‹ Les plus-values de cheptel en BourbonnaisChapitre 26 sur 49 · ES ER · texte numérisé non relu

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siques. Maïs leurs conséquences prirent des proportions nouvelles. La loi de l’offreet de la demande, qui établit les prix, vit son cadre se resserrer. Le principe de la concurrence, régulateur des marchés, ne put s'exercer que dans un bien plus faible rayon. Partout des barrières se dressaient pour arrêter les produits de l’étranger; ici c’étaient les armées de l’envahisseur isolant les frontières terrestres qu’elles occupaient; là, c'était une guerre sous-marine multipliant les dangers des mers, entraînant une hausse insensée des frets; et enfin la barrière du change, obstacle de plus en plus infranchissable ne laisse passer que les produits de première nécessité, indispensables à l'alimentation publique ou aux besoins des armées. Le domaine de la concurrence se trouvait limité aux frontières du pays; et quelle concurrente allait pouvoir s'exercer dans le pays qui devait fournir le plus fort contingent de soldats par rapport à sa population !

L'absence des exportations étrangères, le change, la diminution de la production pationale et bien d’autres causes encore, entraînèrent ue mouvement de hausse qui dépassa toutes les prévisions, hausse des produits manufacturés et aussi hausse des denrées agricoles.

Il s'agissait d'événements dépassant de loin les plus fécondes imaginations. « L’intention des parties dit M. Bozon, n'était pas, assurément de prévoir la

guerre et ses conséquences, notamment l'élévation formidable des prix du bétail.Les contractants comptaient sur des cours à peu près normaux; négliger ce fait serait ne pas respecter leur commune intention. (1) »

« Quel est le propriétaire qui aurait donné à bail son domaine s’il avait pensé qu'il se produirait une guerre mondiale et que le preneur à sa sortie, viendrait, s'appuyant sur la hausse extraordinaire des cours, lui demander, par exemple, cent mille francs, alors qu'iln'en avait versé que dix mille. »

Et plus loin, conclut le même auteur : @ il faut le reconnaître sans détours, fermiers et colons d’une part, propriétaires d’autre part, ont contracté avec la pensée, la conviction que tout en étant exposés aux fluctuations habituelles des cours, ils ne risquaient point leur avoir. »

Que pouvaient logiquement prévoir les parties contractantes au moment de la conclusion du bail ? Une hausse analogue à celle qui s’est produite au cours de la période 1900-1914 et qui a fait varier le prix des animaux de 10 o/où 20 o/o. Et même en admettant l'hypothèse d’une guerre, dont les populations du Centre ont toujours douté jusqu’au jour de la mobilisation, n’y avait-il pas tout près de nous la dernière venue à ce moment-là, celle de 1870 donton parlait souvent dans les veillées à la campagne : on

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