‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 55 sur 84 · DE W EST M INST EU · texte numérisé non relu

DE W EST M INST EU

(jiii oseraient violer les privilèges de ce monastère, monument (pii attesterai! aux siècles futurs son zèle j)our la gloire de Dieu et sa dévotion envers saint Pierre. Les courtisans imitèrent le roi dans sa muniticence : chacun apporta son otlrande. Le 5 janvier 1060 , dix jours après cette fête, Edouard rendit le dernier soupir. La nation tout entière prit le deuil, et montra par ses larmes la sincérité de ses regrets. Jamais auprès d’un cercueil royal on n’entendit une oraison funèbre aussi élocjuente. Ses vertus et les miracles qui prouvèrent sa sainteté ont fait placer son nom dans le catalogue des bienheureux. La fête de saint Édouard le Confesseur est fixée au 5 janvier, jour de sa mort; mais la solennité principale se célèbre le 13 octobre, jour de la translation de ses reliques.

Au lieu de se faire couronner à Westminster, ilarold voulut recevoir les insignes de la royauté et être intronisé dans la cathédrale de Londres. Ce fait fut remar(|ué comme étant de mauvais augure. Jamais pressentiment ne se réalisa d’une manière plus cruelle. Chacun sait comment dans les plaines d’Hastings, cette même année, Harold, vaincu par Guillaume, perdit la couronne et la vie. Le Conquérant, aussi rusé politi(jue que brave guerrier, ne maïupia pas de se faire couronner dans l’église de Westminster. La cérémonie faillit devenii* funeste à plusieurs. L’archevêque d’York présidait l’assemblée. Au moment où, suivant l’anticpie usage, il demanda aux assistants s’ils acceptaient Guillaume j)our roi , on lui répondit par des acclamations si bruyantes, (pi’elles furent entendues au loin hors de

ABBAYE

l’église. Les soldats normands, croyant ou feignant de croire que c’était un cri d’alarme, mirent le feu aux maisons voisines de l’abbaye, et commencèrent à les [)iller. Effrayés du progrès des flammes et du tumulte. Anglais et Normands s’élancèrent hors du temple. Le roi demeura presque seul avec le clergé, et ce ne fut pas sans peine cpie la cérémonie s’acheva. Guillaume en Conçut une impression fâcheuse; il avait peu de confiance en ses nouveaux sujets. Au sortir de Westminster, il refusa d’entrer à Londres.

I^our affermir son autorité, le Conquérant fit élever de fous côtés des forteresses redoutables ; les meilleurs domaines furent donnés à ses partisans dévoués; les évêchés et les abbayes échurent en partage à des moines normands. Après la mort d’Edwin, en 107^2, Geoffroy de Jumiéges fut nommé abl)é de Westminster; il fut bientôt obligé par l’autorité du roi et de l’archevèque de Cantorbéry de refourner en Normandie, où il mourut misérablement. Vital et Gilbert se montrèrent dignes du choix du monarque. Gilbert était savant, el doué de qualités éminentes. De simple moine de l’abbaye du Bec, il devint abbé de Westminster. Ses talents le firent employer dans les afl'aires de l’Etat, et il ne resta pas au-dessous de sa position dans les circonstances orageuses au milieu desquelles il vécut. Il mourut en 1117. On mit sur sa tombe une inscription que bien des hommes pourraient lui envier :

MITIS EKAS, JCSTUS, PUL DENS, FOKTIS, MOÜEKATUS ,

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