefus fondements sur ïjbb murs mêmes ou dans les fossés de la muraille antique. Ces aocroissAmenls se firent successivement, gidoe au zèle de plusieurs arcfaeyéques. Rodolphe de Tumitae, au a* siècle,
avait rimni le projet de rehAtir entièrement sa cathédrale. C'était uu pi-éîat ardent p^jur les giaudes entreprises, et auquel les desseins les plus difficiles à exécuter semblaient aisés et naturels. On lui attribue généralement les cryptes, ou au moins cette partie de Valise souterraine située sous le rond-point de l'abside. Nous apprécierons bieiitdt la valeur de cette opmion.
Les travaux commenci^ sous Rt nlolphede Turenne furent continués avec dévuiiemenl par ses successeurs, et sf>écialement par Gauslin , mort eu 1 030 , iils de Hugues Capet et frère du roi Robert le Pieux, dont il employa les largesses au profit de Tceuvre de Saint-Étienne. En étudiant attentivement le monument dans son état actuel, on ne tarde pas à se convaincre que la construction romano-by cantine dut être extrêmement lente, ou bien que la plus grande partie a dû disparaîtra dans le cours du xT sit'clc. Les ca^a^t^^es archilectoiiiques ne permettent guère d'attribuer aucune portion tant soit peu importante 5 une époque antérieure au commencement du règne de Togive; nous reviendrons là-desSus en donnant une rapide appréciation des styles iqui dominent dans le monument de Bourges. La voûte du centre a été achevée sous le pontifitat de Jean de Sully, soîxante-trrajtième ari hevi''([ue , uu de ^«uy, son frère elsuu successeur, niorleu 1280. Au rapport de certains auteurs, le roi Fliilipi)e le liel avait puissamment contribué à lachèvement complet des voûtes eu 1 31 5. Enfin les travaui intérieurs furent terminés sous Tépiscopat de Guillaume de Brosse, qui consacra solennellement l'église le 5 mai 1324 , le dimanche avant la féte
BOtHGES.
de saint Nicolas. Cette auguste cérémonie attira dans la ville
une multitude considérable; dans l'enivrement général, rarchevÎMjue pouvait répéter celte parole Je Jusliiiien, fier de l'érection de la fameuse église Sainte-Sophie de Constantinopie : Salemim, tu es vaineu/
Les Gonstractions les plus anciemies de la cathédrale de Bourges sont incontestablement les cryptes qui s'étendent sous le sanctuaire, le chœur et deux portails latéraux, au nord et au midi, conservés ou replacés dans les murs de la nef, qui paraissent un peu plus récents; les antiquaires ont donné généralement une antiquité trop reculée aux parties que nous venons d'énumérer. Comment tenir compte de l'opinion de M. Tabbé Romdot, chanoine de la cathédrale de Bourges et auteur d*uiie description historique et monumentale de l'église Saînt-Étienne, qui ne s*appuîe sur aucun principe scientifique? Les signes archéologiques n'indiquent pas un âge pins éloigné que le commencement du xu* siècle; les cliapelles disposées autour du chœur doivent remonter au même temps ; elles présentent une disposition assez singulière et qu'on n'observe nulle part ailleurs ; elles sont assises en encorbellement sur les contre*for(s qui séparent les fenêtres des cryptes. Ces chapelles sont étroites, et on y observe des colonnettes semblables à celles que Ton voit assez souvent sous les arcs-boutants, au xni« siècle. Celte forme insolite et l'aspect étrange de l'ensemble parcdtrait pi\>uver ([ue les chapelles absidales n'entraient pas d'abord dans le Irlande l'architecte. A l'extérieur, elles sont couronnées d'un toit octogone et pyramidal en pierres affectant la forme d*un clocheton) comme on en remarque sur les chapelles de qnelques églises du xiii* siècle en Normandie.
La di.sposition de la nef dans la cathédrale de Hourges
rappelle à plusieurs égards celle du chœur de la cathédrale
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du Mans. Les arcades qui séparent la grande nef du premier rang de collatéraux ont une grande élévation et répondent en hauteur à trois ordres superposés , parce que la première
nef latérale est beaucoup plus élevée que la secoude , qui correspond aux chapelles des bas côtés des autres cathédrales. Cette ordonnance coimiiuuique aux travées une légèreté et une hardiesse peu communes. Quant aux dates de construction des diverses parties du vaisseau, la base des murailles jusqu'à une certaine hauteur appartient au m* siècle, tout le reste au xiv*. n serait difficile de préciser en plusieurs endroits nîi s'est arrêté le travail du premier siècle et où commence celui du sec( »nd.
Le plan de la cathédrale de Botuges est à cinq nefs, sans tianssepts. Les chapelles du chevet sont au nombre de cinq ; un grand nombre d'autres sont établies dans toute la longueur des collatéraux. La masse de Tédifice est appuyée sur soixante piliers, largement espacée et distribués dans la grande nef, de mnnière qu'il y ait alternativement une coloime plus volunimeuse, entourée de cnlonnettes, et une autre d'un diamètre moins considérable, également entourée de colounettes. La longueur totale de Saint 'Étienne de Bourges est de cent seize mètres, sur une largeur de quarante-un mètres; dans la grande nef, la hauteur sous clef de voûte est de trente-sept mètres cinquante centimètres ; les premiers bas côtés ont une élévation de vingt -un mètres soixante centimètres , et les seconds , de dix mètres ; les deux I ollaiéraux ont une largeur de dix mèties, pris ensemble.
Les cryptes de la cathédrale de Bourges sont très-curieuses. Il n'en existe pas en France de plus vastes, puisque cette église souterraine, de forme irrégulièrement circulaire* a quatre-vingts mètres de circonférence. On distingue plu-