L’'ACCLAMATION DU DIEU DE L’ARCHE
en l’honneur d’Horus d’Efdou :, Qu'il y ait eu en Israël une pratique analogue, une «acelamation du Dieu roi », cela est possible, encore que les preuves que l’on allègue en faveur de l'existence d’une fête spéciale soient très insuffisantes *. Dans tous les cas, Vacclamation de la royauté de Yahvé paraît avoir été. dès l’origine l’un des points culminants du culte, et elle restera un des thèmes habituels des psaumes de louange *.
sainte franchissait le seuil, on chantait l’acclamation du roi de gloire, v. 6 à 10.
1 Monwinckel, Das Thronbesteigungsfest Yahwäs, pp. 38 à 43. Sur la fête d’intronisation de Mardouk pour l’année nouvelle, v. Zimmern, Die Keilinschriften und das Alte Testament, pp. 370-371. F. Jeremias, Les Babyloniens et les Assyriens dans le Manuel d'hist. des religions de Chantepie de la Saussaye, trad. française, 1907, pp. 299 à 302. Alf. Jeremias, Das Alte Testament im Lichte des alten Orients”?, 1906, pp. 83 à 84. Sur la fête d'Horus d'Efdou, v. Erman, La religion égyptienne, trad. française, 1907, pp. 299 à 302.
2? Les allusions de Nombres XXII 21, «l’acclamation d’un roi», et d'Osée VII. 5, «le jour de notre roi» constituent un appui un peu mince pour une aussi vaste hypothèse. On s'explique assez facilement que des auteurs du Code de sainteté et du Code sacerdotal aient oublié la signification primitive des temps ‘sacrés. Mais le code de l'alliance et le code yahviste ne connaissent pas davantage une fête de l'avènement de Yahvé :
la fête de la fin de l’année n'est pour eux qu'une fête de la nature et de la vie rurale. ;
Mowinckel nous décrit avec force détails les divers actes de la fête, et les rites et les mythes cultuels qui s'y rattachaïient, et les sentiments de crainte et de joie qui caractérisaient la piété des participants. Maïs les sacrifices, les offrandes de prémices, les libations, purifications, processions triomphales autour du sanctuaire et des murs de la cité, etc. ne constituent pas nécessairement le rituel d’un drame d’intronisation. Quant aux psaumes célébrant la royauté de Yahvé, c'est sans doute en rétrécir la portée que d'en faire la liturgie d'une fête particulière. La royauté chez à les Sémites étant l'attribut divin par excellence, il était naturel que l'on ! acclamât Yahvé comme roi toutes les fois que l'on voulait célébrer ses vertus comme dieu de la nation. Voir notre étude critique « Le jour de Yahvé et la fête de l'avènement de Yahvé» dans Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1923, p. 262 à 268.
3 Signalons pour mémoire l'hypothèse de Duhm, d’après laquelle Ps. XXIV, 7 à 10 aurait été composé en 165 à l'occasion de l'entrée dans le temple des soldats de Judas Macchabée, après la purification du lieu saint. Duhm, Die Psalmen?, pp. 100 à 104.
On peut rapprocher du chant du retour de l'arche les paroles de dédicace par lesquelles, d’après I Roïs VIII, 12. 15, Salomon aurait inauguré le sanctuaire royal.
Le Seigneur a placé le soleil dans les cieux,
Mais lui-même a dit qu'il habiterait dans l'obscurité. J'ai bâti une maison pour te servir de demeure,
Une habitation pour te servir de résidence à jamais *
Ceci est assez différent du discours et de la longue prière que le rédacteur deutéronomique du livre des Rois a mis dans la bouche du prince sage et pieux. Mais la formule a une authentique couleur d’antiquité. Yahvé y est désigné comme le grand Dieu solaire, et il est confondu avee le Baal du ciel, un trait du syncrétisme salomonien qui a certainement son origine dans la religion # des bâmôt. Le culte de Baal-Chémech était assiduement pratiqué #1 en Canaan avant la conquête*, et il était naturel que le Dieu d'Israël en prît les attributs. Yahvé n’était-il pas lui-même un dieu céleste, le dieu de l'orage, qui commande aux étoiles? C’est. comme tel qu’il est apparu dans le cantique de Débora. Et dans le temple de Jérusalem, jusqu’à la veille de l’exil, les symboles du culte solaire garderont droit de cité*.
11 est possible que nous ayions ici une ancienne invocation en usage dans le culte des anciens sanctuaires. Yahvé, le Dieu qui a créé le soleil et qui dirige l’armée des cieux se manifeste aussi sur la terre, mais il demeure toujours dans la nuée et il ne
‘ Le premier stiche doit être restitué d'après les Septante, I. Rois, VIII, 53. “Hhov éyvdpioev ëv oùpav® küpioc … manqué dans le texte massorétique. Les Septante ajoutent après la citation «n'est-ce pas écrit dans le livre du chant oùk tooù QÜTN YÉFPATTOL EV BiBliw This wWofc. Quel est ce livre du chant? Wellhausen estime que le traducteur a lu fautivement hachchir pour hayyächär. Le fait que cette formule de dédicace aurait fait partie du livre du yâchâr serait un argument pour son origine présalomonienne. Mais cette interprétation n’est rien moins qu'évidente. .
? Conf. les noms de localités : Beth-chémech, Ir-chémech, En-chémech. Josué XV, 7, 10; XIX, 22; XXI, 16; I. Sam. VI, 12; I. Chron. VI, 59.
5 II. Rois XXIII, 11. Ezéchiel VIII, 16.