‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 7 sur 78 · ANGERS · texte numérisé non relu

ANGERS

sons du vieil Angers, Mties en bois et cuirassées d'ardoises, serrées dans des rues étroites el tortueuses , sont groupées au pied de la vénérable basilique. Gela nous représente une belle idée : rhomme ne peut trouver un abri plus sftr et plus

tonsolaiiL (ju'à l'ombre des églises, où Dieu a daigné fixer sa demeure sur la terre !

SAliM-FUONl

DE PÉRIOTTEUX

Il est des monuments quo recommandent à notre attention leur grandeur ei ia hardiesse de leurs proportions, l'élégance et la perFection de leur décoration; il en est d^aulres (|iie de grands souvenirs historiques illustrent et assurent à

rimmortalité ; d'autres, enfin, ont des titres moins pompeux, moins estim<^s du vulgaire, qui attirent ralleiitiou des érudits, ol>jet continuel d'études savantes , de discusfflons utiles, de travaux propres à favoriser les progrès de la science. Nous pouvons Tavancer hardiment,^ aucun édifice religieux ne peut occuper dans Thistoire de l'art une place plus distinguée que la cathédrale de Périgueux. G*est un édifice unique, d*un style tout sjiécial. C'est une fleur d'Oiiciit tiansplantée sous le ciel du Nord. Épanouie aux iTiyotis triiii soleil ♦'tran,i:er. elle a conservé presque toutes les beautés naturelles qui la di^^tingnent dans sa patrie na<tive, tout en subissant les influences d*un climat nouveau.

Cette basilique, Tune des plus vastes et des plus anciennes de France, est aussi incontestablement Tune des plus eurieuses pour quiconqtïe veut étudier la marche de l'an liitectuie dans notre pays. Depuis lont,'feinp.s déjà l'attention des anli{[aaii^s lïanrais a été viveiuLut émue parle caractère original de cette construction. Nulle part, en

. I»1:IUGCEI.\. S7

FraïKc. on ne ivncfniiivi i d'édifice oh les procédés dv l'école de Byzauce aiciit été appliqués d'une manière aussi toniplète.

Sans vouloir la faire, remonter au iv' siècle, à un temps antérieur à la construction de Sainte-Sophie de Constantinople , comme quelques auteurs l'ont hasardé sans nul fondement, la fameuse église Saint-Front revendique justement une antiquité très-reculée. La comparaison étant ici fort dillicile, pour m pas dire impossible, on rencontrera riéccssairemenl des difficultés pour préciser la date de la fondation.

Dans un volume de mélanges intitulé ; du CaHioticmiê et du VandaUme dont l'art. M* le comte de Montalemhert indique les parties principales de Téglise, à l'e&ception du

clocher, comme antérieures au \* siècle. M. de Yemheil , dans une notice fort intéressante publiée dans le Bulletin archéologique du cuiuilé historique des arts t l inonumenls, croit pouvoir fixer avec certitude la date do fondation de cette église de 1010 à 1047, au moyen de la connaissance que Ton a de la date de construction de Téglise Saint- Marc à Venise, et des chroniques contemporaines qui mentionnent à quarante ans de distance le départ de l'évécpie de Périgueux pour la Palestine et la dédir.ic*' de ci-tlc église. Cette opinion est Irès-vraiseniblable ; cependant on a opposé une difficulté très-sérieuse basée sur la forme des grands arcs qui sont en ogive : la présence des cintres en tiers-point n'a jamais été signalée avec des caractères aussi tranchés dans des édifices du commencement du xi* siècle. Cette question importante attend encore une solution démonstrative.

Avant de passer plus luiii, nous devons faire connaître et rapideniL'iit décrire une vieilli et curieuse église, que sa position indiijno comme ayant piécédé la grande basilique dans laquelle elle s'est fondue. De cette première église

oH CATHÉDRALES DE IKANCE.

