‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 39 sur 84 · II. Mi Jim · texte numérisé non relu

II. Mi Jim

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SAINT-DENIS

N « voyait autrefois, près de Paris, * des sépultures fameuses entre les sé])ultures des hommes. Les étrangers venaient en foule visiter les merveilles de Saint -Denis. Ils y puisaient une profonde vénération pour la France, et s’en retournaient en disant en dedans d’eux-mêmes, comme saint Grégoire : « Ce royaume est réellement le plus grand parmi les nations. » Mais il s’est élevé un vent de la Colère autour de rédifice de la Mort; les flots des peuples ont été poussés sur lui, et les hommes étonnés se demandent encore comment le temple (VAmmon a disparu sous les sables des déserts.

« L’ahbaye gothique où se rassemblaient ces grands vassaux de la mort ne manquait point de gloire : les richesses de la France étaient à ses portes; la Seine passait à l’extrémité de sa plaine; cent endroits cé-

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lè[)i*es remplissaient, à quelque distance, tous les sites (le beaux noms, tous les champs de beaux souvenirs b » Maigre les profanations et les ruines dont s’est rendue coupable la plus horrible année des fastes révolutionnaires, Saint-Denis n’a point perdu le prestige des vieux et nobles souvenirs. Chaque jour encore les étrangers se pressent sous les voûtes de cette basilique, descendent dans les cryptes, et foulent avec émotion cette terre mélangée de la poussière des plus puissants rois du monde. Qui d’entre nous, fidèle du moins au culte des grandeurs de la patrie, pour ne pas dire attiré par la reconnaissance, n’est pas descendu pieusement dans ces caveaux funèbres où sont venues dormir tant de générations de rois? Quicoiupie a parcouru nos annales, témoin, dans ces pages glorieuses, des grandes choses (pi’d a plu à la Providence d’accomplir par nos ancêtres, |)lein d’admiration ou touché jusqu’aux larmes au spectacle des nobles vertus, de la vaillance chevaleresque, de la générosité, de la bonne foi, des succès et parfois des revers dus à notre bouillante ardeur, et de ces immortels exploits (pii ont à jamais illustré le nom français, peut- il rester froid au milieu des tombes des hls de Clovis et de saint Louis, et passer avec indifférence à côté du sépulcre de ce serviteur de saint Louis dont Joinville disait : « Messire Pierre Chambellan fut le plus loïal homme et le plus droicturier que je veisse oncques en la maison du roy; » de du Guesclin, le plus habile et le plus heureux capitaine de notre vieille

( Cliateaubriand, Génie du christianisme , IV^ part., chap. ix.

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histoire; de Turenne , dont le nom sera toujours synonyme de bravoure, et qui mérita la réputation d’être le plus grand héros dans un siècle fertile en héros?

Saint- Denis fut d’abord un petit hameau qui devait son nom à une dame chrétienne nommée Catulle, s’il faut en croire Hilduin, auteur du ix^ siècle. Comme les femmes courageuses de Rome dont l’histoire a vanté les pieux artifices, et qui bravaient les dangers et la mort même pour recueillir le sang des martyrs, Catulle enleva les corps de saint Denis, premier évêque de Paris, du prêtre Rustique et du diacre Eleuthère, ses compagnons, revêtus de la pourpre royale du martyre , et les ensevelit en cachette au milieu d’un champ (jui lui appartenait. Un modeste tombeau recouvrit la dépouille mortelle des serviteurs de Dieu. Une basilique ne tarda pas à s’élever au-dessus, et avant l’invasion des Francs elle était célèbre par l’afRuence des fidèles, les miracles qui s’y opéraient, et les riches ornements que la reconnaissance y avait accumulés. Au v*" siècle, sainte Geneviève fit rebâtir ce temple, dont saint Grégoire de Tours loue la magnificence. Dès lors quelques moines y célébraient l’office divin, et, comme à Saint- Martin de Tours, jetaient les fondements d’un des établissements les plus célèbres de la chrétienté, d’où devaient sortir tant de saints et puissants personnages.

La magnificence de ces deux églises fut éclipsée par celle que déploya Dagobert U'' dans le superbe monument qu’il érigea vers l’an 630. Le roi consacra des sommes considérables à la décoration intérieure de l’édifice; il y fit transporter à grands frais des colonnes

