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catiiéduake
dos saints et des saintes sur les autels et les murs des églises, afin ((ue, par ce moyen, les hommes, au p;rand drpil des dénions, soient plus portés à la vertu et à la piété? » En quelle contrée du monde civilisé n’est pas parvenue la réputation d’Orgagna, qui mérita d’être apjielé le Michel -Ange de son siècle, à cause de son (aient supérieur dans toutes les branches des arts libéraux; du moine Jean de Fiesole, justement surnommé le peintre angélicpie ÿ de Ghirlandajo, l’auteur du fameux (al)leau représentant l’Adoration des Mages de Ghiberti; de Masaccio; d’André del Sarto; de Michel- Ange Ihionarroti?
Vers la fin du xuF siècle, lorsipie tant d’artistes des pieuses écoles de Sienne, de Florence, de Venise, de Hologne, de Ferrare et de FOmbrie avaient étonné l’Italie jiar le nombre et la beauté de leurs œuvres, tandis (pie des luttes intestines ravageaient les plus riches provinces situées au pied des Alpes , les Florentins conçurent le projet d’élever à l’honneur de la sainte Vierge un édifice (pii surjiassat en étendue et en splendeur tous les monuments connus. La fortune souriait à la république de Florence, dont la richesse et la puissance étaient parvenues à leur apogée. Des citoyens éclairés choisirent, au milieu des projets (pii se présentaient en foule, la construction d’une église comme le monument le plus propre à éterniser le souvenir de leur pros[)érité et de leurs sentiments chrétiens. Le plan du nouvel édilice lut mis au concours. La renommée apprit
' Ce t.'iMeau est à l’iiospicc des Iimocents, à Florence.
DE FLORENCE
à tous les artistes les grands desseins de la \ille de Florence, et stimula leur génie. La palme fut décernée à un architecte nommé Arnolfo. Suivant Vasari, dont les renseignements ne sont pas toujours certains, il s’appelait Arnolfo di Lapo, et il fut chargé de cette belle entreprise en 1298; mais, s’il faut en croire Molini, c’est Arnolfo di Cambio da Colle , qui commença les travaux dès 1294. Quoi qu’il en soit, les Florentins ont consacré à la mémoire du premier architecte du dôme une inscription qui mérite d’être rapportée. Au-dessous du l)uste en marbre (jui représente le célèbre Arnolfo, on lit: « Arnolfo, ayant reçu de la commune de Florence l’ordre de bâtir une cathédrale d’une telle magniOcence fpie jamais l’industrie humaine ne pût la surpasser, se montra, par l’élévation de son génie, au niveau des vastes desseins de ses concitoyens. »
ILLE HIC EST ARNLLPHCS QUI FACERE JUSSUS ÆÜIS METROPOLITANÆ
TANTA EX DECRETO COMMUNIS FLORENTINORUM MAGNIFICENTIA EXTRUENDÆ QUANTAM NULLA HOMINUM SUPERARE POSSET INUUSTRIA INGENTI CIVIUM AUSO OB ACIEM ANIMI INGENTEM PAREM SE PRÆBUIT.
La première pierre fut posée le 8 septembre, fête de la Nativité de la sainte Vierge. Ce fut un jour de
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niouissanco, lous les liahitants de Florence y prirent naît. N’est-cc pas nn touchant spectacle de voir la population entière se [iresser autour des magistrats et applaudira la pensée (pii inspirait un si noble ouvrage? Dès ce jour rédifice fut connu sous le vocable de Sainte- Marie-de-la- Fleur, Santa Maria ciel Fiore.
