LES FAITS DE PLUS-VALUE
Les phénomènes de plus-value n’ont pas été sans retenir l'attention des statisticiens et il n’est pas un. ouvrage consacré à l'étude des accroissements de valeur qui ne contienne maïints exemples typiques dé plus-value. |
L’enrichissement du paysan Kilian est devenu légendaire. Acheteur en 1825 d'un champ de pommes de terre, d’une valeur de 8.100 marks, il le revendit cinquante ans après pour 600.000 marks, dont il exigea le paiement en espèces.
Un général polonais, ayant combattu lors de l’Indépendance américaine dans l’armée de Washington avait reçu en récompense des terrains alors incultes, et dont des circonstances indéfinies l’empéchèrent de prendre possession. Sur cet emplacement s'élève aujourd’hui la ville de Chicago. Un héritier réclame la réalisation de la promesse faite à son ancêtre. On en conçoit l'importance à ses yeux puisque ces terrains valent vraisemblablement plus de trois
Le QE
milliards! La question est en suspens devant les tribunaux.
La maison Humboldt à Berlin qui en 1746 valait 4.350 thallers en atteignit 140.000 en 1895 après avoir passé par 28.000 en 1596, 35.000 en 1808, 92.000 en 1863.
Le terrain Kürfurstendam, situé dans la même ville, fut vendu en 1898 pour 50 millions de marks. Sa valeur initiale ne cépassait pas en 1860 100.000
marks (1).
PeLes économistes-sociologues se ‘sont attachés à généraliser ces constatations. Elles se présentent à nous comme des anecdotes sans portée scientifique, capables sans doute de frapper l'esprit des masses mais non d'établir de façon certaine l'existence du phénomène de plus-value.
Tous les grands pays ont été le centre d’études de ce genre et, des cas très nombreux ont été relevés si
bien qu'uue classification s'impose, basée sur les | divergences des plus-values entreelles.
La plus-value immobilière, la seule qu’on ait réellement étudiée, nous fournit les exemples les plus saisissants., Mais il y a lieu de distinguer : la plus value urbaine et la plus-value rurale.
La détermination de la plus-value qu’elle soit
ï: Paul Voigt. Gründrent und Wohnungsfrage in Berlin und Semen Vororten lena, 1901.
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urbaine ou rurale ne va pas sans difficultés : l’'évaluation administrative, appuyée sur des indices incertains, abou!it à des résultats souvent arbitraires ; les investigations particulières, poursuivies sur des actes privés ou publics, et assez souvent mensongères, ne. présentent pas plus de garanties.
Toutefois, si on ne prend en considération que la plus-value imméritée, il faut dans notre recherche déduire de la plus-value brute tous les éléments qui proviennent de l’activité du propriétaire.
Ce calcul est d’ailleurs extrêmement délicat.
Pour le sol rural en particulier, comment apprécier la valeur du travail affecté à la culture et des investissements en capital, comment mesurer les utilités disparues et celles qui subsistent ?
Devant ces difficultés les statisticiens se dérobent et n’allèguent que des phénomènes de plus-values brutes. Les faits qu’ils fournissent, bien que de plus en plus généralisés, restent toutefois épars et ne permettent pas de conclure à l’existence d’un phénomène continu dans le temps et l’espace.