LES LAMENTATIONS DE LA COMMUNAUTÉ
cette idée, d’après laquelle le Dieu, en tournant sa face vers son peuple, peut le sauver et lui rendre la vie, est le fait d’une religion encore toute populaire et naïvement anthropomorphique.
Et voici des formules parallèles que nous retrouvons dans les autres psaumes de lamentation:
D'abord, la description de la détresse du peuple, avec cette constatation qu’Israël, abandonné par son élohim, est un objet de moquerie pour les peuples ennemis.
Tu nous exposes aux outrages de nos voisins, A la risée et aux sarcasmes de ceux qui nous SRIourens
Tu fais de nous la fable des nations, Et les peuples hochent la tête en parlant de nous‘.
Puis la supplication, l’appel au Dieu qui efface les péchés de son peuple et qui le délivre du malheur.
Rétablis-nous, Dieu de notre salut
Et détourne * de nous ton ressentiment.
Seras-tu à jamais courroucé contre nous ?
Persisteras-tu d'âge en âge dans ta colère ?
Ne nous feras-tu pas revenir à la vie, Afin que ton peuple se réjouisse en toi?
Yahvé, montre-nous ta grâce
Et accorde-nous ton salut *.
Mais Yahvé reste sourd à la plainte de son peuple, et la délivrance tarde à venir. Alors, la prière devient plus anxieuse, et les appels se font plus pressants: « Jusques à quand Yahvé? Souviens-toi de nous, Yahvé! Réveille-toi, Seigneur! »
Jusques à quand, Yahvé, t'obstineras-tu dans ta colère Et ton courroux brûlera-t-il comme du feu ?.….
précurseurs de l'ère messianique. V. Bible du Centenaire, Les Psaumes, p. 85. Autant d'hypothèses fort ingénieuses, mais qui compliquent le problème sans en donner une solution suffisante.
LPS, XLIV, 14, 15. Comp. LXXIX, 4.
? Au lieu de vehdphér lire vehäsér.
Ps LXXXV, 5 à 8.
4 Ps. LXXIX, 5.
Réveille-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Réveille-toi, ne nous rejette pas à toujours.
Pourquoi caches-tu ta face ?
Pourquoi oublies-tu notre misère et notre oppression ? Lève-toi, viens à notre secours
Délivre-nous à cause de ta bonté :.
Reviens, Yahvé, jusques à quand ?
Aïe pitié de tes serviteurs *? !
Ce sont là des paroles rituelles, qui peuvent s’appliquer à des circonstances très diverses, et les allusions à des événements historiques que l’on a cru y découvrir sont plus qu’incertaines, Dans ce cadre traditionnel les poètes du Psautier ont développé incessamment leurs variations, exprimant les sentiments d’angoisse et de contrition de la communauté au milieu des catastrophes, et aussi leur indéfectible espérance au secours de Yahvé:
À côté des hymnes et des lamentations de la communauté, il y avait place dans le culte des sanctuaires pour la supplication individuelle. Bien que Yahvé fût avant tout le Dieu national, le Dieu de toutes les familles d'Israël, il ne dédaignait pas à l’occasion d’intervenir dans les cas privés et de porter secours aux plus humbles enfants de son peuple. Il était plus puissant que toutes les idoles domestiques, et tous ceux qui montaient au sanctuaire pouvaient lui adresser leur requête.
Le premier chapitre de 1 Samuel nous montre Anne, la femme d’Elqana, se recueillant à Silo au milieu de la fête et invoquant Yahvé en silence pour qu’il la rendît féconde. Et le prêtre Héli lui dit: « Va en paix, et que l’Elohim d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée »‘. Il ne paraît pas cependant que la prière individuelle aït été primitivement une médita-
1 Ps. XLIV, 24. 25, 27.
PPS CMS:
3;T'Sam. 19) à)19
RITES ET LITURGIES DE PÉNITENCE 5 Fa 18 d
tion silencieuse. Aussi bien que l’hymne cultuel, elle était une parole, une oraison, que l’on répétait dans un certain rythme et avec certains gestes. Et surtout elle était liée aux manifestations de la vie collective, et accompagnée de rites, sacrifices, purifications, expiations, qui dérivaient de la société religieuse, et qui faisaient partie du culte établi.
Parmi les prières individuelles que nous trouvons dans le Psautier, un très grand nombre sont des lamentations exprimant la plainte du malheureux, du persécuté, du malade, qui viennent implorer la pité de Yahvé et lui demander la délivrance. D’après la conception populaire et les croyances généralement répandues dans l’Orient $Sémitique, la souffrance et le malheur avaient pour -cause soit l’influence des esprits mauvais que les magiciens par leurs enchantements avaient suscités contre les hommes, soit la colère des dieux qui poursuivait les coupables et châtiait le péché. Mais dans tous les cas les prêtres savaient les moyens pour apaiser les dieux et les esprits, et pour guérir les maux des hommes.