Quoicpie le plan conçu par Arnolfo ait été changé plus tard par Hrunelleschi pour Férection du dcune, on peut cependant se rendre compte de l’œuvre primitive. Arnolfo était assurément un homme d un genie hardi et inventif. Simon Memmi, dans une fresque de la salle capitulaire de Santa Maria Novella, a représenté la cathédrale de Florence d’après l’idée du premier architecte. Commencée longtemps avant la renaissance des arts en Italie, cette église est un des magnifi(pics ouvrages, l’honneur des maîtres (pi’on a dédaigneusement appelés barbares ou gothicpies. On peut la citer en exemple de ce cpie l’esprit chrétien du moyen âge était capable d’entreprendre, si un retour tro[) brusque
vers Fanti(piité n’eût pas arrêté son essor. Les architectes illustres qui ont attaché leur nom à tant de bâtiments dignes , par leur caractère grandiose , des Grecs et des Romains, ne négligèrent pas l’étude des modèles anciens dans les pays oii le temps les avait épargnés : ils montrèrent (pi’ils savaient observer, sans copier servilement leurs devanciers.
L’église métropolitaine de Florence offre un intérêt particulier dans l’histoire de l’architecture en Italie; ('lie porte les signes évidents des efforts tentés dans une voie noiivelh'. N’est~ce pas là le cachet cpie le génie
DI- KLORENCE.
imprime aux cliGis-d’œuvre? Dans le nord de l’Europe, à Paris, à Chartres, à Cologne, à Cantorhéry, des monuments gigantescpies, objet de l’admiration universelle , étaient déjà bâtis à la fin du xiiC siècle. Sans doute, d’échos en échos, le bruit de ces merveilles était arrivé jusqu’aux oreilles de rarchitecte florentin. L’église Santa Maria del Fiore est la plus ancienne des grandes constructions modernes de l’Jtalie; c’est nn mérite qu’il ne faut pas omettre d’indiquer.
La cathédrale de Florence a cent cin(|uante-un mètres de longueur, quarante mètres de largeur; la hauteur, depuis le pavé jusqu’au sommet de la croix , est de cent vingt- neuf mètres; la longueur du transsept est de quatre-vingt-douze mètres; la hauteur des voûtes de la nef principale est de (juarante-quatre mètres.
Depuis l’ouverture des travaux jusqu’à leur parfait achèvement, entre Arnolfo et Drunelleschi , plusieurs architectes de talent dirigèrent les opérations. L’histoire nous fait connaître, parmi eux, des hommes éminents, tels que Giotto, Taddeo Gaddi, André Orgagna et Filippo di Lorenzo. Architecte non moins ingénieux (pie peintre habile, Giotto donna le plan du campanile, (pi’il fit construire en partie. H fut l’ami de Dante; sa réputation alla toujours en croissant, et lorsqu’il mourut, ses compatriotes voulurent qu'il fût enseveli dans la cathédrale, où l’on voit son tombeau. On a dit que de son école, comme du cheval de Troie, sortit une armée de héros. Fidèles aux leçons de leurs maîtres, ses disciples contribuèrent à étendre son influence et sa gloire. Ce grand génie n’était pas logé dans un beau
corps, suivant la reinai*(iuc de Pétrarque; Giotlo était laid, ce (pie le poète regrettait vivement, considérant la beauté de son esprit
Taddco (iaddi excella dans Part de bâtir et dans Part (le peindre , comme Giotto, dont il fut le disciple. André Orgagna avait un génie non moins souple que distingué, comme on en voit la preuve dans le magnifique bâtiment (pi’on voit sur la place du Grand-Duc.
La construction du monument de Plorence éprouva des obstacles de plus d’un genre. On sait combien les lenteurs sont ordinairement lunesles aux œuvres d arcliilectiire. Jœ cbangenient de goût dans les arts porte trop souvent à altérer la conception primitive et occasionne des discordances. Ainsi, la façade bâtie par (liotto fut démolie en 1558, par les ordres de Benedetto Lguccione, dans l’intention de la remplacer par une construction plus conforme aux bons jirincipes. La prétention d’L'guccione n’est -elle jias celle de tous les artistes ([ui ont la manie de substituer des formes modernes aux formes anciennes dans une œuvre d'un autre âge? On ap|)orta si peu de précautions m (jtant les marbres précieux, les colonnes élégantes, les sculptures et tous les ornements dus au xiv*" siècle, ({iie de toute cette décoration il ne resta (|ue des débris, au rapport d’un écrivain contemjiorain. Pourquoi déploya-t-on alors tant de zèle à détruire, puiscpie la nouvelle façade, (‘ommencf'e en U)3G, fut bientôt abandonnée, pour r(‘ster dans le triste état où elle est encore actuellement?
