‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 20 sur 84 · SAL\T-MARC · texte numérisé non relu

SAL\T-MARC

résolus avec habileté; et, si l’on doit juger du mérite d’un grand édifice par l’elïét qu’il produit sur l’esprit de ceux qui le contemplent, il faut placer l’église de Venise au rang des monuments vraiment dignes de l’admiration des hommes.

Le plan de Saint-Marc de Venise, comme celui de Sainte-Sophie de Constantinople, est une croix grecque, précédée d’un portique spacieux. Au centre s’élève sur (piatre piliers massifs un dôme majestueux, dont la base [)résente de hardis pendentifs. Les constructions circulaires terminées en coupole étaient , dans la pensée des anciens, l’image du monde avec la voûte du ciel, au sommet de laquelle est placé le trône de Dieu. En Orient surtout, les chrétiens semblent avoir adopté cette pensée, et leurs architectes, à la faveur d’ingénieuses combinaisons, réussirent à donner à la coupole un caractère en rapport iivec sa nouvelle destination. Sous cette voûte, toute resplendissante des reflets de l’or et des couleurs impérissables de la mosaïque , brille dans une douce lumière la figure de Dieu et des bienheureux qui composent la cour céleste; un peu plus loin se dresse l’autel, oïl la foi nous montre Jésus-Christ prêtre et victime! L’art pouvait -il inventer un pavillon plus splendide pour abriter de si augustes mystères?

Sur chaque branche de croix s’élève un dôme, propre à rehausser l’importance de la coupole centrale. Le reste de l’édifice est couvert de voûtes, dans la construction desquelles les artistes grecs avaient acquis de l’expérience, et qu’ils préféraient, avec raison, aux plafonds en bois des liasiliques latines. Des colonnes et des arcs en

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plein cintre séparent la net* des ailes et supportent des galeries supérieures , destinées aux femmes , selon les coutumes de l’Orient. Les chapiteaux des colonnes sont composés de feuillages élégants, ordinairement peu saillants, quoique taillés avec beaucoup de finesse; on n’y voit pas ces bas-reliefs à personnages qui couvrent ceux des anciennes églises d’Italie; quelques-uns ressemblent aux chapiteaux curieux de l’église Saint-Vital de Ravenne. On a compté à Saint-Marc plus de cinq cents colonnes, toutes en marlire et transférées de la Grèce et du Levant. Pendant qu’on bâtissait ce superbe édifice, chaque navire revenant à Venise devait apporter quelques-uns de ces riches matériaux. Rien n’excite l’étonnement des connaisseurs comme le choix et la variété des marbres qui sont entrés dans la décoration de cette église. La colonne de porphyre noir et blanc de la chapelle de la Ci*oix passe pour être un échantillon unique.

A la façade du monument, on remarque un double rang de colonnes de vert antique, de porphyre, et d’autres matières précieuses. On y voit gravées des inscriptions en caractères syriaques et arméniens, tracées par une main étrangère. Il en est de même de plusieurs basreliefs antiques incrustés dans les murs extérieurs, provenant de diverses contrées. Mais, parmi ces dépouilles, témoignages de victoires, aucune n’est aussi célèbre que les fameux chevaux de bronze placés au-dessus du portail central du vestibule. Ce magnifique monument de la sculpture anticjue a décoré quelque temps la capitale de la France; mais, en I8Io, il fut enlevé du Carrousel et remis à la place qu’il occupe maintenant. Ce groupe,

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