‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 36 sur 84 · AI · texte numérisé non relu

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(leinciirerail; déposé dans l’église des Vénitiens à Conslantinople; cpi’après un délai de quatre mois, si les sommes prêtées n’étaient })as restituées, elle serait Iransférée à Venise; et qn’nn peu pins tard, à défant de paiement, elle serait la propriété de ceux qui avaient prêté l’argent.

Lorsque les députés français débarquèrent a Constanlinoj)le, le dépôt sacré n’avait pas encore été transporté à Venise. Le terme fixé par le traité était expiré; mais les deux religieux étaient munis de pleins pouvoirs , ils i*éussirent à lever les obstacles. Sur les ordres de Baudouin et sur les promesses de Louis IX , il fut arrêté que les moines recevraient la sainte couronne, et qu’ils la porteraient eux -mêmes à Venise, accompagnés de plusieurs seigneurs français et vénitiens. Dès que le roi aurait remboursé l’argent, ils seraient en pleine possession de cette relique vénérable.

Des historiens racontent que les habitants de Constantinople témoignèrent leurs regrets par leurs larmes, et (pi’ils suivirent pieusement la sainte relique jusqu’au bord de la mer; leurs regards ne pouvaient se détacher du navire ipii l’emportait, et ils quittèrent le rivage seulement lorsque les voiles eurent entièrement disparu à l’horizon.

Saint Louis fit payer sans délai aux Vénitiens les deniers auxquels ils avaient droit, et reçut bientôt la récompense de son zèle et de sa libéralité. Les députés ne tardèrent pas a rentrer en France. Arrivés àïroyes, ils j)révinrent le roi, (jui s’empressa d’accourir au-devant du trésor qu’il venait d’accpiérir. Le prince se fit accom-

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SALNT K -CH A PELLE.

pagner de la reine Blanche de Castille, sa mère, de ses frères, de plusieurs prélats et des principaux courtisans. Ce fut merveille de voir tant de liants personnages serrer leurs rangs et former cortège autour de la sainte relique. Le iO août 1239, à Yille-Neuve-r Archevêque, à vingt kilomètres environ de Sens, le monarque vérifia Fétat des sceaux et les actes qui attestaient Fauthenticité du dépôt. Toutes les pièces furent reconnues sincères. L’archevêque de Sens, présent à la cérémonie, rapporte cpFil est impossible de concevoir comliien le roi , la reine et les autres témoins, poussèrent de soupirs et répandirent de larmes par l’impression religieuse que ce spectacle excitait en leur âme. A la vue de cette couronne d’ignominie, plus précieuse que toutes les couronnes resplendissantes de pierreries, les cœurs éclataient en sanglots : elle rappelait vivement l’adorable mystère d’un Dieu souffrant pour le salut des hommes. La chasse extérieure était de bois, et renfermait la boîte d’argent contenant le vase (For pur où reposait la sainte coui’onne.

Le lendemain, le roi se fit un devoir de porter luimême dans les rues de Sens le précieux fardeau , dont il ne voulut partager le poids qu’avec son frère aîné, Bobert, comte d’Artois. Les deux princes marchaient nu-pieds et déjHmillés de tout ornement. Les seigneurs suivaient dans un profond recneillement, et la foule accourue de tous côtés, ordinairement si agitée et si bruyante, était silencieuse et émue. La ville de Sens était parée avec la plus grande recherche partout où devait défiler le [)ieux cortège. Celte procession fut une

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marche triompiiale jusqu’à l’église métropolitaine, où le reliquaire lut place au milieu de lampes ardentes.

Lorsque la couronne fut transportée à Paris , elle y fut reçue avec une pompe plus majestueuse et plus imposante encore que celle qui venait d’être déployée dans l’ancienne capitale de la quatrième province Lyonnaise. Le clergé séculier et régulier se porta au-devant de la relique jusqu'à la porte de l’abbaye Saint-Antoine, où les prélats la découvrirent aux yeux de la multitude. La population de Paris et des villes voisines s’était assemblée dans ce quartier. Au moment où la couronne douloureuse de .Tésus-Christ apparut aux regards, tous les fronts s’inclinèrent dans la poussière.

I.a sainte couronne fut déposée dans la chapelle du palais. Deux ans après, Louis IX reçut encore de Baudouin d’autres reliques du plus grand prix : c'étaient un fragment considéral)le de la vraie croix, le fer de la lance qui ouvrit le côté du Sauveur, et un morceau de l’éponge dont se servirent les soldats pour le désaltérer dans son agonie. Ces monuments des souffrances d’un Dieu furent également l’objet de pieuses démonstrations, et tous furent réunis dans le même sanctuaire. C’est alors que saint Louis conçut le dessein de bâtir la Sainte-Chapelle , et d’en faire un édifice digne du trésor qui allait y être conservé. Les vœux du roi s’accomplirent, et l’on vit briller cette perle de l’art gothique, dont la beauté délicate a excité l’admiration dans tous les temps, même de ceux qui méconnurent le caractère original, grandiose et pittoresque de nos cathédrales du Mii‘‘ siècle.

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