1 Ei)h1,nd Fnmi/., lib. V, ej>. 17.
DE FLORENCE
En l i^O |),init Briinellesclii , ([iii devait attacher son nom d’nne manière si glorieuse à la construction de la coupole de la cathédrale de Florence. Cet artiste na(|iiil à Florence en 1377, et se lit d’abord iin nom dans la scid[)tiire. Peu flatté des succès qu’il y avait obtenus et qui l’avaient placé seulement au second rang, il (juitte subitement ses ateliers pour étudier l’architecture. Cette nouvelle carrière était hérissée de diflicidtés; Briinellesclii ne se laisse pas elFrayer. Il part pour Borne, en compagnie de Donatello, et, dans la ville éternelle , il se livre avec ardeur à l’étude des monuments antiques, dont les ruines jonchent le sol. C’est là qu’il conçoit la première idée d’unir, par une large coupole, les nefs de la cathédrale de Florence au centre du transsept : ce projet alors était regardé comme inexécutable. Après s’être fait remarquer à Rome par sa passion pour l’architecture, Briinellesclii revint à Florence en 1407, au moment où ses concitoyens avaient convoqué une assemblée d’architectes et d’ingénieurs pour délibérer sur les moyens les plus propres à assurer l’achèvement de la cathédrale. Il fut invité à donner son avis; mais on ne voit pas que cette assemblée ait rien décidé. Ce fut en 1420 seulement que l'œuvre fut reprise sérieusement. Il y eut, cette annéelà, une nouvelle réunion des plus habiles maîtres ès œuvres de maçonnerie , non-seulement de la Toscane et de la Lombardie, mais encore des pays situés au delà des Alpes. Briinellesclii s’y présenta pour faire connaître le plan qu’il avait imaginé. Il parla avec entraînement et même avec emphase du projet d’élever une
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glande coupole à l’entre -croisement des nefs. Il exposa avec assurance les moyens qui seraient enqiloyés à r(‘\ccntion de ce gigantesque édifice. îMais les membres de l’assemblée, se défiant de son enthousiasme, étaient loin de jiartager ses vues; jamais espace aussi considérable n’avait été couvert d’une seule voûte. Les citoyens chargés de prendre une résolution liésitaient , et semlilaient jieu favoraliles aux idées du hardi novateur. Brunelleschi , emporté par le feu de la discussion, irrité devoir scs projets dédaignés, commit de tels excès de parole, que les liuissiers furent conlraints de le jeter à la porte de la salle. Après cette scène déplorable, tout autre eût (juitté la partie. Brunelleschi, au contraire, par la conscience que le génie a de sa force , persévéra dans sa pensée; à la fin, il triompha quand tout semblait désespéré. Malgré la jalousie de ses rivaux, malgré les ditïicuKés sans cesse renaissantes que la défiance semait sous ses pas, l’architecte llorentin réussit à mener à bonne fin l’entreprise qu’on s’était plu à taxer de témérité. Avant d’expirer, en l ii(3, Brunelleschi eut le [ilaisir et la gloire de voir son œuvre achcAœe. La coupole était complète; il n’y manquait que la lanterne et la décoration intérieure, dont il avait composé les dessins. Ce fut un spectacle flatteur pour l’architecte lorsipi’il aperçut cette coupole, objet de tant de veilles, de soucis et de labeurs, dominer majestueusement tous les monuments de la cité. La coupole de Florence est octogone, et n’a pas moins de quarante -deux mètres de diamètre : elle dépasse d’environ deux mètres la largeur de celle de Saint-Pierre de Rome. Aucun édifice
DK FLOUKNCK.
