DOCTES
ni:: WESTMINSTER.
Le règne de Henri III ouvrit une nouvelle ère de j)ros[)érités pour l’abbaye de Westminster, maigre les tronbles (pii agitèrent le royaume et empoisonnèrent la vie de ce prince, digne d’iin meilleur sort. Si Henri III eut vécu dans un siècle plus tranipiille, et qu’il eût ti’ouvé une forme régulière de gouvernement apjiuyée sui* une base solide, il eût régné avec lionneur et avec avantage pour ses sujets. Doué d’excellentes qualités, religieux, bienveillant, humain, instruit, il possédait toutes les vertus qui font les bons rois. Mais il eut à lutter contre une noblesse hautaine et remuante, dont il eut le malheur de provoquer les ressentiments en accordant trop de confiance aux étrangers. Dans les salles de Westminster, les barons, les armes à la main, lui arrachèrent des concessions, (pii furent encore augmentées dans l’assemblée d’Oxford.
Henri III commença la reconstruction de l’église de Westminster par la chapelle de la Sainte-Vierge, dont il posa la première pierre en 12^0. C’était l’époque oii triomphait l’ogive; de magnitupies ouvrages s’élevaient de toutes parts en style ogival. Dans cet édifice comme dans la cathédrale de Salisbury, Henri III vit l’Angleterre disputer la palme de l’architecture aux jiays les mieux favorisés. Nulle dépense n’y fut épargnée. Le roi, même dans sa détresse, gardait un souvenir fidèle à fabbaye de Westminster. L’œuvre s’exécuta entièrement à ses frais, et, (piand il rendit le dernier soupir, il put contempler avec orgueil ce beau monument, sur le point d’être achevé. Les travaux furent terminés en 128o, sous le règne d’Édouard LL D’a[)rès le registre
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ABBAYE
des comptes, on a évalué la dépense à cinq millions de francs environ de notre monnaie.
Deux siècles plus tard, le chef de la dynastie des Tudors, Henri VII, entreprit de rebâtir la chapelle de la Sainte-Vierge. L’architecture de la fin du xv‘' siècle y déploya mille ornements lins et gracieux. La pierre y est découpée avec une adresse étonnante. Le regard est ébloui du luxe qui brille dans toute la décoration, et les étrangers qui visitent l’église abbatiale de Westminster emportent tous le souvenir de la splendide Chapelle de Henri VH.
Après la mort de ce « prince |)ieux et ami des lettres, » la célèbre abbaye de Westminster vit sa gloire s’éclipser et disparaître. Les moines en sont chassés par Henri VIH, et avec eux périssent les vieilles traditions qui méritèrent à Westminster l’amour et la protection des rois. En (juehpies années, et suivant le caprice d’un prince d’abord protecteur, ensuite persécuteur de la foi, Westminster devint successivement cathédrale, abbatiale et collégiale.
Westminstej* conserve toujours (juehpies-nns de ses antiques privilèges. Les rois d’Angleterre y viennent recevoir solennellement leur couronne ; beaucoup, jusqu’en ces derniers temps, y ont eu leur sépulture et y possèdent de magnilujues monuments funèbres. Mais des souvenirs nationaux et catholiques les plus glorieux pour la Grande -Bretagne, il ne reste j)as la moindre trace. La tombe même de saint Edouard le Confesseur, dans un temple jadis bâti par ses soins, riche encore de ses bienfaits, ne reçoit aucun honneur le jour où