K BU H G OS
I.e trône arcliié[)iscoj)al et les stalles des clianoiiies sont une œuvre de menuiserie digne d’éloges. Les basreliefs représentent des traits historiques tirés de la Bible. Parmi les ornements de la clôture du chœur, on signale l’arbre généalogique de Notre-Seigneur, dont les rameaux flexibles s’entortillent comme le lierre, et portent dans leurs rinceaux de charmantes statuettes finement modelées et pleines d’expression.
Malgré le luxe extraordinaire qui brille dans tonte cette cathédrale, à voir les chapelles, on dirait que les principaux objets d’art y ont été accumulés à plaisir, tant elles en sont richement pourvues. Là seulement existent de belles verrières , échappées comme pai* miracle aux causes de destruction qui ont anéanti les autres vitraux. Des tombes historiées, des statues, des tableaux, de magnifiques retables attirent les regards. La chapelle du Connétable se distingue entre toutes les autres; fondée en 1187 pour servir à la sépulture des membres de rillustre famille Velasco , connétables héréditaires de Castille , elle est aussi spacieuse que beaucoup d’églises, et décorée avec une extrême recherche. A l’extérieur, les aiguilles garnies de feuilles grimpantes qui surmontent les contre - forts où s’élancent des galeries, forment un groupe de petites pyramides élégantes, en harmonie avec les flèches qui couronnent l’édifice. Les sculptures sont de la main de Jean de Bourgogne, le même qui a construit, en qualité d’architecte , la coupole gothique, au-dessous de laquelle est placé son tombeau. La présence d’un artiste français à Burgos explique pourquoi l'architec-
CATHÉDRALE
tiire à ogives de la fin du xv® siècle, surchargée d’ornements en Espagne comme dans les innombrables églises de la même époque en Bourgogne , présente en même temps la plupart des caractèi*es des premiers temps de la renaissance française. Jean de Bourgogne a dé|)loyé tout son talent dans des compositions admirables, telles que l’Agonie dn Sanvenr, le Portement de (iroix , le Cnicifîment, la Bésnrrection et l’Ascension. En regai’dant ces fines sculptures, à jieine fait-on attention aux délicates broderies en pierre, dont le tissn léger, (Md remêlé d’armoiries et de devises héraldi(|nes, montre l'adresse et la patience du ciseau. An pied de l’antel reposent les restes de Pierre Hernandez Velasco, fondateur de la cliajielle, mort en 1492, et ceux de sa femme, ^lencia Lopez de Mendoza, morte en loOO. Les statues de ces deux personnages sont de grandeur naturelle; elles furent exécutées en Italie et apportées en lo 40. Sons les pieds de Atencia Lopez est couché un chien , emblème de fidélité.
Dans la chapelle dédiée à sainte Anne gît l’archevêipie Luis de Acngna y Osorio. O prélat, auquel on doit l’achèvement d’une des belles tours de la façade, est représenté revêtu de ses ornements pontificaux. Sa statue est accompagnée de quatre figures pleines de noblesse, personnifiant les quatre vertus cardinales. Au nombre des chefs-d’œuvre qui parent ce sanctuaire, nous ne devons pas omettre un tableau d’André del Sarte : la Madone porte l'enfant Jésus sur ses genoux; saint Jose[)h et saint Jean -Baptiste se tiennent à ses C(jtés. Cette peinture est digne du maître italien; le