St-Müll, op. cit.,liv. LIL, chap. V, $ 4, p
6. Traité d'Économie politique, 6° édit., p. 410, cité par Gide et Rist, p. 635, note 3, 1° édit.
7. Die nationalækonomie. Theorie der ausschliessenden Absatzverhältnisse. Tubingue, 1867.
capitaux fixes, s'explique par la loi de l'offre et de la demande. Les capitaux fixes, à l'encontre des capitaux cireulants, ne peuvent ni se multiplier, ni se déplacer rapidement. Si, sur un marché donné, la demande des produits provenant d’un capital fixe s’enfle, l'offre ne pourra pas corrélativement augmenter. Il en résultera une hausse de prix qui laissera à l'entrepreneur, le coût de production ne variant pas, un bénéfice complémentaire, une rente, qui peut être perçue longtemps si les nouveaux capitaux fixes n’ont pas la même productivité. La terre peut être, dans ce: cas particulier, cemparée à un capital fixe et ainsi le raisonnement qui vient d’être fait peut s'appliquer à la terre. La rente de la terre, aussi bien que celle des autres espèces de capilaux, est donc une conséquence de l'insuffisance relative de l'offre à la demande. à
On arrive ainsi bien loin de la théorie originelle de Ricardo : elle subsiste encore, mais combien amoindrie ! Les doctrines modernes ont porté atteinte à son esprit et ont réduit la loi générale régissant toute la distribution des richesses en une loi spéciale
elle-même menacée (1).
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1. Les doctrines nouvelles en montrant que la rente ne provient pas de l’inégale productivité, mais de la loi de l'offre et de la demande, diminue l’importance de la loi de inégale productivité. D'autre part, certains auteurs, Marshall notamment, lui contestent le caractère absolu qu'avait bien voulu lui donner Rieardo. Or cette loi est un des fondements sur lequel s’appuyait la théorie de la rente de Ricardo. Indirectement, celle-ci se trouve menacée par la ruine d’une de ses bases primordiales.
C’est avec l’école anglo-américaine que le théorie de la rente a atteint son plein développement ; depuis elle n’a pas subi de nouvelle évolution, elle est pour ainsi dire cristallisée.
Le mouvement doctrinal a imprimé à la notion de rente une double transformation: avec Ricardo, la
rente était « l'excédent de produit ou de revenu que
donne une terre relativement à la terre la moins favorisée » ; elle devient avec Marshall, au terme de D lun. : « l'excédent de bénéfice perçu au delà du coût de production, par la personne qui occupe une position avantageuse dans une branche quelconque de la production ». La rente n'apparaît plus
alors comme un don gratuit de la nature, mais
comme une manifestation du jeu régulier des lois de la valeur. Cette évolution devait avoir pour conséquence de faire considérer la rente, moins comme un revenu supplémentaire dont jouit le détenteur &’un instrument de production supérieur » que comme un surcroît de revenu qui dépend dans son expression des lois de Ja valeur. Les auteurs étaient ainsi amenés tout naturellement à assimiler le phéno-
: mène de rente et celui de plus-value, qui résulte
d'un déséquilibre momentané entre l'offre et la demande. La confusion est classique : Stuart-Mill proposait, pour confisquer la rente, de lever un impôt sur la plus-value (1). Henry George démon-