Sailàl-rroal, il reste la la» ade masquée juir une maison piirticulière, deux travées de la nef et eniiu deux t'dicules unifumes, élevés, à ce qu*on &oii, sur le iomlieau de saint Front et de ses disciples, et remarquables par leurs cryptes, leurs deux nefs parallèles et lëurs deux absides carrées. Toutes ces conslruclions offrent des souvenirs fréquents (lu [H'iil appareil iDUiain; elles ont d'ailleurs de rajialo^ie avec les rares édifiées (|ue l uu est iuudé à croire antérieurs à l'an mil , avec le baptistère de Saint-Jean à Poitiers, par exemple. Ces restes sont très-^précieux pour l'archéologie; il serait vivement à désirer que leur conservation fût assurée contre toute chance de destruction.

L'église Siunt- Front était autrefois simple abbatiale; Sainl-Ktienne . dans la cité, av;iii le titre de oathédale. Plus modeste (jue celle des moines, lY'c^lise épistx>pale avait reçu une profonde empreinte de l'imitation de la liasilique ]>yzanline. Le plan toutefois avait subi de grandes modifications, la croix grecque ne se dessinait pas avec ses entre-croisements égaux ; les cinq coupoles n*étaientpas régulièrement établies comme à Saint-Front; mais la constnictinn de ce mémorable ("•difice fut pour Périgueux un événenieul trop important pour ne pas exciter vivement l'émulation des artistes de la cité. L^antique cathédrale a cruellemeut souiferl des injures

du temps et du fanatisme des hommes; les protestants en ruinèrent les deux premières coupoles quand ils se rendirent maîtres de Périgueux. Pour donner une idée de l'intérôt prodigieux qui s^attadie

au grand uiuuuinent du Péri,u'(»rd et en même temps de la manière élevée dont M. île Vernlieilla étudié, noushiisserons parler cet antiquaire érudit.

« Le plan en croix grecque de Tégltse Saint- Front , ses cinq coupoles, surtout sa toiture en terrasses dallées, où le

PÉRIGIKUX.

bois et les métaux n'entrent pour ricu, témoignent assez de son origine byzantine. Je ne pouvais cependant songer à la rattacher à ceux de nos édifices des xi' et xu« siècles que Ton nomme aussi byzantins ; c'était évidemment une reproduction plus ou moins complète d'un type néo-grec quelconque. Je passai donc en revue les principaux édifices, & coupoles dans leur ordre chronologique. Jusqu'à Tan mil, il n'y en a point qui ait pu servir de modèle à rarchileole de Saint- Front; je suis même convaincu que, jusqu'à cette ép-xpie , l'influence byzantine n'a guère poussé à construire en Palestine, en Italie, mais surtout en France, que des édifices nmdsou octogones, comme le Saint-Sépulcre, Saint-Vital, Téglise d'Aix-la-Chapelle. Aux approches de Tan mil, appa* paissent plusieurs églises à cinq coupoles, telles que le Pantocrator de Cimstantinoplc , qui ont des rapports généraux avec Saint- Front. Parmi les édiiices de cette famille, il en est un , la célèbre basilique de Saint-Marc de Venise , qui se dislingue de toutes les autres par des dispositions si neuves, si originales, si bizarres même, qu*il doit être considéré comme un type à part» comme un édifice unique : voici ces dispositions dont j'ai tâché de me rendre compte par l'analyse.

« Les architectes de Soiut-Marc voulaient construire !m édifice vaste comme Sainte-Sopliie , l'idéal que se proposèrent toujours les artistes byzantins. Ne pouvant reproduire sa coupole immense , ib en donnèi'ent la monnaie , s'il est permis de s^exprimer ainsi : Saint- Marc eut donc cinq coupoles presque égales , copies réduites de la coupole de Sainte- Sophie. Us placèrent la plus grande, qui n'a ecpeudantque quatorze mètres de diamètre , au centre d'une croix grecque ; les quatre autres couvrirent les (juatre branches de la croix. Ces cinq coupoles ainsi Juxtaposées, l'on conçoit que deux

(les piliers et un des grands arcs de chaque petite cnupole durent se confondre avec les piliers et les grands arcs de la coupole centrale. Ainsi s'opéra la liaison des divers membres de rédifice.

