‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 72 sur 78 · BLOIS · texte numérisé non relu

BLOIS

lecture romano-by/autino, qui a laissé, non loin des bonis de la Loire, tant d^édifices remar(|uables. Les largesses des comtes de filois et de Tarchevéque de Bourges nous donnent à penser que toutes les ressources de Tart y avaient été employées, et que y suivant le laii|;ag6 de Baoul Glaber, une noUe et blanche basilique avait succédé à la vieille et noire église Saint^leime. A peine cet édifice subsista-t-il quatrevingt-dix anuées. Tliihauil le Grand, comte de Bloi.s, le réédifia entièrement, les travaux furent achevés le 8 des calendes de juillet 1106.

Le chapitre séculier fondé par Leuthgarde et ses enfants, au commencement du if siècle, ne pouvait subsister à cause de Textrème modicité de ses revenus. En 1132, Thibault, du consentement de Godefroy, évéque de Chartres, donna à l'abbaye de Bourg-Moyen tous les droits (^u'il possédait sur la prébende de Saint-Sulenne.

Le monument élevé en 1 1 06 menatjait ruine sous le règne de Charles VI; en 1390, on fut obligé de le démolir. Alors on jeta les fondements de deux fours, dont une seule fut élevée; elle sert aujouidliui de base au clocher actuel. La construction fut entreprise sur un vaste plan, mais Thistuire de l'église de Blctis n'est que l'énumération de ses désastres. Kn 1F)i4, d'efTmyables calamités en nécessitèrent la reconstruction. Peu de temps après, en 1568, les calvinistes s'en emparèrent, et se portèrent aux excès les plus odieux. Nonseulement ils pillèrent les objets précieux, mais encore ils arrachèrent de sa châsse les ossements vénérés de saint Solenne , les brûlèrent , et en jetèrent les cendres au vent . *

En 1609, les catholiques de Blois construisirent la tour, surmontée de son petit dôme h jour, qui domine encore et la cathédrale et la ville. Cette tour seule, solidement bâtie, put résister aux coups de la tempête. qui, dans la nuit du 5

au 6 juin 1678, foudit sur la nlle et les campagnes voisiiies. L'^glîse fut renversée» à l'exception de quelques parties peu importantes, d'un petit nombre de piliers , ^ de pluaiduis

chapelles accessoires du côté mériiliuiial.

Les siiiifs du fléau luient affreuses dans tuule la cit6; beaucoup de citoyens firent des pertes immenses. Touchées de tant d'infortune , Marie Charron, épouse du marquis de Golbert, ministre des finances de Louis XIV, et la marquise de Soumeriy sa soeur, supplièrent le roi de relever Téglise de ses ruines, et de consoler tant d'afflictions. Leurs vœux furent entendus : Louis XIV ordonna la restau lauun complète de l'église de Blois. Le nouvel édifice fut consacré le 9 juillet 1730, sous la protection de saint Louis.

L'érection de l'évèché de Blois date de l'année 1693; le premier évéque fut David-Nicolas de Berthier, nommé le 22 mais de la même année ; mais il ne prit possession de son si^ge que le 15 juillet 4697. Ce fut son successeur, Jean- Franrois-Paul de Caumartin, qui fit la dédicace de l'église Saint-SoU-nue, el qui la jilara sous l'invocation de saint Louis. L'évèché de Blois avait été supprimée 1801, et réuni à celoi d'Orléans; il fut rétabli par le concordat de 1617.

La cathédrale Saint -Louis serait un monument remarquable si elle avait conservé les traces des différents styles qui présidèrent à sa construction. Dans son état actuel, elle est inférieure à une autre église de Blois, simple église paroissiale sous le titre de Saint -Launur ou de Saint -Nicolas, qui mérite d'être placée au premier rang des édifices religieux du xn" siècle. Si Ton excepte quelques ogives du XVI* siècle, la cathédrale appartient à cette architecture froide et compassée qui fleurit en France sous la protection de Louis XIV, et qui éleva de si nombreux édifices- à Paris et les cathédrales de Versailles et de Ramiers. L'église est com-

fiLOlS.

posée d'une large nef, de deux collatéraux garnis de cha- |ielles et d'une nef déambulatoire. L'ensemble de Téglise ne manque pas de régularité; les voûtes, avec leurs nervures à vives et fortes arêtes, sont bien exécutées. Les cinq grandes fenêtres du chœur, percées dans de larges proportions, produisent un bel effet; les piliers, beaucoup trop massifs, sans chapiteanx, sont surmontés d'une bande saillante, sur laquelle sont sculptés divei's sujets assi;z diiliciles à expliquer. On croit distinguer dans un entlroil deux anges debout , soutenant un linge qui semble élre le voile de la sainte Vierge conservé dans la cathédrale de Chartres. Les autres bandes sont simplement ornées de feuilles.

Dimensions de la cathédrale de dois ! bngueur dansœuvre, soixante mètres; largeur totale dans œuvre, trente mètres quatre-vingts centimètres; bauleur de la nef, sous clef de voûte, dix-huit mètres soixante-<lix ceuUmèlres; hauteur des latéraux, huit mètres soixant6«dix centimètres; élévation du clocher, cinquante mètres.

SAiNX-APOLLlNAlRE

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