Dans les sanctuaires babyloniens il y avait l’achipou, le conjurateur qui purifiait et exorcisait les malades, et offrait les rites expiatoires pour apaiser les dieux irrités *.
Le pénitent venait en vêtements de deuil, et dans une litanie il disait sa misère et sa détresse, il répétait:
Que la fureur soit apaisée dans le cœur du Seigneur !
Le dieu que je ne connais pas, qu'il soit apaisé !
La déesse que je connais pas, qu'elle soit apaisée !
Que le cœur de mon dieu soit apaisé !.
Seigneur, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits, Ma déesse, mes péchés sont nombreux, grands mes méfaits.
Le péché que j'ai commis, je ne le connais pas. Le Seigneur, dans le courroux de son cœur il m'a regardé défavorablement.
2 Sur les causes de la maladie d’après la croyance israélite ancienne, voir l'étude exacte et pénétrante d’'Ad. Lods, Les idées des Israélites sur la maladie, ses causes-et ses remèdes. Festschrift für Karl Marti, 1925, pp. 171 à 193.
Le dieu, dans le courroux de son cœur il m'a frappé,
La déesse s'est irritée contre moi et m'a rendu malade.
J'appelle au secours, et personne ne me tend la main,
Je pleure et l’on ne vient pas à mon côté,
Je pousse des cris et personne ne m'écoute.…
Je me tourne vers mon dieu miséricordieux, je l'implore à voix haute, Je baise les pieds de ma déesse, je la touche...
O Seigneur, regarde vers moi, reçois mes supplications !
O déesse, regarde vers moi, reçois mes supplications !...
Jusques à quand, Ô mon dieu ?…
Jusques à quand, Ô ma déesse ? …
O dieu, ne repousse pas ton serviteur ;
Quand il est tombé dans les eaux fangeuses, salsis-lui la main !
Le péché que j'ai commis, change-le en bien,
La faute que j'ai faite, puisse le vent l'emporter,
Et mes nombreux méfaits, enlève-les comme un vêtement !
Mon dieu, mes péchés seraient-ils sept fois sept fois, efface mes péchés ! Ma déesse, mes péchés seraient-ils sept fois sept fois, efface mes péchés ‘!
Aïnsi implorait le pénitent ; et après lui l’achipou implorait à son tour, appuyant de son autorité mystique la demande, et cherchant à susciter la pitié des dieux :
Dans l'angoïsse de son cœur, dans les pleurs amers il est assis. - Avec des cris douloureux, dans l'angoisse de son cœur, dans les pleurs amers, dans les soupirs amers, il gémit.]| Comme une colombe, il est plein de tristesse, jour et nuit. à Vers son dieu miséricordieux il hurle comme un buffle et profère de douloureux soupirs...] Devant son dieu il se jette en priant face contre terre, il pleure et gémit sans cesse ?.
Puis le conjurateur prononcçait la formule d’exorcisme:; il chassait l’esprit mauvais du corps du malade:
Que le mauvais outoukkou et le mauvais alou se tiennent à l'écart! Que l'outoukkou bienveillant, le chedou bienveillant soient présents ! 5
Zimmern, Babylonische Hymnen und Gebete, I, pp. 22 à 24 et Die Keïilinschriften und das Alte Testament, 3, pp. 611-612. M. Jastrow, Die Religion Babyloniens und Assyriens, II, pp. 101 à 104 Gressmann-Ungnad, Altorientische Texte, pp. 90, 91.
? Dhorme, La religion assyro-babylonienne, p. 289. M. Jastrow, 09. cit., II, p. 96.:
* Dhorme, La religion assyro-babylonienne, p. 46.
Ou bien il invoquait les dieux protecteurs du malade et prononçait en leur nom l’incantation :
Que ses péchés soient effacés, ses fautes éloignées, que son charme soit rompu, que ses maladies soient repoussées par la vertu de votre illustre nom, qu'ils s'éloignent, s’effacent, disparaissent, le péché, le charme qui ont été faits pour le malheur de l’homme ! ‘
Dans la plupart des cas le mal ne résistait guère à la magie de la parole, Cependant on employait aussi d’autres rites: des rites purificateurs tels que les ablutions et fumigations, des rites destructeurs comme l’envoûtement, des rites transmetteurs comme le sacrifice du pore ou de l’agneau émissaire. Il y avait même toute une pharmacopée magique pour la délivrance du péché: des mélanges de plantes et de graines qu’on faisait absorber au malade, des onguents dont on le frottait, ou bien on mettait maladies et péchés sur un objet et l’on jetait cet objet au feu avec certaines formules conjuratoires”. Ces diverses cérémonies purifiaient le malade de son péché et le libéraient des influences néfastes. Il «redevenait beau», il «redevenait sain et sauf », il était de nouveau « fils de son dieu »*.
