À. Méplain, Dialogue sur le métayage, p
en 21 Or
dans sa hautaine limousine. Tout son effort de direction, tous ses calculs rigoureux qui seuls permettent à une industrie de vivre, se passent à l’ombre des bureaux et en collaboration avec les ingénieurs ét les coniremaîitres : l’ouvrier n’est qu’un exécutant de dernier plan. De là cette haine de classes chaque jour grandissante, ces explosions de colère qui vont parfois jusqu’à l’émeute.
La régie directe, mode de culture généralisée dans tout le Nord de la France, donne-t-elle de meilleurs résultats sociaux ? Le propriétaire (ou le fermier) «commande à des ouvriers ou à des domestiques avec lesquels il n’a d’autres relations que celles que lui impose son autorité. Quelque bon qu'il puisse être pour eux, il n’en sera pas moins toujours le patron, l’ennemi que l’on subit, mais pour qui l’on ne ressent que de la haine et pas d’amitié. Il commande, c’est un despote, et dans notre siècle on aime moins quejamais recevoir des ordres : on s’insurge contre le commandement (1) ».
Avec notre régime de métayage les intérêts des deux parties se confondent. Il y a union dans l'effort, identité dans l’aspiration. Ce qui est utile à l’un est utile à l’autre. Maître et métayer sont liés par une étroite solidarité : ils s’avancent du même pas dans e chemin de la prospérité, les coudes serrés l’un près de l’autre, se réjouissant ensemble des mêmes