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(le marbre, fit fondre des portes de bronze, donna des tapis soinptueiix et des vases d’or rehaussés de pierreries. Saint Éloi cisela de ses mains la châsse des martyrs et la croix d’or placée à l’entrée du sanctuaire. Le travail de l’artiste égalait le prix de la matière. Les chroniqueurs ne tarissent pas d’éloges quand ils parlent de la libéralité du prince et de l’habileté de son digne ministre. Le monastère fut agrandi et doté royalement, en sorte que Dagobert mérita le titre de fondateur de l’abbaye de Saint -Denis. Plusieurs privilèges en augmentèrent l’importance, à ce point que de nombreuses habitations se groupèrent au tour des cellules des moines, et qu’avant la mort de Dagobert elles constituaient un bourg, qui se transforma insensiblement en ville. Telle fut la réputation de la basilique, dont les ornements surpassaient tout ce que l’imagination naïve du peuple pouvait se figurer, qu’une légende merveilleuse racontait que Jésus-Christ en personne, entouré de la cour céleste, était venu célébrer la dédicace. On montre toujours dans une des chapelles l’endroit par où le divin Pontife passa avec sa brillante escorte \

Après avoir reçu Ponction royale des mains du pape Etienne II, avec la reine Berthe et ses deux fils, le roi Pépin entreprit de rebâtir l’église Saint-Denis, et, comme les grands desseins souriaient à son génie hardi, il résolut de faire oublier l’œuvre du prince mérovingien par un ouvrage plus merveilleux encore. La dynastie

1 Voyez D. Félibieii et D. Doublet, Ilist. de VAhhmje de Snmt - Denis ; D. Du Breul, Antiq. de Paris; D. Germ.aiii Millet, le Trésor de Saint-Denis.

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carlovingienne inaugurait ainsi sou avènement et son goût pour les constructions religieuses. Charlemagne acheva l’édifice, et le fit consacrer en 775.

L’histoire garde le silence sur les travaux qui furent exécutés à Saint-Denis depuis cette époque jusqu'à celle de l’abbé Suger; mais l’archéologie reconnaît sans peine les restes d’une restauration considérable, peut-être même d’une reconstruction qui eut lien au \f siècle. Les bâtiments de l’église et de l’abbaye furent probablement relevés après les désastres occasionnés par les invasions des Normands, et les guerres intestines qui désolèrent le royaume sous le règne des faibles descendants du grand empereur d'Occident. L’architecture de la partie centrale de la crypte , avec des arcs en plein cintre et les chapiteaux historiés des colonnes, montre évidemment la main des artistes qui fleurirent du temps des premiers successeurs de Hugues Capet. Le monument de Dagobert et celui de Charlemagne n’ont laissé de leur beauté tant prônée qu’un petit nombre de colonnes et de chapiteaux de marbre, restés debout le long des murs de la crypte.

En 1137, tandis que tout le royaume était en mouvement pour la guerre de Gascogne, et que la nol)lesse française accourait de toutes parts pour accompagner le roi dans cette expédition, Suger se retira à l’abbaye de Saint-Denis. Le prudent ministre n’approuvait pas le dessein de s’emparer du comté de Toulouse ; il prévoyait les embarras d’une campagne lointaine et la résistance qu’on opposerait à une agression dont la justice n’était pas évidente. Mais Louis le Jeune se laissa

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séduire par les sollicilalions d’Éléonore d’Aquitaine, qu’il venait d’épouser. Cette princesse avait des prétentions sur la Gascogne; et, en outre, les courtisans, au début d’un nouveau règne, llattaient les projets and)itieux d’un monarque inexpérimenté, espérant accroître leur fortune ou leur influence à la faveur du désordre de la guerre. L’issue funeste de cette entreprise ne servit (pi’à rehausser la sagesse de l’abbé de Saint- Denis. Suger profita des moments de loisir que lui procura l’éloignement du roi, pour exécuter un dessein qu’il avait conçu depuis plusieurs années. L’église abbatiale était trop jietite pour contenir l’aflluence du peuple aux jours de solennité. Il en résultait de graves désordres; car le chœur des moines était envahi par des séculiers, hommes et femmes, qui portaient jusqu’aux degrés du sanctuaire les préoccupations du monde, et troublaient la célébration de l’oflice divin.

Suger mit dans l’exécution de cette entreprise la grandeur de vues qu’il portait dans toutes les affaires, et l’activité qu’il déployait ordinairement au service de l’Etat. Suger, comme saint Bernard, montre que le cloître peut fortement tremper le génie. Après avoir tracé lui-même les plans de fédillce, Suger lit venir de toutes les provinces du royaume les plus habiles ouvriers : architectes, charpentiers, peintres, sculpteurs, graveurs, fondeurs, orfèvres. Il résolut même d’envoyer à Rome chercher des colonnes de marbre. L’Italie lui avait laissé entrevoir dans ses monuments de marbre, couverts de dorures et de peintures, une magnificence ignorée chez nous. Deux voyages l’avaient conduit dans

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la capitale du inonde chrétien, et son imagination avait été vivement frappée à l’aspect des basiliques enrichies des dépouilles des pins superbes monuments de l’antiquité. Cette idée cependant ne reçut aucune exécution. Le monument fut édifié seulement avec les matériaux du pays : les pierres furent tirées d’une carrière située aux environs de Pontoise, et pour les charpentes on choisit les plus beaux arbres des forets appartenant à l’abbaye.

