LE CARACTÈRE DIVIN DU ROI
de Babel, et il annonça qu'il élèverait sa royauté par cette parole de sa . bouche : « Que celui-là soit le berger qui rassemble les dispersés ! » é,
De même, ce sont les dieux de Ninive qui ont appelé les rois assyriens. Assournazirabal invoque la déesse Ichtar en ces termes:
Toi, Ichtar, souveraine redoutable parmi les dieux, Tu me discernas d’un regard de tes yeux et tu eus le désir de me [voir au pouvoir ; Tu me pris du milieu des montagnes,
Tu m'appelas comme pasteur des humains, Tu m'accordas le sceptre de justice !.…
Et voici une invocation de Tiglat-Phalasar appelant à son aide les grands dieux de l’empire:
« O dieux grands, vous qui régentez les cieux et la terre, vous dont l'élan est lutte et combat, vous qui rendez grande la royauté de Tiglat- Phalasar, le prince bien-aimé, le désir de votre cœur, le pasteur auguste que vous avez choisi dans votre cœur stable, que vous avez couronné du diadème sublime, que vous avez établi solennellement pour régner sur le pays du dieu Bel; lui à qui vous avez accordé primauté, grandeur et bravoure, comme destin de sa domination pour la puissance » ?.
Chez les Sémites, la distinction entre l'humain et le divin " est trop rigoureusement maintenue pour que le roi puisse être considéré comme une véritable incarnation de la divinité, le dieu suprême devenu visible parmi les hommes, ainsi qu’on se représentait le Pharaon en Egypte et le Basileus dans les monarchies hellénistiques. Cependant chez les Babyloniens et les Assyriens, à côté de l’idée de l'appel divin, nous trouvons celle de l’adoption
divine et aussi celle d’une naissance miraculeuse. De même que
Hammourabi s’est appelé «le rejeton royal créé par le dieu Sin », Nebukadnetsar IT déclare 1500 ans plus tard:
Après que le Seigneur des seigneurs m'’eut formé, et qu'il eut façonné mon corps dans le sein de ma mère.
? Zimmern, Die Keilinschriften und das A. T., p. 382. ? Dhorme, op. cit., pp. 156, 158.
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Je suis la créature de ta main, Ô Mardouk, C'est toi qui m'as formé !…
Assourbanipal s'adresse au dieu Adad en ces termes:
Je suis ton serviteur, je suis le fils du dieu Assour et de ma déesse [l’'Assyrienne.
Et dans d’autres textés il se désigne comme «la formation
d’Assour et de Bélits, «celui que les dieux grands ont formé
dans le sein de ma mère »',
Nous retrouvons la plupart de ces conceptions exprimées avec des formules analogues, mais suivant des tendances mythologiques plus atténuées, dans un certain nombre de chants du Psautier, que l’on désigne les uns comme psaumes royaux, les autres comme psaumes messianiques (Ps. II, XVIII, XX, XXI, LXXIL CE CX CXXXID*
Quelque effort que les critiques aient tenté pour moderniser la date de ces morceaux, les considérant soit comme des documents de l’eschatologie postexilique, soit comme des poèmes de circonstance composés en l’honneur de rois étrangers où à la cour dés princes macchabéens, il nous paraît qu’on ne peut vraiment les expliquer sans les placer dans les circonstances de la royauté préexilique et à la grande époque de la vie nationale. On peut même estimer que quelques-uns d’entre eux remontent aux premiers temps de la dynastie davidique. Tel sans doute le petit poème inséré à la fin du 2: livre de Samuel (XXIL, 1 à 7) avec cette introduction : Voici les dernières paroles de David :
Oracle de David, fils d'Isaï,
Oracle de l’homme qui a été placé bien haut, De l'oint du Dieu de Jacob,
Du chantre des chants d'Israël.
4 Dhorme, op. cit., pp. 166, 167.
2 V. Gressmann, Der Ursprung der israelitisch-jüdischen Eschatologie. « Der Hofstil », pp. 250 à 286. H. Gunkel, « Die Kônigspsalmien » dans les Preussische Jahrbücher, Oktober 1904, pp. 42 à 68. Mowinckel, Psalmenstudien, II, pp. 297 à 311 et III,-pp. 73 à 101.
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