(le iiiêine genre ne pouvait alors soutenir la comparaison. Les dômes de Saint-Marc, à Venise, et de Pise sont loin de l’égaler en grandeur et en simplicité. C’était un pas immense que l’art venait de faire dans la voie difficile du progrès. L’œuvre de Brunellesclu servit de modèle à Michel-Ange pour le dôme de Saint- Pierre; ce fier génie, saisi d’admiration et sentant l’impossibilité de surpasseï* le monument de Florence dans la basilique vaticane, s’écria: « Comme toi, je ne veux: mieux que toi , je ne puis. Corne te non vofjUoy meglio di le non posso. »
A ce triomphe des arts se joignent d’autres souvenirs plus glorieux encore pour la cathédrale de Florence. C’est dans l’enceinte de ce temple que se tinrent les séances fameuses du concile général où fut enfin signé le décret de réunion des Grecs et des Latins. Mais la mauvaise foi des Grecs en cette conjoncture, comme en beaucoup d’autres, en suscitant des troubles, empêcha l’Orient de profiter d’un accord qui eût rendu la vie à une Église jadis si tlorissante, mais depuis trop longtemps tombée en décadence. L’empereur de Constantinople parut sincère. Les cruels embarras de la politique, le manque de ressources, la perte successive des meilleures provinces, le succès des armées musulmanes, la perfidie et la trahison de ses sujets le forcèrent d’entrer dans une voie funeste qui aboutit aux plus effroyables catastrophes. Eugène IV, en cette affaire épineuse, se montra constamment le digne successeur des pontifes courageux qui gouvernèrent l’Église au milieu des siècles les plus agités. Il termina les sessions du concile de
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Florence en condamnant les tentatives schismatiques de rasseml)lée de Baie.
En entrant dans la catliédrale de Florence, le premier sentiment qn’on éprouve est plutôt la surprise que l’admiration. La nef est composée de ([iiatre immenses arcades on travées en ogive : les clefs des arcs sont saillantes et portent scnlptées les armoiries du pape et ('elles de la ville de Florence. L’enseml)le n’est pas dépourvu de majesté. Ajoutons qu’il règne dans l’enceinte lin demi - jour favorable à l’etTet des lignes simples de l’architectiire. La Inmière n’y pénètre qu’à travers des vi tranx liants en conlenr, exécutés, en 143 4, à Lubeck, par nn artiste florenlin. Nulle part on ne rencontre de verrières pins curieuses; certains ornements y sont ménagé si adroitement, ([ii’on les prendrait pour des pierres prtVienses. Ils furent exécutés d’après les dessins attribués à Ghibcrti et à Donatello.
L’intéricmr de la coupole est peint à fresque ]>ar Vasari et par son élève Zuccheri. On y a rejirésenlé le ciel ouvert avec h's chœurs des anges et des liienheureux. On y remanjue également les symlioles des dons de l’Esprit- Saint et la punition des damnés. Ces peintures ont été composées et exécutées sous Finnuence des poèmes de Danle. On est frappé du caractère a la fois grandiose et rude des personnages. L’avis des connaisseurs est partagé; mais généralement l’opinion n’a pas été tavoralile à Vasari. Lorscpie ces fresques furent découvertes pour la première fois, on entendit (tes huées et des sitïlets; les poètes en firent le sujet de leurs satires et de leurs cliansons. Son ouvrage intitulé :
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r?>.v des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens, lui fait plus d’honneur, (juoiqu’il s’y trouve de nombreuses imperfections.
Le maître-autel et le chœur sont placés sous la coupole. Cette disposition produit un excellent effet; elle indique clairement la destination de cette coupole. Derrière l’autel on aperçoit un groupe de marbre blanc représentant l'Ensevelissement du Sauveur. C’est le dernier ouvrage de Michel-Ange, qui n’eut pas le temps de l’achever. Ce maître illustre le destinait à orner son tombeau.