L’onvrage commença par l’entrée de l’église. Charlemagne y avait bâti un portique d’une structure peu élégante. L’intention de l’empereur était d’abriter les restes de son père, et de rendre hommage à sa mémoire. Pépin avait voulu être enterré en dehors de l’enceinte sacrée; il avait ordonné, en outre, que son corps fût placé la face contre terre, voulant, disait-il, dans cette humble posture et prosterné à la porte de l’église, faire amende honorable pour les excès commis par Charles Martel. Les ossements du roi Pépin furent transférés en un lieu convenable. Les lourdes maçonneries du ix^ siècle furent renversées, et à la place s’élevèrent trois portes larges et ornées, surmontées de tours. Le ministre, initié à tous les secrets de la politique, prévoyant les luttes que la féodalité ne manquerait pas de soutenir contre les tendances vraiment nationales de la royauté, voulut que les tours du portail s’arrêtassent à une certaine hauteur, et qu’elles fussent garnies de parapets et de créneaux, comme le donjon d'une forteresse. C’était, dit naïvement le chroniqueur, une défense en temps de guerre et un ornement en temps de paix. Les

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Stimuler le zèle des ouvriers. Le nerf des grandes entreprises à la guerre, en architecture et pour les beaux-arts, c’est l’argent : Suger prodiguait largent. Aussi, en 1144, tout était-il fini, et « dans un estât d’entière perfection. » La seconde dédicace fut encore plus pompeuse (pie la première. Nous en rapporterons les circonstances principales, que nous empruntons à la Vie de Suger, pour donner quelque idée de ces cérémonies dont les historiens nous vantent sans cesse la splendeur L La cérémonie fut fixée au dimanche 11 juin 1144, fête de l’apijtre saint Barnahé.

Dès la veille, le roi se rendit à Saint -Denis avec la reine son épouse, la reine sa mère, grand nombre de prélats et de seigneurs français et étrangers, suivis d’une prodigieuse afïluence de peuple. Près de la porte du chœur, sous un dais fort riche, avaient été réunies les châsses les plus précieuses du trésor : ce reposoir était étincelant d’or, d’argent, de perles et de pierreries. La veille, le clergé chanta l’office de matines devant ces reliques, et prolongea les prières jusque fort avant dans la nuit. Dès la pointe du jour, le lendemain, les prélats, revêtus de leurs habits pontilicaux, bénirent l’eau qui devait servir aux aspersions, et commencèrent plusieurs processions à l’extérieur de l’édifice, chantant des psaumes et répandant l’eau lustrale en abondance. Le prince suivait ces processions : on remarquait son visage empreint d’une teinte de tristesse, au souvenir, sans doute, des malheurs causés par la guerre qu’il ve-

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naît de [)orter dans les États du comte de Cliam[)agne, et des crimes que l’emportement de la lutte lui avait fait commettre.

J.e princi[)al ouvrape de Suger, le plus digne de sa pieté et de sa générosité, était une grande chapelle qu’il avait fait bâtir sur l’ancien caveau où reposaient les corps de saint Denis et de ses compagnons. Elle était destinée à contenir désormais ces précieuses reliques ; aussi y avait -il fait placer une châsse en forme de tombeau, de la plus grande richesse, avec un autel dédié à ces saints martyrs. Descendus dans la crypte, tous se prosternèrent, saisis de frayeur à la vue de ces dépouilles vénérables, devant lesquelles tant de prodiges s’étaient opérés depuis huit siècles. Elles se trouvaient enfermées dans de petites châsses d’argent en forme de cercueil , ({ue le roi Dagobert avait fait exécuter à l’époque de la première translation solennelle. Un ai*chevêque les remit aux prélats; le roi reçut celle de saint Denis. Le prince marchait en tête de la procession, autour des cloîtres, au son des voix et des instruments, tandis que les évêques et les principaux seigneurs venaient à sa rencontre, après avoir pris entre leurs bras les reliquaires déposés à l’entrée du chœur. C’étaient, pour ainsi dire, les autres bienheureux qui venaient faire cortège à l’apôtre de Paris et au patron du nouveau temple. Lorsque le roi fut entré dans la chapelle, tout étincelante d’or, de marbre, de porphyre et d’azur, les reliques de saint Denis y furent déposées avec respect. Comment décrire convenablement le retable d’or qui attirait les regards vers l’ouverture par où l’on pouvait

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apercevoir la cliàsse? Ce retable d’or, pesant quarantedeux marcs, était couvert de saphirs, de rubis, d’hyacinthes, d’émeraudes et de topazes. Suger ne cessa, dans la suite, d’augmenter le nombre de ces pierres précieuses; il en achetait sans s’inquiéter de la dépense, et, un jour, il en acquit plusieurs de la plus rare beauté, (pie les moines de Cîteaux lui vendirent cinq cents livres environ \

