‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 54 sur 76 · L'ÉCRITURE ET L’ÉVOLUTION LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE ET L’ÉVOLUTION LITTÉRAIRE

. du trône de Salomon, telle qw’elle est donnée par l’historiographe des Rois’, ainsi que par les objets cultuels ou profanes de la même époque, retrouvés dans les fouilles palestiniennes, comme l'autel des parfums découvert par Sellin à Taanak, et les sceaux d’origine israélite découverts à Gézer. Un art un peu lourd dans les ensembles, mais le détail est riche, et parfois d’une heureuse fantaisie ?.

Un point sur lequel l’industrie indigène paraît s'être particulièrement développée, et est parvenue à une certaine originalité, est la céramique. La période égéo-cananéenne de la céramique s'arrête vers 1300, c’est-à-dire avec l'invasion des Hébreux. Depuis ce moment jusque vers l’an 1000, c’est le genre phénicien chypriote qui prédomine, c’est-à-dire une céramique d’importation. Mais à partir du Xe siècle les vases importés deviennent plus rares, et nous voyons se multiplier les produits d’une cramique authentiquement israélite, au reste bien inférieure à la céramique grecque de la même époque, et aussi à l’ancienne céramique cananéenne; les vases sont plus épais, la matière plus grossière, mais l’ornementation, encore qu’assez maladroite, est parfois gracieuse en sa rusticité *.

De telles transformations dans la vie d’un peuple ne pouvaient manquer d’avoir leur répercussion sur le développement littéraire. C’est avec l’époque royale que paraît ‘avoir commencé

la littérature écrite.

L'écriture, connue depuis de longs siècles, en Palestine, sous sa forme cunéiforme, paraît avoir été réservée tout d’abord à

tRoïs VI, 14 à 36. VII ,15 à 17.

2 Sur le développement de l'art israélite, voir Benzinger, Hebräische Archäologie *, p. 205 à 226, et Bertholet, Kulturgeschichte Israels, p. 148 à 156.

| 3 Sur l'évolution de la céramique palestinienne, v. P. Vincent, Canaan d'après l'expioration récente, p. 297 à 360.

l'usage diplomatique et aux actes officiels, comme c’est le cas pour les lettres de Tell-el-Amarna*'. Cependant, vers le milieu du second millénaire, nous voyons apparaître l’alphabet cananéen, d’un usage beaucoup plus facile et pouvant s'adapter aux besoins courants de la vie sociale et commerciale. Encore, sous cette forme, l'écriture ne doit-elle s'être vulgarisée qu’assez lentement, si l’on en juge par la rareté des documents retrouvés — des inscriptions sur les murs d’un:temple*, ou sur un tombeau royal‘. L'écriture n’est employée que pour la fixation des . paroles particulièrement décisives : formules sacrées, coutumes et lois, ordres des rois, et aussi les contrats et les actes commerclaux *.

Ce n’est que relativement tard que lécriture a servi à la

? Que dans ces limites l'écriture cunéiforme ait été largement pratiquée à l'époque égyptienne, cela ne ressort pas seulement de la correspondance de Tell-el-Amarna, mais aussi des découvertes de l'archéologie palestinienne avec les lettres de Taanak et de Lachis et les contrats de Gézer (v. H. Gressmann, Die Ausgrabungen in Palästina und das A.T. 1908, p. 14 à 22 et A. Bertholet, op. cit., p. 64 à 67). Maïs ici encore l’invasion des Benê Israël, aussi bien que la décadence des grandes monarchies civilisatrices d'Egypte et de Chaldée, marque un recul de la culture cananéenne.

2 Sur les caractères alphabétiques du temple de la déesse Hathor au Sinaï, v. Eisler, Die kenitischen Weihinschriften der Hyksoszeit, 1919, l'article de Ch. Bruston, Les plus anciennes inscriptions cananéennes, dans la Revue d'Histoire et de Philosophie religieuses, 1923, pp. 90 à 94.

? Sur l'inscription phénicienne du tombeau d'Akhiram, découverte par P. Montet à Byblos, voir l'article Dussaud dans Syria, 1924, p. 135 à 137. Voir aussi P. Vincent, Les fouilles de Byblos, dans Revue Biblique, 1955, N° 2, et Ch. Bruston, dans Revue d'Histoire et de PHHÉERS religieuses, 1926, n° 3.

* Dans le récit égyptien du voyage de Wen-Amon chez Zakarbaal, roi de Byblos, on peut voir qu'au XIe siècle les petits princes commerçants de la côte phénicienne ont à côté d'eux un scribe chargé non seulement de la correspondance diplomatique, mais qui tient leurs comptes et AR leurs contrats.

Pour la diffusion de l'écriture en Canaan à l'époque des Juges, v R. Kittel, Geschichte Israels, II, pp. 119 à 121, et L. Desnoyers, Israël au temps des Juges, 1922, pp. 368 à 373.

| 5als Liane | Éétead ee GS F ee = } ' C2 N , j

Page 1