D'ANVERS
F. K i) A T longfem |)s , Anvers fii t la Rome et la Florence dn Nord.
D’immenses richesses accumulées dans cette ville par le commerce' et l’industrie, y développèrent le goût des beaux -arts. Au commencement du xvF siècle, elle étail regardée comme la cité la plus opulente de l’Europe. Un seul trait peut faire juger de sa prospérité et du faste déployé par ses habitants. On rapporte que Charles -Quint ayant acce|)té à dîner chez un négociant d’Anvers, nommé Daems, qui lui avait prêté dix millions de llorins, celui-ci jeta au feu, après le repas, le billet que l’Empereur avait signé, en disant : « Je suis trop payé par l’honneur que Votre Majesté m’a fait aujourd'hui. »> CiiKj cents navires
NOTRE-DAME
entraient chaque jour dans l’Escaut, et plus de deux mille étaient à l’ancre devant la ville. Les productions les plus recliercliées de l’Orient et du ^ïidi y étaient échangées contre des tissus variés, tapisseries, toiles et draps, des œuvres d’orfèvrerie, et les mille objets que l’art, d’accord avec l’industrie, sait créer et embellir. On comptait alors à Anvers trois cents peintres et cent quarante orfèvres. L’académie de Saint-Luc, pour l’encouragement de la peinture, y fut fondée en Lio i par Philippe le Bon, duc de Bourgogne; elle reçut de puissants encouragements de la part de Philippe IV, roi d’Espagne. Cette association, pieuse et artisticpie à la fois, fut le berceau de l’école llamande, d’où sortirent tant de peintres renommés. Qu’il nous suffise ici de mentionner Rid)ens, et son maître Otto -Venins, Jordaëns, Van-l)yck, Téniers et Quentin Metsys. Elle remplaça la meilleure école du Nord, celle de Bruges, dont les frères Van-Eyck et Jean Hemling sont les dignes représentants ; mais elle ne la fit pas oublier. Les œuvres des maîtres de Bruges sont empreintes d’un sentiment de grâce chrétienne et poétique qu’on retrouve trop rarement dans les tal)leaux des maîtres flamands, que l’amour de la nature entraîna jusqu’à l’imitation du vulgaire, du trivial et du grotesque.
En même temps que les beaux-arts jetaient à Anvers un si vif éclat, la typographie y mettait au monde les éditions de Christophe Plantin, si justement vantées. Né en Touraine en 1514, après avoir essayé en vain d’établir une imprimerie à Paris, Plantin se retira à Anvers, où il acquit une réputation que le temps n’a