‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 14 sur 76 · LA CULTURE CANANÉENNE AU XIV® S · texte numérisé non relu

LA CULTURE CANANÉENNE AU XIV® S

minante. Au temps de Hammourabi, le pays d'Amourrou était tributaire. de Babylone’. Sept siècles plus tard, à l’époque de la correspondance de Tell el Amarna, la Palestine soumise à l’Egypte continuait à se servir du babylonien comme langue officielle?. D’autre part, la domination égyptienne ne pouvait manquer d’exercer son action; les soldats et les fonctionnaires du Pharaon importaient dans les villes cananéennes leurs coutumes, leurs cultes et leurs superstitions*. L'influence égéenne, particulièrement active sur les côtes, paraît avoir pénétré dans le haut pays”. Enfin, à plusieurs reprises, les envahisseurs hittites se sont avancés vers le sud et y ont laissé, eux aussi, des traces de leurs arts et de leurs institutions”.

1 L'influence chaldéenne avait d’ailleurs précédé les conquêtes de Hammourabi. Vers 2600, Sargon l'Ancien se glorifie d’avoir étendu l'empire de Lagach jusqu'à la mer occidentale et d'avoir dressé ses stèles dans le pays de l'Occident. Et son fils Naram-Sin s'appelle le seigneur des quatre régions et se glorifie de conquêtes analogues. V. Lehmann-Haupt, Israel, seine Entwicklung im Rahmen der Weltgeschichte, 1911, p. 12 à 14.

? La découverte des lettres Ides archives de Taanak montre que le babylonien n'était pas seulement employé comme langue diplomatique, mais aussi pour la correspondance privée.

3 L'influence de la civilisation égyptienne, que les panbabylonistes avaient trop volontiers négligée, paraît s'être exercée, elle aussi, dès une antiquité très reculée. Les récentes fouilles de Byblos ont montré comment sous l’ancien empire l'Egypte était déjà en relations assidues avec la côte syrienne et y avait fondé d'importantes colonies. D'autre part, à l’intérieur du pays, les vestiges des tombeaux et des palais de Gézer attestent des influences égyptiennes antérieurement au ?e millénaire. V. H. Vincent Canaan d'après l'exploration récente, p. 427 à 463.

* L'influence égéenne paraît s'être exercée tout particulièrement dans la céramique et le travail des métaux. V. Dussaud, Les civilisations préhelléniques dans le bassin de la mer Egée, 1914, p. 290 à 326.

5 Les Hittites se sont installés dans la Syrie septentrionale et moyenne jusqu'au Liban au XVe siècle. D'abord refoulés par les grands Pharaons de la XVIIIe dynastie, ils sont probablement descendus jusqu’en Palestine sous Amenophis IV. Ramsès II, après les avoir combattus, les reconnaît officiellement et signe avec eux un traité d'alliance. Même après le recul des Hittites et la décadence de leur empire (1200), leur influence paraît être restée fort active, surtout dans le domaine du droit et dans les

L'établissement des Hébreux en Palestine marque un recul de la culture. Israël répugnait à la civilisation urbaine, Comme

les anciens patriarches, il habite à côté des villes cananéennes .

sans se souiller à leur contact impur. Et lorsqu'il à été le plus fort, il les a vouées par khérem, mais il ne les a pas rebâties.

Jéricho, Sichem, Megiddo, et tant d’autres cités autrefois pros- .

pères, ont été détruites, et ce n’est qu’à l’époque royale qu’elles se relèveront de leurs ruines. GR

Les clans israélites, dispersés dans le pays, depuis Dan jusqu'à Beerchéba, ne pouvaient manquer de subir à la longue l'attraction d’une culture supérieure. Tout en gardant leur indépendance anarchique et leur héroïque brutalité, ils ont appris du Cananéen asservi des mœurs et des pensées nouvelles.

Toute une littérature aux formes variées apparaît dès cette époque. Elle est toujours œuvre anonyme. Mais déjà nous remarquons une tendance à la spécialisation artistique. Il y a en Israël des poètes chanteurs et des conteurs. Dans la généalogie des Qénites, au chapitre IV de la Genèse, Youbal, fils de Lémek, est appelé l’ancêtre de ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau kol-tôphês kinnôr ve‘oûgâb*. Il s’agit sans doute de groupes de musiciens ambulants analogues aux aèdes et aux rhapsodes des Grecs ou aux bardes, jongleurs et ménestrels du moyen âge’. Le Yahviste les classe immédiatement après les nomades et avant les forgerons.

institutions militaires. Sur les rapports du code hittite avec la tora mosaïque, voir l'étude d’Aubert dans Revue d'histoire et de philosophie religieuses, 1924, p. 352 à 380.

1 Sur l'attitude des Benê Israël vis-à-vis de la civilisation des villes v. les récits du Yahviste et de l'Elohiste, particulièrement l’histoire de la tour de Babel et de la confusion des langues (Genèse XI) et l’histoire

de Sodome et Gomorrhe que Yahvé détruisit à cause de leur TES

(Genèse XIX, 1 à 29).

? Genèse IV, 21

* L'apparition de corporations de chanteurs et poètes marque un

moment décisif dans l’évolution artistique. Nous pouvons constater l’existence de pareils groupements chez un certain nombre de non-civilisés,

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