Non loin de là s’ouvre la sacristie, où l’on admire bon nombre d’œuvres d’art. Laurent de Médicis, surnommé le Macpiifique et le Père des lettres, s’y réfugia, le 29 avril 1 478, pour échapper au poignard des Pazzi. Il était petit-fds de Corne de Médicis, aulcur jUMncipal de la fortune extraordinaire de cette famille, qui exerça une inlluence si puissante sur les destinées de Florence, acquit d’immenses richesses et marcha l’égale des rois. N’avons-nous pas vu Catherine et Marie de Médicis, lilles de ces négociants de Florence, assises sur le trône de France et reines du plus beau royaume du monde? Le célèbre pape Léon X était hls de Laurent de Médicis. Les principaux membres de cette famille ont été ensevelis dans l’église Saint-Laurent ; on retrouve partout des monuments de leur munificence.
Cinq chapelles forment l’abside de l’église métropolitaine de Florence. Sous l’autel de la chapelle centrale reposent les restes de l’évêque saint Zénobe, (|ue la tradition fait descendre de l’infortunée reine de Pal-
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myre Zéiiüljie. Les reliques d’un autre pontife enrichissent la même église. Saint Antonin, archevêque de Florence, naquit dans cette ville en 1389; dès sa plus tendre jeunesse, il fut un modèle de piété, de douceur, de charité, de zèle, de simplicité. Lorsqu’il visitait son diocèse, une mnle composait tout son écpiipage. Quand ses ressources étaient épuisées et qu’il ne lui restait plus rien a donner aux ])auvres, il la vendait pour faire l’aumône. Des personnes riches et pieuses s’empressaient de l’acheter, pour avoir le plaisir de la rendre au saint archevêque. Ce trafic singulier et édifiant à la fois dura longtemps, et il fait également honneur au pasteur et aux diocésains. Saint Antonin n’est pas moins connu par sa science et sa sagesse; de son vivant il avait reçu le surnom d’Antonin le Conseiller, à cause du grand nombre de personnes qui avaient recours à ses lumières. Il assista au concile de Florence sur l’invitation spéciale dn souverain pontife, et ses connaissances théologi(jues y brillèrent du plus vif éclat. Durant la peste et la famine qui désolèrent la Toscane, il fit des prodiges pour arrêter ou adoucir les maux occasionnés ]>ar ces fléaux terribles. Il fonda, sous le vocable de Saint-Martin, un établissement destiné a secourir les pauvres honteux. Dieu seul connaît les misères (pi’il réussit à soulager ainsi! Il rendit Faîne le 2 mai 1 i59, en répétant sa maxime lavorite : « Servir Dieu , c’est régner. »
L étranger qui visite la cathédrale de Florence s’arrête comme malgré lui devant le portrait de Dante, placé par ordre de la république en 1465. Le poète y est représente* sous les traits et avec le costume que la gravure a
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rendus familiers à tous les amis de la littérature italienne. Dante Aligliieri, le prince des poètes, né à Florence en 1265, mourut à Ravenne en 1321 , à l’âge de cinquante- six ans. Sa vie fut très-agitée; il avait embrassé le parti des Gibelins, et se mêla beaucoup trop aux factions qui désolaient son pays. On montre encore à Florence le siège de pierre, près de la cathédrale, où il aimait à venir haljituellement rêver et causer; le peuple l’appelle il sasso di Dante, la pierre de Dante.
Parmi les autres monuments érigés à la mémoire de personnages distingués, nous devons citer celui de llawkwood, capitaine habile, qui rendit des services aux Florentins par sa bravoure et ses talents militaires. On l’a comparé à Turenne; mais il faut noter que la comparaison a été faite par un écrivain anglais. Son portrait a été peint par Paolo Uccelli. Les Italiens, qui ne pouvaient pas prononcer le nom de llawkwood, l’appelaient communément Jean Acuto, ou le Faucon du Bois, suivant F étymologie de son nom en anglais L
Marsile Ficin, chanoine de Florence, le restaurateur de la philosophie platonicienne , après avoir brillé par son savoir et son éloquence, mourut en 1499, et fut enseveli dans la cathédrale, aux frais du public. Sa réputation remplit toute l’Italie, et de nombreux disciples se pressaient autour de lui pour recueillir ses paroles. Les Médicis lui témoignèrent la plus grande estime.
