‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 57 sur 84 · DE WESTMINSTER · texte numérisé non relu

DE WESTMINSTER

rÉgliso catholique , dans toutes les parties du monde chrétien, rend hommage à sa mémoire. On ne voit plus aujourd’hui accourir et se presser sous les voûtes de Westminster princes et hauts barons, grands et petits, attirés par le charme des graves mélodies grégoriennes, le calme du cloître, le silence des bruits du monde, la vue de ces fervents disciples de saint Benoît, voués à la pratique des conseils évangéliques, comme à l’époque où l’on pouvait dire de Saint-Pierre de Westminster ce qu’on a dit de Notre-Dame-de-Liesse, « qu’on y admire et vénère trois ordres de saints : les uns dans des châsses, les autres dans des tableaux , les autres dans les stalles du chœur. »

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CATHÉDRALI-:

DE COLOGNE

E bonne heure l’Évangile fnl prêché clans la cité de la Colotiio Agrippine^ ; mais Thistoire se tait sur l’église épiscopale primitive.

S’il faut en croire une vieille chronique, l’édifice chrétien se plaça modestement à l’ombre de la forteresse romaine. Celle-ci , devenue manoir des rois francs, fut donnée enfin aux archevêques. Aujourd’hui la cathédrale de Cologne, dédiée au chef desapcMres, élève ses magnifiques pinacles et déploie ses nefs majestueuses sur remplacement de l’antiipie citadelle. Dotée libéralement par les

1 Colonin Arp'ippinn , nom romain , que celte ville porte encore , légèrement altéré; en allemand Ko/n, en français Cologne.

CATHÉDRALE

princes, cette métropole grandit en importance à partir de l’époque où Charlemagne fixa sa résidence à Aix-la- Chapelle. Le palais impérial, en effet, était situé dans le diocèse de Cologne, et le dôme qui en faisait partie, la merveille du temps, l’œuvre la plus étonnante de la renaissance carlovingienne, fut choisi dans la suite comme théâtre du couronnement solennel des empereurs. Les circonstances accrurent considérablement la puissance de rarchevêque ; plus d’une fois l’électeur de Cologne fut l’arbitre des destinées de l’Empire. Au sein de la diète, sa voix donna la couronne que sa main devait poser sur le (Vont du nouveau César sous la coupole de Charlemagne.

Au ix** siècle, l’église de Cologne fut rebâtie par Hildebold, prélat d’un rare génie, de mœurs austères et d’un caractère généreux, qu’un singulier coup du sort porta subitement d’une position obscure au faîte des honneurs. Le clergé, grâce aux intrigues de seigneurs inlluents, ne pouvait s’accorder sur le choix d’un nouvel évêque. Résolu de mettre un terme aux discordes, Charlemagne quitte Aix-la-Chapelle et se dirige, en chassant, vers Cologne. Lorsqu’il approche de cette ville, la clochette d’un village l’invite à la prière. L’empereur entre dans la modeste église, entend la messe, et dépose comme offrande un florin d’or sur l’autel. Le prêtre rend le florin au chasseur inconnu, le priant de lui envoyer quelques peaux de chevreuil dont il a besoin pour couvrir les livres de son église. Cette conduite plaît au prince, qui met d’accord les chanoines de Cologne en leur donnant pour évêque le prêtre qu’il

DE COLOGNE

vient (le rencontrer. Quoi (jii’il en soit de ce lait, (jue riinagination a pu embellir, Uildelbold était digne de ré[)iscopat, comme le prouvent ses actes ainsi que le témoignage de ses contemporains. Deux ans après la mort de son protecteur, en 816, il jeta les fondements de sa cathédrale. Quoiqu’il ne négligeât rien pour faire avancer rapidement les travaux, il fut surpris par la mort, en 819, avant qu’ils fussent achevés. Ses restes furent ensevelis dans l’église Saint-Géréon , où l’on peut lire encore l’inscription gravée sur sa tombe. Le monument fut terminé seulement vers 873, la date de la consécration, qui eut lieu le 27 septembre de cette année, indiquant celle de la fin du bâtiment. Commencée au moment où l’architecture avait fait de sensibles progrès grâce à l’impulsion donnée aux sciences par Charlemagne, entreprise sous la direction d’un archevêque instruit et zélé, l’église Saint-Pierre étalait dans sa structure et sa décoration une magnificence à laquelle les hommes du Nord étaient peu habitués. Le meilleur signe de l’admiration générale, c’est qu’on la prit pour modèle. Les tours étaient surmontées de clochers en bois.

En 1163, Frédéric Barberousse enrichit la cathédrale de Cologne des reliques des trois Mages, qui vinrent des régions de l’Orient adorer Jésus enfant dans l’étable de Bethléhem. Ces reliques, apportées à Constantinople dès le IV® siècle, avaient été données à l’archevêque de Milan , saint Eustorge. Celui-ci les déposa pieusement dans la basilique bâtie par ses soins, et connue dans la suite sous le nom du fondateur. Lorsque Milan tomba

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