‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 28 sur 76 · RTE TA CET PI DT MOT MT · texte numérisé non relu

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Les deux premiers oracles sont manifestement les plus archaïques, et par la manière littéraire et par les idées exprimées. Ils sont aussi les plus proches des données de la légende.

Dans le premier chant’, Balaam dit comment il a été appelé par Balaq, mais il ne saurait maudire malgré Yahvé. Puis il salue

Israël comme le peuple mis à part et l’élu de Dieu. C’est un

peuple prospère et comblé de biens, ses milliers sont nombreux et ses vieillards parviennent à un âge avancé.

I1 m'a fait venir d'Edom*, Balaq, roi de Moab.

Des montagnes d'Orient il m'a appelé.

« Viens, maudis-moi Jacob, prononce l'imprécation’ sur Israël !

Comment maudirais-je, si El ne maudit pas ;

Comment prononcerais-je l’imprécation, si Yahvé ne prononce pas l'imprécation ?

Du sommet des montagnes je le vois,

Et du sommet des rochers je le regarde.

C'est un peuple qui a sa demeure à part,

Et qui ne sera point mis au nombre des goyim ?.

Qui peut compter la poussière de Jacob,

Qui peut dénombrer les myriades “ d'Israël ?

Puissé-je mourir comme meurent ces justes,

Et puisse ma fin ressembler à la leur”.

Le deuxième oracle, que l’on a souvent considéré comme une suite du premier, et qui lui est en tout cas apparenté, donne

plus récente, du moins sous la forme actuelle. Mais la mention des vaisseaux des Kittim dans le dernier oracle, n'est pas une raison suffisante pour en faire descendre la composition jusqu'au IVe siècle.

! Nombres XXIII, 7 à 10.

? Au lieu de àérâm, lire ‘édôm.

$ D'après von Gall la conception d'Israël comme le peuple mis à part parmi les peuples serait nécessairement postexilique et supposerait la prédication deutéronomique et la législation d'Ezéchiel. En réalité, nous la trouvons chez les prophètes du VIIIe siècle et Osée lui a donné sa siguification éthique la plus élevée. Mais elle n'était nullement étrangère au yahvisme populaire. Sous sa forme primitive, elle apparaît comme l’expression toute naturelle du nationalisme religieux qui s'affirme avec la conquête de David. Yahvé a vaincu les Baalim, il a chassé de Canaan les nations impures, et il a établi son peuple dans son héritage, dans la serre dont il est maître et seigneur.

4 Au lieu de rôba', lire ribebôt.

5 Au lieu de kämôhot, lire kemôhém.

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