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au successeur de saiul Pierre, déclara pul)li(|uemeut (jue, trompé par de mauvais conseils, il avait attaqué injustement l’Eglise; il ajouta qu’il regrettait sincèrement les maux que la guerre avait causés. La paix fut jurée sur le livre des saints Evangiles, et le pape excommunia ceux qui violeraient leurs serments. Ainsi finit un schisme déplorable. Alexandre III, dont les historiens vantent la douceur et la clémence, fit grâce à tous ses ennemis, rentra à Rome, et gouverna glorieusement la chrétienté.
La réconciliation de l’empereur d’Allemagne avec le pape eut lieu par l’entremise de la république de Venise, et ce n’est pas le seul service que cette puissance rendit au monde chrétien. Il semble que cette opulente cité, comme celle de Gênes, dont les vaisseaux sillonnaient toutes les mers, avait un rôle important à remplir dans le grand drame des croisades. Les soldats de la croix trouvèrent, au jour nommé, des flottes prêtes à les transporter aux rivages de Syrie. L’avidité des marchands vénitiens et génois profana la sainteté de l’entreprise; lorsque leur mission fut accomplie, on vit la puissance des deux reines des mers décroître peu à peu, languir, tomber et disparaître.
Les doges furent longtemps l’âme de l’empire de Venise. On vit en eux plus d’une fois des caractères dignes des âges héroïques. Si quelques-uns cédèrent trop aisément aux suggestions d’une ambition démesurée, beaucoup d’autres surent courageusement résister aux séductions des conquêtes injustes et se sont acquis une réputation immortelle de modération et de
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probité. Cinq d’entre eux eurent leur sépulture à Saint- Marc. André Dandolo, mort en 1354, est le dernier qui eut cet honneur; son tombeau est situé dans la chapelle du Baptistère; les autres furent ensevelis dans diverses églises , on l’on voit leurs monuments.
r.es connaisseurs admirent les ornements du Baptistère et des autres chapelles, ouvrage d’artistes illustres; mais aucun ne mérite d’être comparé à la Pala (Voro, ou Icône Bijzantina. C’est un tableau d’autel en or, relevé de pierreries et d’émaux , exécuté à Constantinople en 976, par l’ordre du doge Pierre Orseolo; diverses restaurations, faites en 1105, 1209 et 1345, en ont altéré le caractère original En 1847, une dernière restauration fut exécutée par deux artistes vénitiens, l’oncle et le neveu, Favro et Burri. Les inscriptions sont les unes en grec, les autres en latin. Les figures scul[)tées représentent des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, des faits tirés de la vie de l’évangéliste saint Marc, et des traits curieux relatifs au doge Faliero et à l’impératrice Irène. Cette œuvre d’orfèvrerie estime des plus anciennes et des plus importantes qui existent. On peut la comparer aux riches autels en or de Saint-Ambroise à ^lilan, à la châsse des Grandes -Beliques à Aix-la-Chapelle, au reliquaire des Mages à Cologne, et à d’autres rares spécimens d’un art qui aAait créé jadis de nombreux cliefs-d’œuvre, dont la matière précieuse, en tentant la cupidité, a occasionné la ruine. L’autel d’or de Venise est recouvert d’un autre autel, exécuté en 1344, et qui n’est pas sans intérêt. Au-dessus règne un baldacpiin appuyé sur quatre
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colonnes, dont l’ensemble est j)lein de majesté et dont les détails sont d’nn liant intérêt archéologique, surtout les bas-reliefs , (jiie l’on regarde communément comme un Iravail dn siècle. Enfin, le maître-autel est accompagné de huit statues en bronze : les quatre évangélistes, par Sansovino, et les quatre docteurs, par G, Caliari. Nous devons mentionner l’ancien autel dn Saint-Sacrement, dont le baldacpiin est porté par quatre colonnes torses, dont deux sont en albâtre oriental, provenant, dit-on, dn temple de Jérusalem.
La porte en bronze de la sacristie est l’ouvrage de Sansovino, qui exerça son ciseau durant vingt années à l’exécution de cette belle pièce. Les compositions principales sont la Mort et la Résurrection de Notre-Seigneur. On y remarque les portraits de Titien , de l’Arétin, de Scamozzi, de Sammiclieli, de Palladio et de l’autenr, qui a écrit son nom sur un des panneaux. Le trésor était autrefois d’une richesse extrême; il a perdu quantité de pièces des plus précieuses en 1797 : on y conserve encore, entre autres reliques insignes, un fragment de la robe de Notre-Seigneur , de la terre imbibée de son sang sur le Calvaire, deux épines de sa couronne, un morceau de la vraie croix et des reliques de beaucoup de saints.
Aux yeux du vulgaire, qui se laisse ordinairement éblouir par ce qui brille, Saint-Marc de Venise, avec ses mosaïques à fond d’or et ses décorations étincelantes, est la pins belle église du monde. Des voyageurs distraits ou peu instruits, frappés de la lourdeur des constructions extérieures et de la singularité du plan.
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SAINT-MAUC.
ont écrit que la renommée avait exagéré la beauté de ce temple. Les hommes versés dans l’iiistoire des beauxarts admirent sincèrement le monument de Venise.
LES PLI S PELLES É(iLlSES PL MONDE
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CATHÉDRALE
DE FLORENCE
LORENCE , après Rome , est la patrie des beaux-arts. Les habitants de la Toscane ne sont pas moins renommés par l’élégance de leur langage que par ^ la pureté de leur goût b Aussi, combien
de chefs-d’œuvre sont dus à leur génie, soit dans les lettres, soit dans la peinture, pj. soit dans la sculpture! Qui ne connaît le (l nom de Dante , le chantre de la Divine Comédie; de Giotto, le régénérateur de l’art , jij chrétien, dont un élève prononçait ces paroles mémorables : <( Nous autres peintres, disciples deGiotto, nous nous occupons seulement à représenter
1 Tout le monde connaît l’espèce de proverbe qui vante la pureté de la langue italienne à Florence, et la perfection de la prononciation à Rome : (( La lingua toscaiia iii bocca romaiia. »