Qu'il y ait eu dans l’ancien Israël des croyances et des pratiques analogues, c’est ce qui semble ressortir des allusions plus ou moins explicites des psaumes pénitentiaux. |
Considérons par exemple le Ps. VI qui nous apparaît comme une formule de prière particulièrement sobre, et encore toute primitive dans sa conception religieuse.
? Lagrange, Etudes sur les religions sémitiques, p. 227.
? Sur l’exorcisme chez les Babyloniens v. Fossey, La Magie assyrienne, p. 70 à 130. Sur les fonctions de l’achipou v. Dhorme, La Religion assyro-babylonienne, p. 284 à 291.
3 V. Fossey, La Magie assyrienne, p. 122 à 134. Comp. les rites d'expulsion des maux et d'expiation chez les non civilisés. J. Frazer, Le Rameau d'Or, trad. française, 1908, t. I, pp. 233 à 393. A. Loïsy, Le Sacrifice, p. 308 à 318.
Yahvé, dans ta colère ne me punis pas,
Et dans ton courroux ne me châtie pas!
Aie pitié de moi, Yahvé, car je suis sans force; Guéris-moi, Yahvé, car mes os sont dans l’'épouvante Et mon âme est toute troublée.
Maïs toi, Ô Yahvé, jusques à quand?
Reviens, Yahvé, sauve ma vie,
Délivre-moi à cause de ta bonté ;
Car dans la mort on ne se souvient plus de toi, Et dans le chéol, qui célèbre tes louanges ? ?
Je suis épuisé par mes gémissements.
Chaque nuit je baigne ma couche,
De mes larmes j'inonde mon lit.
Mon œil se consume de chagrin,
Il vieillit à cause de tous mes persécuteurs ?,
Loin de moi, vous tous, les pô lé ‘’âvén!
Car Yahvé a entendu mes pleurs,
Yahvé a entendu ma supplication ;
Yahvé accueille ma prière.
Qu'ils soient couverts de honte
Et pleins d'épouvante tous mes ennemis,
Qu'ils lâchent pied, soudains couverts de honte!
1 Conf. Ps. XXXVIII, 8.
? Comp. Ps. XXX, 10 et Esaïe XXXVIII, 18, 19.
3 Comp. Ps. XXXI, 10 à 14; XXXVIII, 4 à 6; CLI, 6 à 10. Cette phraséologie n'est pas spéciale aux psaumes bibliques, nous la trouvons déjà dans les lamentations babyloniennes. Par exemple dans le poème du juste souffrant :
La maison s'est changée pour moi en prison.
I1 m'a frappé du fouet, et il n'y avait pas de fin;
D'un bâton il m'a percé, et sa pointe était forte.
Tout le jour le persécuteur me poursuit,
À l'arrivée de la nuit il ne me laisse pas respirer un instant.
A force d’agitations mes nerfs sont dénoués,
Mes forces sont déprimées, je vois un mauvais présage.
Sur ma couche anéanti comme un bœuf,
Je suis inondé de mes excréments comme un mouton.
Mon dieu n’est pas venu à l’aide,
Ma déesse n'a pas eu pitié de moi, elle n'a pas marché à mon côté.
Dhorme, Textes religieux assyro-babyloniens, pp. 372 à 379. Et à la fin d'un hymne à Ichtar :
Moi je t'invoque, soupirant, souffrant, ton A ae Regarde-moï, Ô ma souveraïne, accueille ma prière !
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Le malade est venu au sanctuaire «pour voir la face de Yahvé »:, Il décrit d’abord le mal qui le frappe, il est brisé dans son corps et tourmenté dans son âme. Les ravages de la maladie sont dépeints avec un réalisme particulièrement expressif. Cependant nous avons ici non pas nécessairement la description d’un cas particulier, mais plutôt une phraséologie traditionnelle qui se retrouve dans beaucoup d’autres psaumes pénitentiaux ?.
Quant aux pô‘alé ’âvén qui poursuivent l’orant d’une haine sans merci, c’étaient primitivement, ainsi que l’a montré Mowinckel, les magiciens qui ont envoûté le malade’, Ils accomplissent contre lui des rites destructeurs, lui perçant les mains et les
Regarde-moi favorablement et entends ma supplication,
Dis ma délivrance, et que ton cœur s’apaise !
