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LA DOCTRINE

La question des plus-values a depuis longtemps

retenu l'attention des économistes. Ce sont, comme ilétait naturel, les faits de plus-values foncières qui “ent d’abord été relevés comme l’objet d’une appropriation injuslifiée. Mais, avant même que la notion de plus-value. cut été dégagée d’une façon précise, les premiers auteurs avaient fait la différence entre les revenus de l'industrie et du commerce et les revenus de la terre. Pour le revenu de la'terre, il apparut dé bonne heure que la production dont le propriélaire recueillait les résultats dérivait de trois sources :

1° Du capital investi ;

2° Du travail de l'exploitant ;

3° D'un élément qui, sans aucun lien avec le travail ni le capital, prenait naissance dans les circonstances sociales. Ces circonstances, augmentant la demande du produit, en élevaient le prix et le pro-

- priétaire foncier se trouvait de la sorte pourvu de ce qu’on appelait alors la rente.

La théorie de la rente a été présentée sous une forme plus complexe par Ricardo, mais l'explication qu'il donne du phénomène et l'analyse de ses causes-et de son mouvement se retrouvent à peu de chose près dans l'étude qu'il est posssible de faire du phénomène de plus-value. Il a été, à cet égard, l'initiateur et le chef d’une école d'économisies dont les analyses, souvént subtiles, n’on ajouté qu’assez peu de chose à la première explication qu'il a donnée de l’apparation et de la genèse de la rente foncière.

Il est bon de suivre, à travers la pensée des auteurs qui ont traité de cette question, l’histaire et le déve- loppement des doctrines qui vont de la rente différentielle de Ricardo à la théorie générale de la plusvalue.

La rente se dégageait tout particulièrement et d’une façon concrète dans le régime de la propriété foncière telle qu'il existait en Angleterre au xvnr siècle. On y rencontrait le travailleur salarié, le gros fermier capitaliste qui touche à son profit, le lord absent qui, sans aucun travail, recueille la rente.

Qu'elle pouvait être la source de cette troisième catégorie ? C'est le problème qu’en Angleterre les premiers économistes, Adam Smith et Malthus ne cessent d'envisager : pour eux c'est un pur don de nature qui est recueilli par le propriétaire.

Selon Ricardo (1), la rente est acquise uniquement par suite de la limitation des terres, de leu” inégale productivité, de leur inégale situation par rapport au marché et de l’inégal rendement des capitaux qui leur sont appliqués. La rente apparaît donc comme la différence de rendement, existant à un moment donné entre deux terres qui ne se trouvent pas soumises aux mêmes conditions économiques.

Ricardo admet comme un fait inéluctable que cette rente différentielle continuera à progresser en fonction du développement social : les améliorations de technique ne se réalisant pas aussi rapidement que l'accroissement de la population.

De ce fait, la condition de l'ouvrier empirera, la hausse du salaire ne correspondant pas à la hausse des subsistances et an antagonisme naîtra entre les intérêts du propriétaire foncier et ceux de l’entrépreneur et du consommateur.

Le propriétaire foncier, tirant profit des perfectionnements de la technique agricole, tant qu'il est seul à les appliquer, n’a pas avantage à les voir se généraliser puisqu'il bénéficie de toute élévation des faits de production. Son intérêt personnel en fera donc un adversaire du progrès. |

Ricardo ne rend pas l'appropriation individuelle des terres responsable de ces conséquences fâcheuses

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