‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 7 sur 76 · HAE AU · texte numérisé non relu

HAE AU

AO

Et qu'ont creusé les chefs du peuple tal À Avec leur sceptre, avec leur bâton, | 0) Comme un don du désert !.

Creuser un puits est un acte particulièrement important de la vie de la tribu et qui doit être accompli avec solennité et suivant certains rites. Les anciens se sont réunis et ils ont désigné le lieu avec leur verge magique”. Puis les hommes se sont mis à l’œuvre en chantant. Le chant est à la fois un chant de travail « et une formule d’incantation. Le rythme des mots soutient le geste indéfiniment répété du travailleur*. En même temps, il agit sur les puissances invisibles, et l’eau vive longtemps appelée finit par jaillir*.

Le puits, une fois creusé, sera comme une capitale au milieu du désert, un centre de ralliement pour la tribu. Et les

1 Nombres XXI, 17, 18. Pour le dernier stiche nous adoptons la leçon proposée par Budde (V. Geschichte der althebräischen Literatur, p. 22, 23). D'après le texte massorétique midbär et mattäné désigneraient na stations de la marche des Israélites dans le désert. Au lieu de oûmimmidbär, nous lisons mimmidbär, et au commencement du verset 19, au lieu de oûùmimmatläné, nous lisons avec les Septante oùmibbe'ér

On peut trouver des chants analogues dans la poésie populaire des =

Arabes contemporains :

« Jaiïllis, onde, coule à flots. »

ou encore :

« Puisse Allah t’abreuver, Ô puits Avec la pluie en abondance. »

cité par Gressmann, Mose und seine Zeit, 1913, p. 349; voir aussi G. Dalman, Palaestinischer Diwan, p. 45 à 50. « Bei Quelle und Brunnen ».

? Le sceptre des chefs était considéré comme ayant des vertus mystiques. Voir le rôle de la verge de Moïse et de la verge d'Aaron dans l'histoire des plaies d'Egypte, Exode IV, 3; VII, 8 à 10; VIII, 5, 10. A Rephidim, Moïse frappe le rocher de sa verge, et il en jaillit de l’eau, Exode XVII, 6. Comp. le rôle de la baguette de coudrier chez les sourciers.

* V. Bücher, Arbeit und Rhythmus, 1909, p. 98 à 108.

# Chez les Sémites les sources étaient considérées comme le siège d'énergies divines, et l'on pouvait par certains rites évoquer et intensifier ces énergies. (V. Baudissin, Studien zur semitischen Religionsgeschichte, 1876, IT, p. 147 à 153; Rob. Smith, Die Religion der Semiten, trad. allemande, p. 95; P. Lagrange, Etudes sur les religions ee , 1905, p. 158 à 169.)

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