CHANTS DE TRAVAIL
Rouge un chant de victoire caractéristique du genre, c’est le chant de Miryam, sous sa forme primitive. Après le désastre des Egyptiens et la délivrance d’Israël, Miryam, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit en main un tambourin, et toutes les femmes allaient après elle avec des tambourins en dansant. Et Miryam disait: Chantez Yahvé, car il est très grand!
Cheval et cavalier, il les a précipités dans la mer,
Et le chœur des femmes répétait les mêmes paroles.
Ces deux stiches sont un psaume de louange’, peut-être le plus ancien psaume qu’'Israël nous ait laissé. L’art en est rudimentaire et la religion n’y dépasse pas les notions primitives du yahvisme tribal et de la guerre sainte. Plus tard seulement, à l'époque royale, un poète développera en strophes magnifiques les motifs pour lesquels Yahvé doit être loué, et ce sera le’ cantique de l’Exode.
Il n’y avait pas au désert que des chants de guerre. Les Benê Israël, semi-nomades, n’étaient pas précisément une race de conquérants et de destructeurs. Ils se livraient aussi aux travaux de la paix et ils se réjouissaient des joies de la paix. Et ces joies et ces travaux avaient aussi leurs paroles rythmées.
Tel le chant pour le percement du puits, rapporté par le rédacteur élohiste dans la description des pérégrinations d'Israël en Transjordane.
Alors Israël chanta cette chanson :
Source, jaillis, chantez à cause d'elle!
O puits que les chefs ont ouvert
1 Exode XV, 21.
2 La fête triomphalé était accompagnée de cérémonies cultuelles que l'on célébrait au lieu sacré: sacrifices d'actions de grâces, offrande des prémices du butin (Nombres XXXI, 28, 29), avec primitivement immolation de victimes humaines (Juges XI, 31, 39; I Samuel XV, 32, 33). Avant
. de déposer les armes les guerriers accomplissaient certains rites de purification et d’expiation qui devaient assurer le passage de l’état sacré à l’état profane (Nombres XXXI, 19 à 24). V. F. Schwally, Semitische Kriegsaltertümer, p. 106 à 108.