Hawk, faucon; wood, bois.
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Qui pourrail traverser le dôme de Florence sans s’arrêter, an moins quelques instants, devant certains tableaux de l’école mystique, à laquelle l’art chrétien doit tant de charmantes créations? Au-dessus de la porte principale, Gaddo Gaddi a placé une délicieuse mosaïque représentant le couronnement de la sainte Vierge. Dans ce tableau respirent les sentiments de piété qui honorent les vieux maîtres italiens non moins que leurs naïves compositions. Oïi sont maintenant les artistes t|ui, comme Pietro Lorenzetti, écrivent au bas de leurs tableaux qu’ils les ont peints par dévotion , ou comme Gentile Bellini, (pi’/V.v sont enflammés de Vamour de la Croixdt Au moment oïi les traditions religieuses étaient partout aliandonnées, on vit une réaction, malheureusement de courte durée, s’o])érer à Florence par suite des ardentes prédications de Savonarole. Lorenzo di Credi, Fra Bartolomeo, Bidolfo Ghirlandajo montrèrent alors ce que peut le génie resté fidèle aux insj)irations chrétiennes; Ghirlandajo surtout eut le talent de relever ses compositions par un coloris suave et harmonieux. Dominique Ghirlandajo est l’auteur d’une mosaïque, estimée des connaisseurs, qu’on voit encadrée
1 Pietro Lorenzetti, qui florissait de 1317 à 1355, a signé un tableau charmant de la Madone, à Sienne, de la manière suivante : Opus Laurentii Pétri ; fecit oh suam devotionem. — Gentile Bellini, frère de Jean Bellini, a placé au bas de la Procession de la vraie Croix sur la place Saint - Marc , à Venise, l’inscription suivante : Gentilis Bellinus amore incensüs Crucis. 1496. — Le moine Jean de Fiesole, Fra Angelico, il Beato, le modèle des artistes chrétiens, se mettait à genoux pour faire les figures de Jésus -Christ et de la sainte Vierge; chaque fois qu’il eut à peindre Jésus en croix, son visage était inondé de larmes. « Non fece mai crocifisso, che non si baguasse le gote di lagrime.» (Vasari.)
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dans de fines sculptures gothiques, à l’extérieur de l’édifice, au-dessus de la seconde porte du nord
Si l’on veut jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’église archiépiscopale de Florence à l’extérieur, il faut se placer au sud-est. De là, le regard embrasse sans peine les lignes principales du monument, et se repose agréablement sur le dôme. On y jouit d’un spectacle vraiment imposant; et l’homme initié à la connaissance des principes du grand art de bâtir, y éprouve un vif sentiment d’admiration. La première impression s’accroît encore lorsqu’on analyse les différentes parties de ce vaste édifice. Tous les ornements sont délicatement sculptés; de fines colonnettes y prennent les formes les plus variées; de belles statues, des statuettes et des bas-reliefs y représentent dignement l’école florentine. Ajoutez à cela que les murailles extérieures sont entièrement revêtues de tables de marbre, dont les couleurs, adroitement combinées, produisent un effet pittoresque.
De la cathédrale dépendent le campanile et le baptistère. Le premier de ces édifices fut dessiné par Giotto, et commencé en 13 3T. Lorsque l’architecte en jeta les fondements, il se proposa de surpasser tout ce que les anciens avaient construit en ce genre. Ses efforts furent couronnés d’un plein succès. Le campanile de Florence est sans rival au monde. Du sommet devait s’élancer une flèche élégante de trente mètres environ de hauteur; la tour n’a pas moins de quatre-vingt- quatre mètres d’élévation; la croix se fût
