E WESTMINSTER
de s'introduire à Westminster, il lit venir un al)l)6 de Fleiiry-snr-Loire, au diocèse d’Orléans, parce que ce monastère avait alors la réputation de pratiquer dans la perfection la règle de Saint-Benoît.
L’œuvre de saint Dunstan et du roi Edgar dura jusqu’au milieu du \f siècle. A cette é[)oque, l’ahhaye fut reconstruite par saint Edouard le Confesseur. Ce prince occupa dignement le trône d’Angleterre de[)uis 1050 juseju’à 1065. Sur le point de ceindre son front de la couronne , il déclara hautement qu’il était prêt à y renoncer, si pour l’obtenir il fallait verser le sang d’un seul homme : parole digne de n’être jamais oubliée. Aussi vaillant ca])i laine que sage administrateur, Édouard , forcé de prendre les armes , remj)orta plusieurs victoires, et au sein de la paix il favorisa les arts utiles, diminua les impôts, corrigea les abus, réforma les lois, fit rendre à tous bonne et [)iompte justice, ne laissa rien à l’arbitraire des juges, se montrant unupiement préoccupé du l)onheui* de ses sujets. Jamais prince n’obtint an même degré l’estime, la confiance et l’amour de son peuple.
Durant son exil en Normandie, après qu’un traître eut assassiné le roi Edmond, surnommé Côte-de-Fer, il avait fait vœu d’aller en pèlerinage au tombeau de saint Pierre, à Rome, si Dieu mettait fin aux malheurs de sa famille. Voyant son royaume pacifié et toutes choses dans un état pros|)ère, il crut devoir accomplir sa promesse, et se disposa à visiter la capitale du monde chrétien. Mais les seigneurs lui représentèrent si vivement les maux que son absence pouvait occasionner à
ABBAYE
la nation, qu’il renonça sur-le-chainp à son projet. Pour satisfaire sa dévotion, et d’après le conseil du pape l.éon IX , ([ui gouvernait alors l’Église , il distribua d’abondantes aumônes aux pauvres, et résolut de rebâtir l’abbaye de Westminster, consacrée à Dieu sous le vocable de saint Pierre.
Saint Édouard ne négligea rien pour rendre ce monument digne de la grandeur de l’Angleterre et de ses propres sentiments. Il choisit un style d’architecture (|ui pût frapper tous les regards par sa richesse et par sa nouveauté \ L’exécution répondit entièrement à son attente, et, suivant ce que nous apprend dans sa chronique Matthieu Paris, moine bénédictin de Saint-Alban , l’admiration fut si générale, (jue l’église de Westminster servit de modèle à toutes les constructions de même genre. L’ouvrage fut poussé avec ardeur. Le monarque anglais ne regardait nullement à la dépense; d’une main libérale il donnait toutes les sommes nécessaires à l’avancement des travaux. Enfin, le î2o décembre 1065, fête de Noël , la dédicace du temple eut lieu en présence du roi et des jirincipaux membres du clergé et de la noblesse. La cérémonie s’accomplit avec un éclat extraordinaire. Quoique déjà malade , le prince voulut assister à la solennité. Il signa l’acte de fondation, où sont énumérés les dons qu’il offrit à l’abbaye, et il fil insérer à la fin de terribles imprécations contre ceux
1 « Sepultiis est ( Edwardus ) Loiidini, in ecclesia qiiam ipse novo coinpositionis genere constmxerat , a qna post multi ecclesias coiistruentes, exemphim adepti, opus illiid æmulabantur. » Tel est le témoignage de Matthieu Paris.