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Le Cantique de Débora peut avoir été composé un demisiècle environ après les sentences des Bénédictions de Jacob et de Moïse. C’est encore un chant de tribu beaucoup plus qu’un vrai chant national. Cependant le chemin parcouru est considérable, Nous rencontrons ici pour la première fois dans la littérature hébraïque une œuvre d’ample étendue, d'un art encore archaïque, mais déjà maître de ses moyens”, où le gémie
! V. surtout le Ps. CIV, qu'on pourrait appeler le cantique des créatures, et la description des merveilles de la nature dans la réponse de Yahvé à Job. (Job XXXVIII à XLI).
? Le texte en est souvent obscur et tourmenté. Mais cela tient sans doute beaucoup plus au caractère archaïque de la langue et aux insuffisances de la vocalisation massorétique, qu'à un manque de composition.
Au point de vue prosodique nous y constatons une certaine organisation strophique. Ce sont des strophes de 4, 6, 8 et 10 stiches, correspondant aux divers épisodes.
On peut proposer la division suivante: ?2—3; 15 6—8; 9—11; 12; 13—15a; 15b—16; 17—18; 19—22; 23; 24 27; 28-30: 31. Ce qui fait deux
d'Israël s'affirme avec ses aspirations les plus caractéristiques, et annonce quelques-unes de ses plus puissantes virtualités.
Le rédacteur du livre des Juges nous présente ce chant comme un hymne triomphal que Débora et Baraq auraient chanté après leur victoire sur les Cananéens au Thabor'. Nous avons vu que ce genre était très pratiqué par les anciens Israélites. Il est encore dans les mœurs des Sémites du désert. Le Père Jau&en dans ses Coutumes des Arabes au pays de Moab cite le chant de victoire que ‘Awdeh-Abou-Tâ’îieh chef des Haweïtât fit composer pour célébrer ses exploits sur les Charârât'. C’est toujours la même manière lyrique avec l’expression des mêmes passions élémentaires de joie, de colère et d’orgueil, et la louange proclamée sur les vaillants qui ont donné leur vie dans la mêlée.
Pourtant il paraît bien que nous avons dans le cantique de Débora plus qu'une improvisation occasionnelle; c’est déjà Ja composition méditée d’un poète, que les môchelim pendant des générations et des siècles ont conservée dans leur mémoire et reproduite ou imitée dans leurs chants.
Ces chants pouvaient être accompagnés de récits en prose. On était à la fois chanteur et conteur. Le récit du chapitre IV des Juges n’est sans doute pas le récit primitif qui devait servir d'introduction au Cantique. En tout cas, sous sa forme actuelle, il paraît être plus récent que le Cantique. Pour-
strophes de quatre stiches, quatre strophes de six stiches, trois strophes de
huït stiches, trois strophes de dix stiches; plus l'invocation finale, deux
stiches.
* 1 convient d'ajouter que, vu l'état du texte et les difficultés de sa
lecture, un tel essai de classification strophique reste nécessairement incer-
tain dans ses résultats.
? «En ce jour-là Débora et Baraq fils d'Abinoam chantèrent ce cantique... »
L'hypothèse traditionnelle de la composition par Débora paraît peu vraisemblable. Elle a contre elle le fait que le poète interpelle par deux fois Débora au cours du cantique v. 7 et 12.
2? En 1902. Jaussen op. cit., p. 178-180.
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