Délivrance de mon corps affligé qui est plein de trouble et de désordres ! Délivrance de mon cœur souffrant qui est plein de pleurs et de soupirs !: Délivrance de mes tristes présages troubles et confus !
Délivrance de ma maison angoissée qui profère des plaintes ! Délivrance de mon âme saturée de pleurs et de soupirs !…
Dhorme, Choix de Textes religieux assyro-babyloniens, p. 356 à 361. Conf. Zimmern, Babylonische Hymnen und Gebete, I, p. 21, 22.
Pour la question des analogies et parallèles entre les psaumes bibliques et les psaumes babyloniens, v. M. Jastrow, Die Religion Babyloniens und Assyriens, II, pp. 133 à 137.
PPS AV, 8, LXIII, 2 à 4.
2 Conf. Ps. XXII, 13 à 15, XXXI, 10. 10, XXXVIIL, 4 à 6.
3 V. Mowinckel, Psalmenstudien I, Awän und die individuellen Klagepsalmen, pp. 76 à 133.
En nous ralliant à l'interprétation ingénieuse et pénétrante que Mowinckel a donnée des mots ’âvén et pô'älé ‘âvén, nous croyons devoir maintenir quelques-unes des réserves que nous avions faites dès l’apparition du premier volume des Psalmenstudien, Revue d'Hist. et de Phil. religieuses, 1922, pp. 284 à 286. Il nous paraît que l’auteur, dominé par les conceptions trop systématiques de l’école sociologique, a quelque peu négligé les aspects individuels et éthiques de la religion d'Israël. Pour ce qui est des lamentations pénitentielles, le passage de la magie à l'expérience reli- . gieuse éthique, tout en étant explicitement reconnu (p. 117, 118), n’a pas été mis en lumière avec toutes ses conséquences. D'autre part, la réaction contre l'interprétation historico-sociale ne laisse pas d’être par moments excessive. Monwinckel estime qu'il n'y a pas de place dans l’histoire d'Israël,
pieds‘, tendant des pièges à son âme, ou prononçant sur lui les paroles de malédiction *. Mais Yahvé est plus fort que tous les maléfices des magiciens, et il déjoue leurs enchantements. C’est pourquoi le fidèle l’appelle à son secours; il peut le délivrer, le sauver.
C'est vers toi, Yahvé Adonay, que je tourne les yeux, Auprès de toi je cherche un refuge, ne laisse pas s'écouler ma vie. Protège-moi contre les pièges qu'ils me tendent Et contre les lacets des p6'älé ’âvén, Que les méchants tombent dans leurs propres filets, Qu'ils soient comme la balle emportée par le vent! ?.
Le dernier distique est une parole de malédiction. On pouvait combattre l’adversaire sur son propre terrain par la magie de la parole. La malédiction, lorsqu'elle était prononcée au nom de Yahvé, avait une portée décisive, et elle mettait tout l’art du devin en désarroi. De là les nombreuses formules de malédiction contre les rechâim que nous trouvons dans les psaumes ‘,
Que leur table devant eux devienne un filet.
Et leur repas de sacrifice un piège.
Que leurs yeux s'obscurcissent et qu'ils ne voient plus, Et fais que leurs reins soient agités d'un tremblement. Déverse sur eux ta colère.
Et que le feu de ton courroux les accable !
Que leurs douars soient dévastés,
Et que dans leurs tentes il ne reste plus d'habitants ‘!.…
avant les persécutions d'Antiochus Epiphane pour la grande oppression des anavim telle qu'on croit la retrouver dans le Psautier. Cependant, dans les protestations des prophètes depuis Amos jusqu'au Trito-Esaïe, et Malachie, n'est-il pas question du conflit des piétistes et des mondains ? Et ce conflit appartient bien au monde de l’histoire et de la vie politique, et non au monde des pouvoirs mystiques et de la magie, PR
1 Ps. XXII, 17.
? Ps. XXXVIII, 13; LVII, 7; CXL, 6; CXLI, 10; LIX, 8.
5 Ps. CXLI, 8 à 10. Conf. Ps. XXII, 20 à 22; LIX, 2 à 5.
# Ps. V, 10, 11; XII, 4, 5; XXX, 21; CXL, 4; CXL, 10 à 12.
5 Au lieu de velichelômim lire vechalméhém. .
$ Ps. LXIX, 23 à 26.
Et dans un autre psaume:
Qu'ils soient honteux et confus,
Ceux qui en veulent à mon âme!
