‹ Les plus belles églises du mondeChapitre 66 sur 84 · DE FIUBOÜKG ET DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

DE FIUBOÜKG ET DE STRASBOURG

dont la hauteur totale est de cent trente-sept mètres. Le caractère de cette construction, la plus haute que les hommes aient élevée, consiste dans l’extrême légèreté des matériaux. La tour et la pyramide sont entièrement percées à jour. Comment un édifice si fragile en apparence a-t-il résisté aux coups de forage! Aucune pierre cependant n’a trahi jusqu’à présent la confiance de l’architecte, tant ses prévisions ont été sûres. La tour est flanquée de quatre tourelles rattachées au pied de la pyramide à l’aide d’arcs en forme de pont volant. Une des tourelles contient un escalier à double spirale, dans le genre de l’escalier si connu du château de Chambord : deux personnes peuvent y monter ou y descendre en même temps, se tenant toujours au même niveau, causant ensemble sans se voir. L’ascension jusqu’à la pointe de la flèche n’est pas sans danger. Le vertige éblouit les têtes les plus fortes à une hauteur si considérable, d’autant plus que la claire-voie laisse plonger le regard en bas comme dans un abîme , sans aucune galerie propre à préserver d’une chute.

A Notre-Dame de Strasbourg se rattachent de grands souvenirs historiques. Clovis et Charlemagne en furent les bienfaiteurs. L’empereur d’Allemagne Henri 11 lui voua une atfection particulière. Un moment même, il eut la volonté de quitter le trône pour y passer le reste de ses jours dans le recueillement et la piété, en qualité de chanoine. Les instances des courtisans ne purent ébranler sa résolution; il fallut la présence d’esprit et la fermeté de l’évêque Weruher pour la changer. Étant à genoux devant le maître-autel, l’Ein-

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pereur jura obéissance entre les mains de l’évêque; celui-ci lui ordonna de garder la couronne, et de continuer, comme il avait fait jusqu’alors, à gouverner ses sujets avec justice et équité. Le prince se soumit. Ht de riches offrandes à l’église de Strasbourg, et y créa une prébende dont le titulaire devait s’appeler roi du chœur. Cette fondation exista jusqu’à l’époque de la révolution française. Frédéric Barberousse donna également à cette cathédrale des preuves de sa munificence. On y voyait la statue équestre de Rodolphe de Hapsbourg, en mémoire de la protection qu’il lui accorda constamment. Louis XIV visita Notre-Dame le lendemain de la prise de possession de Strasbourg. Là se célébra par procuration le mariage de Louis XV avec Marie Leczinska. En 1770, l’infortunée Marie- Antoinette s’y arrêta quelques instants, à son entrée en France. Qui eût pensé alors, en voyant cette princesse dans tout l’éclat de la jeunesse et de la beauté, qui venait épouser le Dauphin, plus tard le roi Louis XVI, que cette tête, si fière et si gracieuse à la fois, devait bientôt rouler sur un échafaud!

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