« Quoiqu'ils eussent ainsi multiplié les coupoles , lés architectes de Saint-Marc étaient encore loin des dimensions

do Sninle^Sopliie : puur ugranrlii' leur plan, ils tLnmrrent aux grands art s des coupoles, et par conséquent aux i»ilii'[s qui les supportent, un développement excessil et tout à fait inutile h leur solidité. Chaque pilier eut ainsi plus de vingt pieds sur chaque face et plus de quatre-vinglis de tour; et chaque grand arc, devenu une large yoùte en berceau, fut, à l'exception de ceux de la coupole centrale, fermé par un mur très-mince, à son ouverture extérieure : ces nmi s, (|m dessinent la rroix grecque à l'extérieur cl ne ( < menu i eut en rien à la solidité de l'édilice, furent percés de nondjreuses fenêtres.

« Ces piliers se trouvaient en saillie dai^ Pintérieur de l'édifice, qu'ils rétrécissaient de toute leur masse. Sans nuire à leur solidité , on put les évider intérieurement et les creu<

ser en coupoles. Les (|uatre piliers qui supportent la coupole ceniraU^ l'incnl jjcrccs sur leurs quatre faces de deux grandes ouveilurcs superptisées j les arcades inférieures firent communiquer entre eux ces bas côtés fonnés le long des nefs principales par l'élargissement des grands arcs ; les arcades supérieures éclairèrent des galeries hautes pratiquées dans la masse des piliers.

« Ces dispositifuîs essentielles de Saint-Marc se reirouvenl à Saiut-IVont dans toute leur originalité» dans toute leur bizarrerie. En effet, la description analytique que je viens de faire de la première basili(pie s'applique rigoureusement à la seconde. Comme il faudrait la restreindre de tout point ,

Digitj^ed by Coogle

PÉIUfiLTXX.

pour qu'elle ^ût s'appliquer de même aux édifices oii Ton s'accorde à recounallre des imitations de Saint- Marc, à

Saint- Anloine de Padoue, par exemple, j'en ai conclu qu'il y avait dans l'un des deux édifices iniilalioii diict te, immédiate de l'autre; qu'enlin Saint-Marc était un orij^inol dont Saint-Front n'était que la copie. Je dois dire que l'apparence des deux édifices est loin d'être la même; leur ressemblance n*est point de celles qui saisissent, elle est intime, et l'analyse peut seule en faire a[i[irécier toute retendue. Mais cette différence d'aspect résulte des adjonctions ou des restaurations suooessives qui ont alLéié le plan primitif des deux basiliques, elle résulte surtout de l'abauduii, l'ait par rarchitecte de Saint^-Front, de romementation proprement byzantine. »

Quand on regarde Péglise de Périgueux à distance, on est frappé de la lourdeur dés masses autant que de la grandeur

des proportions. Aucune partie élancée ne donne à l'arcluteclure ce mouvement qne Ton observa plus lanl dans 1rs grandes églises. De liautes murailles planes, percées de rares fenêtres, vietnicnt arrêter la vue d'une manière désagréable. Lorsque Ton étudie, dans une position plus rapprochée, tous lies détails de Saint^Front, on les trouve exécutés avec une sorte de barbarie. Nous sommes bien loin de pouvoir établir ici un parallèle entre les deux monuments que nous avons comparés jusqu'à présent : à Venise, tonte la construction se distingue par la liardieiise, l'élégance et un ensemble de beautés particulières qui ravissent; à Périgueux , au contraire, la construction est pauvre et grossière dans plusieurs de ses parties : d'un côté, la noblesse et la grâce; de l'autre, la sévéritîé, je dirais presque la nudité.

Dimensions générales de la c<atliédrale de Saint-Front de Périgueux : longueur de la croix grecque, soixante mètres;

CATliLDIULLS UE HiANCb.

haufenr des piliers, treize mètres trente cpntimètres; hauteur

des coupoles, vinirt-buitmMros soixante-six centimètres; li.iu* leur des trrnnds arcs, (lix-iit'iif nirties soixaiiU' ( «'ntimrîres.

¥.11 péiit'Uaiil dans i'iuléiieur de la cathédrale de Véiigueux, on est étonné de l'aspect étrange que présentent toutes les parties du monument. On se croit immédiatement transporté dans un pays nouveau , tant les dispositions générales qui frappent les yeux sont différentes de celles qu'on rencontre ordinairement. I.ies conpoles orientales, les lourds piliers, les iii-aiids an s. K- jonr mv i icux répandu dans la vaste enLciute, les urnemeiils peu nondireux et sévères, tout concourt à produire sur l'esprit une impression profonde. L'effet total surprend , et ce n'est qu après quelques instants de réflexion que Ton peut se rendre compte de ses sensations. En résumé, Tinlérieur de la basilique de Saint-Front est d un aspect grandiose et imposant.

