Bulletin de la Confederazione del lavoro, 16 avril
4. Korrespondensblatt de la Confédération syndicale allemande, 12 janvier 1918, d’après V. période 1917; 1d., 18 mai 1919.
semble avoir joui de plus-values plus élevées que la + e
main-d'œuvre masculine. RE Telle qu’elle apparaît dans les statistiques précédentes, la plus value du travail semble relativement
importante : mais il est à remarquer que cette plus- .
value est une plus value hrute où il n’est tenu aucun compte du coût de production du travail. Or, celuici, par suite de la plus-value croissante des objets mobiliers, s’est considérablement accru, £ bien qu’en définitive la plus-value constatée pourrait bien n ’être que nominale.
Pour diverses cités de France, si l’on représente par 100 les chiffres de 1911 tant pour les salaires que pour le coût de la vie, on s'aperçoit que le coût de la vie s’est élevé plus haut que le taux des salaires.
Voicilles indices pour 1916 :
, Villes Salaires Coût dela vie Rennes ro neT EnC 141 130 Pésancon EL TASSE 127 141 Toulouse MC 424 136 MODE Er SIRET 127 138 TÉvRTA TRE RS RUE 17 150 Poitiers dise Aie 118 125 Marseille ere" 102 148 Dion” Ts DU 117 153 DNAMISS CET eee 118 157 LacRochélla STAR 116 197 Onéans, MORE 109 150 ARACRS EE TRES 106 143
ANITESS Salaires Coût de la vie * Cnbesy dise ITA 153 Ne en. og 148 Draguignan . ,.... = 108 179 AURCREC er 119 153 TO RE à I4I
ee ville de Rennes exceptée, tous les cas signalés sont Concordants. | |
Le prix moyen des denrées en Grande- -Bretagne était monté (en Supposant celui de 1914 égal à 100), à 187 en ee les salaires, eux, n'étaient passés que de : 100 à 198.
Les salaires: augmentent de 1914 à à 1917 de150 o[o
én Allemagne, mais le coût de la vie s'accroît de
118 oo (1).
De 1914 à 1917, en Russie, la plus-value du tra vail st ‘de: 513 0/0, tandis que celle des autres produits ressort à : 536 0/0. Pendant la même période (2) le coût de P existence se majore en Italie de 143 ofo,
ét la rétribution du travail de 30 oo seulement.}Aux Etats-Unis, le taux des salaires s’augmente de 19 0/0, | tandis qüe le coût de la vie s’est élevé de 39 o/o de
1907 à 1916, De tous ces documents se dégage une impression
SE Richard Cabwer, die Konjunktur, août 1917; et encore n'est-ce ce qu'un minimum pour cet économiste qui, en tenant compte des marchés clandestins, suppose que la vie a plus que triplé.
De Korrespondenblat( loc. cit.
nette : c’est que depuis la guerre le coût de production du travail n’a cessé de s'élever plus haut que sa rémunération. Il en ressort que si la plus-value du travail existe, elle n'a pas profité aux travailleurs et qu’elle est pour ainsi dire virtuelle.
Un fait saisissant se dégage de la longue étude engagée : la plus-value n’est pas un phénomène particulier à tel ou tel instrument de la production, mais elle les affecte tous. Toutefois, son apparition n’est pas uniforme; variable dans le temps, dans sa progression et dans son intensité, elle diffère suivant l’agent de production sur lequel elle s’accuse et ne se comporte pas identiquement en temps normal et en période de crise. En résumé, on peut dire que la plus-value est un phénomène général mais complexe.
En temps de guerre, dans les périodes de fluctuation du pouvoir d’achat de la monnaie, il se produit des modifications dans la répartition des forlunes et l'étude, entreprise des plus-values de guerre nous a montré en quelle manière : É
Les biens, productifs de revenus réels, terres, immeubles, industries, commerces, suivent le mouvement de la valeur des marchandises. Dès que se produit la dépréciation de la monnaie et dans sa mesure, rentes et profits augmentent, quelquefois même plus que proportionnellement et par anticipation. Les stocks de marchandises acquièrent des
plus-values qui bénéficient encore à cette catégorie de possesseurs.
Au contraire, les créances productives d'intérêt restent invariables dans leur expression monétaire et subissent sans contre-parlie aucune les influences dévalorisantes de la dépréciation de la monnaie. Les salaires des ouvriers, qui peuvent se modifier à tout instant, se modèlent sur le coût de l'existence, tout en lui restant généralement inférieurs et en croissant moins rapidement que lui. Les rémunérations fixes : traitements des fonctionnaires et employés qui sont établis par la loi, l'usage ou la convention, subissent moins rapidement et dans des proportions moindres les influences du mouvement général des prix. C’est selon celte répartition et suivant la faculté de production qui peut exister, que se fait, en temps de guerre, la distribution des plus-values.
Nos conclusions pourraient être tant soit peu modifiées, si l’on. parvenail à dégager de la plus-value tous les éléments étrangers qui la gonflent, mâis les données statistiques sont netlement insuffisantes en ce qui nous concerne et nous somimnes obligés, pour la suite de notre analyse, de nous contenter de ces résultats d’une exactitude des plus relatives.