1 Ghirlandajo appelait la mosaïque la vraie peininre pour !’ éternité.
CATIIÉDKALE
perdue dans les nuages à une liauteur de cent quatorze mètres. ïaddeo Gaddi , successeur de Giotto, supprima la flèche, dont on aperçoit la première assise sur la terrasse qui recouvre le clocher. On peut monter jusqu’à la galerie su[)érieure à l’aide d’un escalier de quatre cent quatorze degrés. De ce point élevé, on découvre un horizon immense. A vos pieds s’étendent palais , hôtels et logis somptueux; l’Arno déroule ses eaux tranquilles, à moins (jiie les pluies d’orage ne l’aient transformé en torrent impétueux; le palais Pitti, résidence du grandduc de Toscane, musée de chefs-d’œuvre, est accompagné de jardins enchantés; les lljfizi, véritable palais des beaux-arts, où sont entassés d’inestimables trésors de peinture, de sculj)ture, de mosanpies, de pierres fines et d’anticpiités; les Cascinc , avec leurs longues lignes de beaux arbres; plus loin, la crête des Apennins.
Les flancs du campanile sont garnis d’une quantité considéral)le de statues, de statuettes et de bas-reliefs. On y a représenté, à l’aide du ciseau, un j)oëme entier dont les pages en marbre sont formées des œuvres des artistes les plus célèl)res, tels qu’ André de Pise , Donatello, qui travaillait nrcc /irr/C;, et qui, dans l’extase de ses propres créations, s’adressant à une statue qu’il venait d’achever: « Parle, criait- il, car tu vis; » Jean Rossi; Luca délia Robbio, (pii excellait dans l’art de modeler les figurines en argile; et tant d’autres. Parmi ces sculptures admirables, ou remarque les principaux traits historiques de la Genèse; les beaux-arts et les sciences paraissent sous la figure des hommes de génie qui en sont la personnification: Phidias, Apelles,
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Orphée, Platon, Aristote, Ptolémée. La construction du campanile conta aux Florentins des sommes énormes; les frais de chaque mètre carré ne s’élevèrent pas, dit-on, à moins de mille florins.
Suivant un constant usage de ranticjuité ecclésiastique, toute église épiscopale eut un baptistère, où le baptême était administré solennellement la veille des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. On a conservé à Florence la louable coutume de porter au baptistère tous les enfants qui naissent dans la ville : aucune église paroissiale n’a de fonts baptismaux. Certains antiquaires prétendent (jue le baptistère de Florence remonte au vi‘‘ siècle , et (jue la fondation en est due à la pieuse Théodelinde, reine des Lombards. Quoi qu’il en soit , l’architecte chargé d’élever ce noble bâtiment connaissait le Panthéon d’Agrippa, qui lui servit de modèle. Comme à la Rotonde de Rome , le dôme du baptistère de Florence n’a de jour que par l’œil percé au centre de la voûte. Les murs extérieurs ont été couverts de tables de marbre à la fin du xiiC siècle, par les soins d’Arnolfo. Sans croire les antiquaires toscans, ({ui soutiennent que cet édifice fut dans le principe un temple consacré à Mars, nous n’adoptons pas davantage l’opinion de ceux qui veulent (pie ce fût la catliédrale primitive. Dante professait un attachement singulier pour ce vénérable monument de Florence, cpi’il appelle il mio bel san Giovanni ‘. Tout le monde a entendu parler de ces belles portes de
1 Mon beau Saint-Jean. { fnferno. xix, 17.)
CATllKDIULt: Dt: F LO KEN CE.
bronze, œuvre de Gbiberti, que Michel- Ange trouvait dignes d’ètre les portes du paradis. Les mosaïques qui décorent rintérieur du baptistère produisent un effet saisissant. Une lumière douce en fait ressortir harmonieusement les riches couleurs. La figure de Notre- Seigneur, placée au centre, semble attacher des regards perçants sur tous ceux qui pénètrent dans l’enceinte sacrée. L’image du Christ paraît ainsi présider l’assemblée des fidèles, et rappelle que le Sauveur est réellement présent dans le tabernacle.
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