Nous devons maintenant indifpier exactement les traits particuliers de la cailiédrale de Saint-l'ront , cVsl-à-dire les modilicntions que rarchitecte a cru devoir introduire dans riraitationdeson modèle. Nous signalerons en premier lieu lexisteoce de cryptes sous une partie de l'église supérieure, l^s édifices byzantins, et l'église Saint-Marc en particulier, ne nous présentent point cette construction souterraine favorisée à Périgneux par la nature et la position du terrain. Depuis longteni|is la t i y|ite de Péripieux est obstrnée; il s<'rait ii désirer qu'on en dégageât 1 enliée et qu'on en appropriât Vintérieur d'une manière convenable.

La grande coupole des monuments byzantins est éclairée à sa base par une couronne de belles fenêtres; le nombre de ces fenêtres est réduit à quatre dans Téglise Saint -Front. Ajoutons que les fenêtres ont reru un développement considérable à l*érigueux, loisqu'oii les compare à celles qui

versent la lumière dans les édifices oonsimils sous Tinspiration immédiate de rarchitcctui-e de Hyzance. Ce changement avait êU' sans doute motivé par la différeiice des climats, notre ciel d'Occidenf n'ayant pas tout réclal ni toute la lumineuse transparence du ciel d'Orient.

Le système général d'ornementation de Saint-Ftont n'est nullement en rapport avec l'idée principale du monument. C'est une réminiscence de la décoration antique , ayant une frappante analogie avec les procédés communément usités dans les auhcs édifices contemporains du uiidi de la I ram e.

Terminons cette notice par (juelques détails sur le clocher et les ornements extéricni^^ r!e Saint>FroQt. La tour, ornée de colonnes et percée de plusieurs ouvertures cintrées, est une conception originale de Varchitectc de Périgueux. Si elle n*est pas postérieure au reste de Tédifice, comme l'ont pensé quelques antenrs , elle doit être rangée parmi les constrtictions les plus remarquables de l'époque, et attriste dans l'architecte un talent hors ligne. Le sommet , teî iiiiné en coupole, s'élève à soixante-six mètres soixante centimètres.

Tout autour de Féditice, à l'extérieur, règne un entablement; appuyés sur cet entablement et appliqués aux voussoirsdes grands arcs intérieurs, douze frontons couronnent les douze pans du mur qui forment le développement extérieur de la croix grecque. Les liuit piliers qui manpienl les extrémités de telle même croix se terminent par des pyramides qui encadrent les frontons et accompagnent les coupoles. Cette décoration n est pas dépourvue de caractère et de grandeur; malheureusement elle a été fortement endommagée.

SAINT-PIERRE

D'ANGOUIiÊME

La calliédrale d'Angouiéme, malgré les mutilations qu'elle a subies, est encore uq des monuments religieux les plus intéressants. Non-seulement sa grande façade, d*un aspect tout original, mais enoore quelques voûtes en coupoles» dans le genre de celles de Périguenx , de Cahors et de Loches, la placent au ranir des édifices curieux dont la rnniKiissancL- est indispensable pour stiivre complclcmeut les t'volutious de rarchiteclure byzantine dans nos contrées. Des (-cnvains modernes ont jeté de l'obscurité sur sa véritable origine, en voulant la faire remonter à une époque beaucoup trop éloignée. On a prétendu que la façade était un débris du temple élevé à Jupiter dans l'enceinte de la vieille cité d*Angoulènie : plnsieucs explicalinus des iiu'ures sculptées à sn surface avaient môme été hasanlées il après <;ette iausse altribution. Sans vouloir admettre cette opinion, évidemment insoutenable, quelques personnes l'ont modiiiée en disant quMl y avait autrefois sur l'emplacement de la cathédrale actuelle un temple consacré à quelque divinité païenne, et qu'il fut converti en église, ou rebâti pour sa nouvelle destination, dans le Icnips tiîi saint Martial vint piùtlicr PKvan^'ile dans 1 Aquitaine, c'est-à-dire vers le milieu du m* siècle. 11 est inutile de s'arréler à une supposition qu'il est

ANGOULÊME. Gtt

d^aillems aossi difficile de combattre que d*appayer ; nous ponvons affirmer qu'il ne reste aucune trace de ce temple primitif, et l'histoire architectonique de la cathédrale se

trouve là-dessus parfaitement d'accord avec les documents écrits qui simt arrivés jusqu'à innis.

