‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 34 sur 84 · SAINTE-CHAPELLE HL PALVIS · texte numérisé non relu

SAINTE-CHAPELLE HL PALVIS

A PARIS

CATHÉDRALE DE REIMS

E milieu de la Seine, dans l’ile où se pressent les premiers monuments de l’antique cité de Paris, bien longtemps avant que les riches faubourgs eussent vu s’élever tant de magnifiques palais, de sonq)tueux hôtels, de vastes éditices où brillent les chefs-d’œuvre de l’art et les élégants produits de rindustrie, une tour haute et massive, couronnée de créneaux, dominait le cours tranquille du fleuve, servant à la fois de M manoir et de citadelle aux maîtres de la contrée. Aux époques agitées ipii forment le commencement de notre histoire, ce noir et fier donjon est propre à représenter l’état de la société, lorsipie le droit était si aisément méconnu et trop souvent remplacé par la

SAIME-CIIAPKLLE.

\ iolence. J.es [)lus anciennes chroniques nous y montrent la douce et nol)le ligure de sainte Clotilde , an moment oii les tristesses du veuvage la portèrent à chercher un asile à l’ombre du cloître de Saint -Martin de Tours. Après la retraite de cette princesse, un long silence règne autour du manoir royal, comme autour d’un tomheau; il ne sera interrompu qu’aux jours du triomphe de la féodalité. La tour de la Cité devient alors le centre de cette organisation nouvelle, d’al)ord pour le comté de Paris, ensuite pour la France entière; la tour du [.ouvre n’existait pas encore. Derrière les murs épais de celte forteresse s’établirent les comtes de Paris et les ducs de France; au pied de ce rempart, la vaillante race de Robert le Fort lit son a|)prentissage au trône en sauvant Paris des horreurs de l’anarchie et de la fureur des hordes normandes.

Quand le fondateur d’une dynastie nouvelle, Hugues Ca[)et, descendit dans la tombe, la tour de la Cité était encore un poste militaire, et non un palais. Son fils Robert, s’il faut en croire la chronicpie, la remplaça par un édifice admirable, digne de la majesté d’un roi. Robert était un prince instruit, il aimait et cultivait les lettres. A l’exemple de Charlemagne, il favorisait le progrès des sciences et récompensait généreusement les savants. Comme le grand empereur, il se plaisait aux mélodies religieuses du plain-chant. Plusieurs fois on le vit, la couronne en tête, le sceptre en main, revêtu de la chape, diriger au lutrin le chant et la psalmodie. Le règne de Robert le Pieux fut marqué par une véritable renaissance dont les monuments nomlireux sont

PA Kl s.

arrivps jiiscprà nous. La chapelle Saint-Nicolas, bâtie par ce prince, disparut pour faire place à la Sainte- Chapelle; mais il nous reste assez d’édifices fondés dans les premières années du xC siècle, pour attester la hardiesse des tentatives, la grandeur des efforts et les progrès réels qui furent alors accomplis.

Jusqu’au xiv® siècle, les rois continuèrent de résider dans la Cité. Philippe -Auguste lui-même, qui fit consti’uire la tour du Louvre, ne renonça pas au manoir de ses ancêtres. Il ne faudrait pas croire d’ailleurs que le Louvre du vainqueur de Bouvines ressemblât en rien à ce palais enchanté que nous admirons aujoui*d’hui , el qui, après avoir donné abri à des têtes royales, prête asile aux chefs-d’œuvre du génie.

Le nom de saint Louis remplit toujours le palais de la Cité. « Saint Louis est l’homme modèle du moyeu âge, dit Chateaubriand : c’est un législateur, un héros et un saint. Dans les jardins baignés par les eaux de la Seine comme sous le chêne de Vincennes, le sire de Joinville nous montre ce pieux monarque donnant audience et rendant des arrêts en plein air. « Je le vy aulcunes fois en esté, dit son historien, que, pour délivrer sa gent, il venoit au jardin de Paris, une cotte de camelot vestu , un surcot de tiretaine sans manches, un manteau de cendal noir autour son col, moult bien peigné et sans coife, et un chapel de paon blanc sur sa teste; et faisoit estendre tapis pour nous seoir entour ly, et tout le peuple qui avoit affaire par devant ly, et lors il les faisoit délivrer en la manière que je vous ay dy devant du bois de Vinciennes. »> Les jardins du palais

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