En E219, le 9 septembre, lendemain de la Nativité de la sainte Vierge, la foudre consuma la flèche en charpente qui couronnait la tour septentrionale du porlail. La nef fut violemment ébranlée par le tonnerre; vers 1230, elle menaçait ruine. L’abside même ne paraissait pas solide. Saint Louis et la reine Blanche, sa mère, engagèrent l’abbé Eudes Clément à rebâtir rédifice, et contribuèrent à la majeure partie des frais. Eudes ne vit pas la fin des travaux ; ce fut Matthieu de Vendôme qui les acheva. Le premier avait restauré la façade et l’abside, le second termina la façade et le transsept. Les chapelles de la nef furent successivement ajoutées dans le cours du xiv^" siècle.

Lorsque la révolution vint frapper à la {lorte de la riche abbatiale de Saint-Denis, la dignité d’abbé était supprimée depuis (piekpie temps. Louis XIV en avait attribué les revenus à la maison de Saint-Cyr, où M"‘® de Maintenon faisait des essais d’éducation religieuse et aristocratique restés célèbres dans l'iiistoire. Depuis

1 M. Viollet-le-Duc, à l’article Autel de son Dictionnaire d’architecture , a restitué cet autel, d’après les textes, avec beaucoup de goût et de sagacité.

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Dodon, [)rpinier ahl)é de Saint-Denis, qui \ ivail en (>^7, jusqu’à Jean-Franeois-Panl de Gondi , cardinal de Hetz, qui en fut le dernier, soixante-treize abbés ont gouverné le monastère. Les plus connus sont: Fnlrad, Hilduin, Snger, Eudes Clément, Matthieu de Vendôme, l’emperenr Charles le Chauve, les rois Eudes, Robert, Hugues Capet, les cardinaux de Rourbon, de Lorraine, de Guise, Mazarin, et le fameux coadjuteur, si célèbre [)ar ses exploits, ses Mémoires et sa pénitence.

Le plan de l’église est en forme de croix latine, et offre les dimensions suivantes :

Longueur dans œuvre. . . . 108'“

Largeur 37“'

Longueur du Iranssepl. . . 39'“ 30

Hauteur de la voûte. ... 29'"

Un œil exercé n’a pas de peine à distinguer les curieuses sculptures exécutées, par ordre de Suger, an portail principal. Malgré des mutilations déplorables, les connaisseurs y admirent une suite de sujets dignes de figurer au premier rang parmi les plus intéressants modèles de l’iconographie chrétienne. Les deux premières travées à la suite du portail , formant une espèce de vestibule intérieur, sont un reste du monument du xiF siècle. La nef, bâtie sous saint Louis et Philippe le Hardi, a huit travées et des ailes; mais la partie la plus élégante est, sans contredit, l’abside et les chapelles qui Fentourent. En plus d'un endroit on retrouve le travail de Suger, sur lequel celui du xiiF siècle est venu se grelfer, s’il est permis d’employer cette expression.

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Comme un arbre vigoureux dont les années affaiblissent la sève avant d’altérer la beauté du feuillage et la saveur des fruits, ainsi le vieil édifice de Suger avait subi prématurément l’injure des ans sans perdre le caractère qui jadis avait excité l’admiration générale. Aujourd’hui encore, à l’extérieur surtout, les archéologues regardent avec plaisir cette structure, ferme sans lourdeur, ornée sans afféterie. Tout le chevet de l’église est exhaussé sur un grand nombre de marches, à cause de la crypte qui s’étend au-dessous. La décoration du maître-autel, de l’abside et des chapelles, a été renouvelée; nous n’en dirons rien, (|uoi(|u’on y remarque plusieurs sculptures du plus haut intérêt, j)rovenant du musée des monuments français; nous avons hâte d’arriver aux sépultures royales.

Clovis fut enseveli dans l’église des Saints-Apôtres, qu’il avait fondée après la bataille de Tolbiac, et qui reçut par la suite le nom de Sainte -Geneviève. Les rois ses successeurs furent inhumés dans diverses églises jusqu’au règne de Dagobert. A partir du viC siècle, l’église Saint- Deuis devint le tombeau des rois. Dagobert L% sa femme Nanthilde, son beau-frère Landégesile, ses fils, Sigebert II et Clovis II, y furent inhumés. Charles-Martel, Pépin et Berthe, Carloman, frère de Charlemagne, Charles le Chauve et Ermentrude, Louis et Carloman , fils de Louis le Bègue , le roi Eudes , qui repoussa les Normands , vinrent successivement y chercher une tombe. Charlemagne voulut reposer sous le dôme d’Aix-la-Chapelle. La race de ce grand empereur occupa les trônes de l’Europe presque entière; elle a

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