Souchon, /a Crise de la main-d'œuvre agricole
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Le bail ayantété consenti pour une durée de neuf années conséculives a expiré au 11 novembre 1920, c’est-à-dire au moment où les cours du bétail ont atteint leur hausse maximum.
La question qui se pose est la suivante. M. X... a donné en 1911 un cheptel de fer de 5.000 francs composé de onze bêtes.Doit-il reprendre onze bêtes à peu près identiques à celles de 1911 quant au poids, nature et qualité ou bien doit-il seulement retenir pour 5.000 francs de bétail au cours commercial de
Que vont représenter les 5.000 francs de 1911 au moment de la sortie ?
1 bœuf de travail ou 1 bonne vache suivie de son veau ou 2 taureaux ou 3 jeunesses ou 1 jument de travail.
Ainsi si l'on maintient l’ancienne façon de procéder, c'est-à-dire le système de l’estimation en valeur pécuniaire, le propriétaire foncier qui était à la tête d'un troupeau de 11 bêtes à cornes en 1911, ne
retrouvera à l’expiration du bail que une, deux ou trois têtes de bétail, suivant la catégorie à laquelle elles appartiennent.
S'il veut supprimer son fermier et reprendre la jouissance de son domaine, dans l’espérance d’un revenu plus élevé, il le peut en 1920, mais il lui faut faire un nouvel apport d'argent considérable, en l'espèce 20.000 à 25.000 francs.
A ce moment-là, il disposera seulement du faible outil confié à son fermier en 1911. S’il veut avoir un instrument d'exploitation productif, il lui faudra racheter tous les animaux supplémentaires dont son fermier avait fait acquisition en 1911, le cheptel de fer représentant généralement une mince partie du bétail indispensable.
Ici, dira-t-on, nous dépassons l’ordre d'idées qui fait l’objet de cette étude : ce cheptel supplémentaire n’est pas un cheptel de fer.
Certes ! Mais il nous a paru utile de le mentionner à cette place afin de bien montrer la charge financière qui incombera au propriétaire désireux d'éliminer son fermier. Ce cheptel supplémentaire dans un domaine de moyenne grandeur, peut!varier de 60.000 à 80.000 francs.
Un propriétaire foncier, possesseur de plusieurs domaines, doit donc pour en jouir disposer de plusieurs centaines de mille francs.
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$ 2. — Situation du fermier
Au milieu de l'échelle des divers collaborateurs, nous trouvons le fermier. A lui, il est devenu de tradition depuis quelque temps d'attribuer tous les profits. Dans toutes les plaidories rela aux règlements des plus-values de cheptels, l’x cat du propriétaire s’écrie invariablement : « Je dirais que les feriniers ont fait des affaires d’or, si l’or était encore en circulation », et il continue en parlant des fortunes agricoles nées de la guerre.
Il convient donc de se demander quelle est exactement dans la question des plus-values la part du fermier et de chiffrer les aléas dont celui-ci se joue pour acquérir le droit de percevoir cetle part.
Nous raisonnerons!| toujours sur notre hypothèse complexe supposant trois collaborateurs : propriétaire, fermier, métayer.
Reprenons l'exemple invoqué à propos du propriétaire foncier : M. X.., propriétaire, afferme en 1911 pour une durée de neuf années un domaine à M. Y..., fermier, qui le donne à moitié fruits à M. Z...,métayer.
Comment M. Y..…., fermier, va-t-il procéder ? En 191, il a reçu de son propriétaire un cheptel de fer de 5.000 francs qui constituait, nous l’avons dit, un instrument d'exploitation insuffisant pour obtenir du
domaine son plus haut rendement possible. M. Y
fermier, afin de faire face à ses engagements pécuniaires vis-à-vis du bailleur, et aussi afin de retirer le bénéfice normal de sa profession va y adjoindre un cheptel supplémentaire souvent d’une importance supérieure au cheptel de fer et il va confier le tout au troisième collaborateur, le métayer qui va ainsi travailler sans bourse déliée.
Peut-être pourrait on objecter que ce cheptel supplémentaire doit être fourni à moitié par le métayer et le fermier. Sans doute. Mais si le métayer ne possède pas le capital correspondant à sa quote-part, quelle autre ressource reste-t-il au fermier que d'assumer un fardeau double ? Pratiquement, on s'éloigne de plus en plus des « remboursements de cheptel » du métayer ; autrefois le mélayer mettait à honneur de posséder sa part dans le troupeau commun ; aujourd’hui il est devenn plus réaliste, plus positif. Il préfère consacrer les sommes pécuniaires dont il dispose à l’achat d’une petite propriété rurale, voir même de bons de la Défense nationale, et ilse dit que le fermier fournira tout le cheptel, et sans intérêt naturellement ; faute de quoi, sa combinaison deviendrait œuvre vaine.
Le cheptel supplémentaire créé par le fermier au profit du métayer est donc une nécessité. Au fur et à mesure de la hausse des cours, à chaque fois que le fermier installe dans le domaine un nouveau métayer, il doit élever la valeur pécuniaire de ce cheptel sup-
R. Virlogeux 5
plémentaire de façon que le cheptel conserve sensiblement la même signification en poids, nature et qualité qu’il avait avant la guerre.
Ainsi donc, si au cours du bail envisagé, des métayers différents se sont succédés en 1915, 1916, 1917, 1918, etc..., le fermier a dû à chaque changement faire un apport pécuniaire nouveau, relatif à son cheptel supplémentaire, et même au cheptel de fer du propriétaire, car les règlements avaient toujours lieu en monnaie, et le problème d’une conversion éventuelle de la valeur monnaie en valeur poids vient seulement d’être soulevé.
Dans le domaine dont nous avons parlé, le changement s’est effectué en 1918, c'est-à-dire à un moment où la hausse était déjà notable.
Nous nous trouvons en présence des éléments sui-
vants :
Valeur du cheptel à constitué par le Fer PRESS fermier au mé- | Valeur totale Ce de de tayer(cheptel de du cheptel.
P : fer et cheptel supplémentaire).
LOUE 5.000 francs 10.000 francs 14.000 fr.
KODORE 80.000 »
| On remarquera que tous les éléments n’ont pas varié suivant une proportion identique, à chaque
entrée d’un métayer, le fermier procède au mieux de ses intérêts et fait varier les capitaux supplémentaires, suivant les exigences du métayer nouveau. Comment vont donc s’effectuer les règlements de compte entre ces trois parties intéressées ?
Traditionnellement, ces règlements s’effectueraient de la façon suivante dans le cas envisagé :
Règlement de compte monétaire entre propriétaire, fermier, métayer