ANVERS
(livei’ses, portent sni* leur figure les senliments qui les aiiiiiieiit. Il n'existe nulle part un tableau où un si grand nombre de personnages expriment avec tant de justesse la passion du niomcnl, pour citer le mot d’un auteur anglais.
L’Assomption de la Vierge, tableau qui décore le maître-autel, olVre un caractère tout autre que les deux précédents. Le coloris en est [)lus fin et plus transparent. La sainte Vierge, le regard dirigé en haut, monte au ciel accompagnée d’une multitude d’anges, dont les uns yoltigent autour de sa tête et lui ofirenl des couronnes , les autres forment un cercle au-dessous de ses pieds, et poussent en se jouant le nuage brillant qui l’emporte. Ce tableau fut exécuté en seize jours, et coûta seize cents tlorinsL Les trois chefs-d’œuvre dont , nous venons de parler furent transportés à Paris, avec les dépouilles artistiques du reste de l’Europe, sous le règne de Napoléon V\ Ils furent restitués en 18I(j, sous le gouvernement des Bourbons.
Notre-Dame d’Anvers devint cathédrale au milieu du xvC siècle. Charles-Quint déploya beaucoup de zèle auprès du saint-siège pour obtenir l’érection d’un évêché dans la populeuse et chrétienne cité d’Anvers. En 1559, le pape Paul IV y établit un siège épiscopal, dont le premier titulaire fut François de Son. Cet évêque publia, en 1576, des statuts synodaux renou-
1 Rubens gagnait habituellement 100 florins par jour de travail : ou connaît le temps qu’il employa à peindre ses tableaux, (luaiid on en sait le prix. 11 peignait avec une extrême rapidité, et une espèce d’emportement qui tenait de la passion.
velés en lOlO par Jean le Mire, en 1643 par Gaspard Nèine , et en 1680 par Ferdinand de Beiighem ; ils passent à bon droit pour nn monument de sollicitude pastorale. L’évêché d’Anvers fut supprimé en 1802 par la bulle de Pie Yll annexée au concordat intervenu entre le souverain pontife et Napoléon LL La Belgique faisait alors partie de l’empire français, et Anvers était le chef-lieu du département des Deux-Nèthes.