Qu'ils lâchent pied en rougissant,
Ceux qui complotent mon malheur !
Et que l’ange de Yahvé les pourchasse ‘ !
Que leur sentier soit ténébreux et glissant,
Et que l'ange de Yahvé les terrasse !
Car sans raison ils ont tendu leur filet contre moi *. Ils ont creusé une fosse pour mon âme.
Les allusions à des rites de conjuration accomplis sous la direction du prêtre sont plutôt rares dans les psaumes de péni-
-1 Au lieu de dôkhé lire dôkhäâm et intervertir 5b et 6b.
? Avec la version syriaque intervertir chakhat et richtâm.
3 Ps XXXV, 4 à 7. Conf. Ps. XL, 15 à 17; LVIII, 7 à 10; LXX, 3, 4; LXXI, 13; XXXIII, 14 à 19; CXL, 10, 11.
On peut trouver des formules de malédiction analogues dans les autres littératures sémitiques. Ainsi chez les Babyloniens dans une incantation à Gichbar, génie du feu :
Qu'ils meurent, eux; que moi je vive;
Qu'ils passent, eux : que moi je prospère ;
Qu'ils soient anéantis, eux ; que moi je reste debout ; Qu'ils s'affaiblissent, eux, que moi je me fortifie !… O Gichbar, brûle Île sorcier et la sorcière...
O Gischbar, consume-les...
O Gichbar, emporte-les..
O puissant, leurs richesses enlève,
…. leurs possessions dissipe,
Leur demeures ravage violemment !
F. Martin, Textes religieux assyro-babyloniens, pp. 146 à 149. Conf. Fossey, La magie assyrienne, p. 102, 108.
Chez les anciens Arabes. Ainsi Khoubaïb ben ‘Adi mourant maudit ses adversaires en ces termes :
O Dieu, compte-les selon leur nombre, Et tue les tous l’un après l’autre, Et n'en laisse subsister aucun!
G. Hôlscher, Die Profeten, 1914, p. 94 (Comp. aussi cette formule de conjuration de Wa-pokomo citée par Mgr. Leroy, La Religion des primitifs, p. 299. |
Celui qui ensorcelle notre village, qu'il meure!
Celui qui profère contre nous un sort mauvais, qu’il meure ! Celui qui dit : ce village est riche, ces hommes sont nombreux, Celui qui parle ainsi est un jaloux, qu'il meure !
tence. Sans doute est-ce parce que les psalmistes estimaient que l’hommage des lèvres, a plus d'efficacité pour le pardon des péchés que tous les autres gestes sacrés’. Nous trouvons cependant au psaume XX VI et au psaume LI la mention de purifications :
Je lave mes maïns dans l'innocence
Et je fais le tour de ton autel, Yahvé ?.
Purifie-moi de mon péché avec l’hysope, afin que je sois pur; Lave-moi et je serai plus blanc que là neige *.
Après la purification avait probablement lieu le sacrifice expiatoire, selon le rituel que décrira plus tard la tora lévitique (Lévit. IV, 22 à V, 13). Pendant le cérémoniel le prêtre prononçait certaines paroles liturgiques, bénédiction ou oracle. Par exemple, il disait en s’adressant à l’orant:
Mets ton espérance en Yahvé Fortifie-toi et que ton cœur s’affermisse Mets ton espérance en Yahvé“!
Ou bien, il annonçait la réponse divine:
A cause de l'oppression des affligés, À cause du soupir des pauvres, . Maintenant je me lève, dit Yahwvé, Et j'apporte le salut à qui soupire après lui *.
1 Yahvé se plaît à la louange plus qu'à l'holocauste. Seigneur, ouvre mes lèvres Et que ma bouche publie ta louange.
Tu ne prends point plaisir aux sacrifices, Et si j'offrais un holocauste tu ne l'agréerais point. Comparer la prédication anti-cultuelle d'Amos V, 21 à 24, Michée VI, 6 à 8, Ps. LI, 17,18. Mais de pareilles déc'arations peuvent s'expliquer tout aussi bien par le fait que les psalmistes se sont recrutés en partie parmi les chanteurs du temple. Au reste à diverses reprises les sacrifices d'action de grâces, les vœux et même les holocaustes sont mentionnés et recommandés. Ps. L, 14, 23; LVI, 13; LXI, 9; LXVI, 13 à 15; CXVI, 17 : 19. 2 Ps. XXVI, G.
PAPSUET:
? Ps. XXVII 13, 14 Conf. XXXI, 5; XXXII, 8.
5 Ps. XII, 6. Conf. XCI, 14 à 16.
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