‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 24 sur 84 · CAMPO-SANTO · texte numérisé non relu

CAMPO-SANTO

A ville de Pise, jadis si florissante et si agitée, la ville aux mille vaisseaux, la reine de la Méditerranée, maîtresse de la Sardaigne et d’une partie des côtes de la Syrie, montre aux voyageurs quatre monuments formant un groupe unique au monde, comme témoins de sa grandeur, de sa richesse et de sa puissance : la cathédrale., le campanile, le baptistère et le Campo-Santo. Calme aujourd’hui et presque silencieuse, la cité a perdu ses )\ navires, son commerce, son activité, son indépendance. Autour des édifices qui font son orgueil , règne la solitude ; les amis des arts viennent seuls l’interrompre. Sur la vaste place (pii les entoure on

CATHÉDRALE DE PISE

voit errer les étrangers attirés par la (loiiceur du climat, clierchant la santé à l’abri des apres vents du nord. Si l’on ne connaissait pas les immenses ressources dont jouissaient au moyen âge les républiques italiennes, et que multipliait une piété ardente , on concevrait ditïicilement comment une ville possédant à peine un territoire de cent vingt kilomètres de surface, eût été capable d’exécuter des ouvrages si gigantescpies. La cathédrale, dédiée à la sainte Vierge au milieu du XI® siècle, est à la fois un monument de la dévotion et de la valeur des citoyens. Elle fut fondée à la suite d’iin exploit fameux. En 1063, les Normands établissaient dans les fertiles provinces de l’Jtalie méridionale un empire non moins extraordinaire (pie celui de Guillaume le Compiérant dans la Grande- Hretagne. Les Pisans, ternis à leur secours, sous la conduite du consul Orlandi, remportèrent alors une victoire signalée sur les Sarrasins de Sicile, forcèrent le port de Palerme et s’emparèrent de six vaisseaux ennemis chargés de marchandises précieuses. Ce hardi fait d’armes affail)lit les pirates, dont les galères sillonnaient sans cesse la Méditei’ranée, et fut le coup le plus sensible porté aux ennemis du nom chrétien. La présence des disciples de Mahomet à la porte de l’Italie était une honte el une menace p(3ur le catholicisme.

A cette époque, l’architecture faisait de remarquables progrès dans toute l’Europe. En France, en Italie et en Angleterre, les Normands exercèrent une profonde influence sur ce grand art, auquel des destinées extraordinaires étaient prochainement réservées. Il faut le dire.

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