‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 31 sur 84 · BOURGES · texte numérisé non relu

BOURGES

furent entourées de murailles fortifiées. Jusque-là, Bourges, couiine Sens, Auxerre, Dijon, Beauvais, Tours, le Mans, était une ville ouverte, ou défendue à l’aide de simples palissades de terre et de fossés. Si les chroniqueurs disent que la maison de Léocadius était située près des murs de la cité, ils font attention uniquement à ce qui existait de leur temps, et leur récit était bien compris de leurs contemporains.

Vers la fin du viii'" siècle, l’église Saint-Étienne fut reconstruite et agrandie. La ville de Bourges acquit alors une dignité considérable; de métropole de la première ^Aquitaine , elle devint la capitale du royaume d’Aquitaine. Charlemagne créa ce nouveau royaume en faveur de son fils Louis le Débonnaire. Les États du jeune monarque s’étendaient jusqu’aux Pyrénées, et renfermaient les métropoles de Bourges, de Bordeaux, d’Auch, et même de Narbonne. La capitale vit accroître promptement sa puissance sous l’influence du génie organisateur de Charlemagne; l’archevêque de Bourges obtint la juridiction primatiale sur le vaste territoire soumis à l’autorité séculière. Le pape Adrien à la prière du plus grand prince de l’Occident, qui était sur le point de ceindre la couronne impériale, concéda la dignité de primat à l’archevêque Ermembert, qui prit en même temps le titre de patriarche L

Le pape Nicolas P% écrivant à l’archevêque Rodolphe de Turenne , lui reconnaît la qualité de primat et de patriarche. La primatie de Bourges, toutefois, eut de

^ Voyez Patrinrehium Bifun>e?ise.

la peine à se maintenir sur les riches métropoles (le r Aquitaine. Narbonne fit décider à Rome qu’elle n était pas soumise à Bourges à cause du titre patriarcal , ([ui ne donnait des droits que sur TAquitaine proprement dite. Le démembrement du royaume de Louis le Débonnaire changea les dispositions des autres cités. Auch ne tarda pas à se soustraire à l’autorité du primat; la jalousie des seigneurs temporels occasionna la rupture. Quand les rois d’Angleterre, par suite du fatal mariage d’Éléonorc d’Aquitaine avec Henri II, possédèrent le duché de Guienne, ils ne souffrirent pas que Bordeaux restât sous la dépendance de Bourges. Le roi de France soutint avec force les réclamations du primat. Le souverain pontife se prononça constamment en faveur du droit de l’archevêque de Bourges. A plusieurs reprises, le métropolitain de Bordeaux encourut les censures ecclésiasticpies pour avoir refusé de paraître aux conciles convoqués par le patriarche. Enfin , en 1308, Clément V prononça la séparation complète des deux métropoles, et atIVanchit Bordeaux de la juridiction de Bourges. Le pape n’avait pas oublié (ju’étant archevêque de Bordeaux, avant de monter sur le siège de saint Pierre, il avait été frappé d’excommunication par le primat de Bourges, qui voulait le contraindre à assister à une assemblée synodale. C’était, d’ailleurs, le meilleur moyen de mettre fin â des contestations qui duraient depuis plusieurs siècles. Clément V, en outre, voulait laisser un signe durable de son attachement à l’Église de Bordeaux, d’où il avait été porté sur le trône apostolique. Depuis ce moment, malgré les tentatives de

Page 1