Jèze, op. cit., p. 846 et seq
3. On oppose à l'égalité des quote-parts l'égalité des sacrifices. Pour que celle-ci soit réalisée, il faut que la privation demandée soit égale pour tous les contribuables. Or cètte privation varie à raison de la quantité de richesses dont dispose chacun,les objets perdant de leur valeur subjective à mesure qu’ils semultiplient pour l'usage personnel.
à la plus-value, elle n’y atteint pas, la possession de plus-value ne traduisant pas les facultés du contribuable. Par ailleurs, l'impôt sur la plus-value est un impôt de superposition : on risque en le dotant de progressivité, de contrecarrer celle de l'impôt principal: supposons un pays où le capital et la plusvalue foncière soient atteints progressivement : un terrain vaut 1.000.000 en 1908 et 1.010.000 en 1913, un autre, aux mêmes dates, accuse des valeurs successives de 50.000 fr. et de 300.000 francs. A titre d’impôt sur le capital (5 o/o pour le premier et 2 o/o pour le second) les propriétaires paient respectivement 50.500 fr. et 6.000 fr. A titre d'impôt sur la plus-value le premier est assujetti à une contribution (10 0/0) de 1000 frs., lesecond à une de (30 0/0) 95.000 frs. (1). Avec ce système on aboutit donc à ce résultat inique de faire payer 81.000 francs, au détenteur d’un capital de 300.000 francs, tandis que celui qui possède 1.010.000 francs est imposé à 91.500 francs. En dehors de ces objections de principe, la progressivité appliquée à l'impôt sur la plusvalue suscite des inconvénients d'ordre pratique: comment, en effet, calculer la progression à son départ, son arrivée ou dans son allure de façon assez précise pour suivre le développement d’une matière imposable aussi subtile et difficilement saisissable ?