La première église épiscopale d Angouléme fut consacrée à saint Saturnin, martyr, par saint Ausone, l'apôtre de la ville et du pays.pirconvoisin. Ce glorieux évèque reçut pour prix de son apostolat la couronne du martyre, vers la fin du m* siècle. Ses restes vénérés, déposés dans une église abbatiale, bâtit' sous son invocation, ont été brûlés en 1508, par les calvinistes, qui [Mir^rreiit des mains violentes et sacrilèges sur tant de monuments respectables.

Les ariens profanèrent la cathédrale , en chassèrent le pasteur orthodoxe et son clergé , pour y célébrer les cérémonies de leur secte. Mais Qovis, après avoir tné de sa main leur chef Alaric dans'les champs de Vouillé et s'être emparé de la ville d*Angoul(*'rae , éleva sur le siège épiscopal son chapelain Aptone, c! nnldiinade reconstruire à neuf, en IMionnour du Dieu de Clotllde, Péglise de la cité. Suivant la i Immiiiue d'Aimar de Chabauais, moine deSaint-Cybard, celte basilique fut dédiée à saint Pierre, vers Tan o 70, par saint Ger<main, évéque de Paris, et saint Grégoire, évèque de Tours, qui, après la consécration du temple, ordonnèrent évèque de cette église, Mérère ou Machaire, homme recommandable, que Thistuire fait ( (innaître comme très-élotpient et très- vertueux. Son mérite ne put le soustraire à un attentat j il mourut empoisonné.

Des chartes fort anciennes nous apprennent que, ravagée par les barbares , probablement par les Normands, la cathédrale fut réédiliée sous Tévèque Hugues 1", vers 974. Les travaux se prolongèrent jusi^u en 1017, sous le règne de

CVTilliDnALES DE HlANCE.

Robert, le Pieux et l'épiscopat de Grimoard. Une nouvelle dédicace en fat faite solennellement à cette époque. Enfin; en 4 120, du temps do Louis le Gros et de Vulgrin 11

de Taillefcr, soit que la vétusté la fît tomlier en niiius. soit i{U(' ([iiclipie catastrophe fût mtoio venue la iMuiIeverser, s()it qu'elle n'eût pas la grandeur et la majesté convenables, elle fut reconstruite entièrement, a primo lapide, par les soins de Gérard 11, évèque et légat apostolique, et en partie aux frais dithier d'Ârcharobaud, préire et chanoine d'An* gouléme, Pun des hommes les plus riches de son époque , et qui sut faire un bel emploi de son immense fortune. Quelques écrivains, se mettant en opposition avec le texte signilM alif que nous venons de citer, vtmlent excepter le frontispice de la reconstruction générale ; iUratlribueni au monument élevé sous Glovis. Il y a ici ignorance ou confusion des premiers principes de la critique archéologique; l'inspection seule de l'édifice suffit pour détruire une semblable prétention. Toutes les parties caractérisées annoncent le in* siècle , cette phase Iransitionneîle qui vit le style romain »-}»yzanf in passer insensiblement à nn autre, et eniui se transformer dans le style ogival pur, au commencement du xnr si^^•le.

Depuis le xu* siècle jusqu^ux troubles de religion, Téglise Saint-Pierre vit accroître sa splendeur, grAce à la munificence des seigneurs du pays, des comtes et des évéques, et voilà pourquoi plusieurs portions de Tédifioe, tdies que les bas côtés du chœur et les fenêtres <^ oinves du côté méridional de la nef, ne sont pas en iiarnuMiie avec la sévérité primitive et les voûtes en coupole de la basilique romauobyzantine.

En i 562, à la première entrée des calvinistes à Angouléme, la cathédrale fut entièrement dévastée. 11 pâralt qu'alors les réformateurs n'altérèrent pas Tensemble de son architecture;

Page 1