GÉRARD TERBURG
tin Trompette *
Lithographie par DEVÉRIA.
Un seigneur anglais , un brave guerrier, est de retour des combats. Après plusieurs années d'absence , il a enfin revu sa patrie , il est rentré sous le toit conjugal qu'appelaient ses vœux et ses soupirs. Après avoir affronté les dangers , après avoir bravé mille fatigues , il va jouir du repos promis à sa valeur , et raconter à sa jeune épouse toutes les traverses , toutes les aventures de sa vie. Quelle n'a pas été sa joie lorsqu'il a pu la serrer dans ses bras! Avec quel bonheur il s'est rappelé toutes les circonstances de son départ , et ces larmes abondantes qu'elle a versées en se séparant de lui !
Aussi , à peine a-t-il eu le temps de quitter ses armes , qu'elle l'a fait asseoir et s'est presque agenouillée à ses côtés. Elle le voit si rarement, qu'elle veut profiter bien vite de sa présence et l'assurer de son amour.
Mais un bruit de pas s'est fait entendre; un jeune trompette a franchi le seuil de la porte. Il est chargé d'un message pour le gentilhomme. Qui sait? peut-être c'est un ordre supérieur qui lui enjoint de s'éloigner encore , et va ainsi renouveler les larmes des deux époux. Il faudra partir , l'honneur et l'obéissance militaire l'ordonnent.
L'instant choisi par Gérard Terburg est celui-ci : le trompette vient de remettre un pli au gentilhomme. Tenant respectueusement son chapeau à la main , il répond à des interrogations que le guerrier lui fait avant d'avoir pris connaissance du message. La jeune femme , la
tête appuyée sur la poitrine de son époux, fixe des yeux presque suppliants sur le malencontreux messager. Quant au mari , il est impassible et prêt à obéir.
Cette scène d'intérieur forme le tableau le plus gracieux de Gérard Terburg. La situation des personnages est d'un grand intérêt , et il semble qu'on s'identifie volontiers avec leurs sentiments réciproques. Quelle grâce , quel charme , dans la pose de la jeune femme ! Quel délicieux laisser-aller î Quelle suave physionomie ! Qu'elle est belle et intéressante , tout à la fois ! La figure du mari est aussi d'une noblesse remarquable ; et le messager est bien dans l'expectative d'une réponse.
Richesse de détails, élégance des costumes , fini des accessoires , rien n'y manque , on peut le dire. Les costumes sont exécutés avec soin et avec une exactitude toute particulière ; la variété leur donne plus d'éclat encore , et les fait ressortir les uns d'avec les autres. Celui du trompette surtout est bien fait et d'une frappante vérité.
On regrette toutefois de ne pouvoir accorder des éloges aussi complets aux caractères des figures, qui ne sont pas assez finies , assez étudiées, je dirai même assez expressives. Celle de la jeune femme est la seule à laquelle on ne puisse adresser ce reproche.
Ce tableau a été composé par Gérard Terburg lorsqu'il habitait l'Angleterre.
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GÉRARD TERBLRG.
Une Musicienne ?