D£ DIJON
L'ÉTAni.issF:LMEST d*un siège épiscopal h Dijon ne remonte pas au «It.'l'i fin wiii' sitVlo. Il fut érigé par une Itiillf du pape Clément XII, en date de l'année 1731. Celle citjation d'un évéché nouveau , que réclamaient impérieusement les besoins de la population religieuse et l'importance de la ville, rencontra de nombreux obstacles, surloat chez les moines de Saint- Bénigne, qui se croyaient lésés dans quelques-uns de leurs droits. L^lise Saint-Étienne fut choisie pour è(re calhédidle. Hllo était loin de la inai^iiifii t in c dp l'église abbatiale, niais c'étiiit iédiiit e clirétien le plus ancien de la cité; simple chapelle au iv* siècle, église conventuelle au xii% elle était devenue collégiale an xvif. Sous le rapport de Tantiquité ecclésiastique, elle offrait de beaux souvenirs; mais, plusieurs fois rebâtie avec des ressources insuffisantes, la cathédrale Saint-Étienne était un monument d*un faible mérite au point de vue ardiittclural et archéoloirique.
Kxeu)ple frappant do la vicissitude des cln»6*..s d'ici-bas! L'auciemie calbédrale de Dijon, déchue de sa dignité, souillée par Torgie révolutionnaire, n'a été conservée ({ue pour servir de halle aux grains, tandis que l'église de l'abbaye de Saint-Bénigne, dont les moines puissants n'avaient supporté qu'avec jalousie le voisinage de Tévéclié, est aujourdliui
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devenue la tothëdrale! L*évéque occupe le palais abbatial, et de jeuues lévites, Tespoir de la leligion et du sacerdoce, remplissent les nombreuses cellules des bénédictins.
I/église et l'abbaye de Saint- lîéiii^ne lurent fondées en 333 par saint Grégoire, év(''(|ue de Laiigres. Le roi Gontnui eurichii cette pieuse fondation de plusieurs ternes de sou domaine. Dans le cours du xi' siècle, le monastère fut gou' vemé par un bomme distingué que ses vertus et son éminente piété élevèrent aux honneurs de la canonisation. Saint Guillaume rebâtit son église » ruinée par le temps, à la fin du XI' siècle et dans les premières années du xii'. Enfin , après (quinze ans de travaux, l'éfrîise fut achevée, et le pajte Pascal II, en 1 106, en fil soleuiieiiement la dédicace. Au rapport des historiens, rien n'égalait la beauté de ce monument, où Ton comptait, dit l'un d'eux, irai» emt sonronte ei onze eolmmes, cent vingt fenétret, kmt tours, trois grandes partes, etc. Mais nous n'en possédons plus que le souvenir; car, en 1271, après environ deux cent cinquante-six ans d'existence, la chute d'uue des denx tours principales écrasa ce superbe édifice. L'abbé Hugues d'Arc-sur-Tille la releva de ses ruines, moins vaste et moins somptueuse, si Ton compare le monument actuel à la description de l'église SaintpGuiUaume, et en termina la conslnfction en 1 288.
La cathédrale de Dijon ne doit pas être rangée parmi les monuments les plus importants de la France ; son caractère ne présente pas cette grandeur qui distingue tant d'autres de nos antiques basiliques; mois elle est fort remarquable sous le rapport artistique et historique. lUtie en peu d'aimées, elle est tout entière, à l'exception du portail, d'un style pur et uniforme, de sorte que son principal mérite est de présenter un tout homogène. Ce n'est donc point un de ces édifices monastiques qui le disputaient d'importance avec les
aTHfiDRALES DE FRANCE.
grandes églises épiscopales, comme les ablmiiales de Saint* Denis» près de Paris, de Vézelay, de Saint-Oaen, à Rouen, de Saint-Étienne, à Caen, de Marmoutier, près de Touis, et surtout de Gluny. L'antiquaire en admirera cependant l'ordonnance simitlt! (îl iiolile, cuinine il ('Ui lit i i avec plaisir el profil la chaiMnante église Notre-Dame de Uijun.
L'intérieur de Téglise Saini-Bénii^e est intéressanl , pi-écisément parce qu*ll ne montre point ces bigarrures de style qui peuvent être quelquefois pittoresques, mais qui ne sont jamais une qualité réelle. Le plan est régulier, et conserve la disposition des édifices religieux delà seconde période archilecloniquo roinano- byzantine. Le transsept, peu prononcé, n'exct ili) jas au di liDis les murs des lias côtés. Le chœur, d une dimension peu considérable, n'est pas entouré de nefs circulaires ni de chapelles latérales. La partie supérieure de l'église est terminée par trois absides en hémicycle. C'est un fait assez remarquable à signaler dans les édifices de la fin du xiu* siècle.
La nef, soutenue sur huit piliers isolés, qui correspondent à <iuUiiit de massifs engagés dans les nuirs des bas-côtés, Ibrme un vaisseau d'une belle étendue. Elle est précédée d'une sorte de vestibule intérieur, un vrai pronao», qui donne à l'enti^ée une physionomie toute particulière.
La longueur totale de l'église SainUBénigne est dé soixanle* huit mètres, sans y comprendre le porche extérieur; la largeur des trois nefs réunies est de vingt-neuf mètres, et rélévatiun la plus considérable sous voûte est de quatorze mètres trunle- trois ceutiniètres.
C'était dans cette vénérable basilique que jadis les anciens ducs venaient prendre possession des États de Bourgogne, et juraient, au pied des autels, la conservation des privilèges de la province, de la ville et de l'abbaye, avant de recevoir.