‹ Les plus vieux chants de la BibleChapitre 67 sur 76 · NE AE EE · texte numérisé non relu

NE AE EE

Que son nom demeure à perpétuité, S Que son nom se propage aussi longtemps que le soleil ! Que toutes les nations se bénissent par lui, Que toutes les tribus proclament sa félicité ! ?

A REP Et ceci est bien authentiquement israélite: la préoccupation humanitaire, l'aspiration vers une société plus équitable, où les

petits de la terre ne seront plus sacrifiés au caprice des forts.

Sans doute sur ce point aussi il est possible de trouver des parallèles dans la littérature officielle de Babylone et de Ninive‘. On peut citer par exemple la lettre d’Adad-chouma-ousour annonçant la prospérité apportée au pays par l'avènement du nouveau prince, sans doute Assourbanipal.

« Le dieu roi des dieux a mentionné le nom du roi mon seigneur pour

la royauté sur le pays d’Assour. Les dieux, Chamach et Adad, dans leur présage véridique, ont établi le roi mon seigneur pour la royauté sur les pays. Gouvernement prospère, jours durables, années d'équité, pluies abondantes, crues considérables, commerce prospère. Les dieux sont bien disposés, la crainte du dieu est grande, les temples sont riches, les grands dieux du ciel et de la terre ont relevé les choses, au temps du roi, mon

1 Texte incertain. On traduit : «que son fruit ondoïie comme le Liban, et qu'ils fleurissent de la ville comme l'herbe de la terre. »

? Ps. LXXII, 1 à 7, 12 à 17. Conf. Ps. CXXXII, 11 à 18; LXXXIX, 20 à 38 et CI. |

* Hammourabi, au commencement de son Code, rappelle qu'il a été

établi par les dieux «pour exterminer le pervers et le méchant, pour empêcher le puissant de nuire au faible». Et dans l’épilogue il célèbre en ces termes les bienfaits de sa législation : «Je suis le pasteur sauveur dont le

sceptre est droit, dont la bonne protection s'étend sur ma ville; j'ai serré

sur ma poitrine les gens de Soumer et d'Akkad, sous ma garde je les ai fait agir en paix; dans ma sagesse je les ai abrités ! Pour que le puissant n'opprime pas le faible, pour conseiller l'orphelin et la veuve … pour marquer le droit du pays, trancher les différents, réparer les torts, j'ai gravé mes volontés les plus chères sur ma stèle, je les ai placées devant mes images de roi de justice. L'opprimé qui à litige, qu'il vienne devant mon image de roi de justice, qu'il lise mon inscription, saisisse mes paroles précieuses ; mon inscription lui éclairera l'affaire, il comprendra sa cause et dilatera son cœur en disant : « Hammourabi, voilà un maître qui est un vrai père pour ses sujets … il a réjoui le cœur de Mardouk son seigneur, procuré un bonheur perpétuel à ses sujets, mis de l'ordre dans le pays... » (Traduction Scheil.)

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seigneur. Les vieillards sautent, les enfants chantent, les jeunes filles » exultent de joie, les femmes conçoivent, elles déposent des petits, elles font des garçons et des filles ; l'enfantement marche bien. Dans leur joie, elles disent aux enfants : Le roi, notre seigneur, l’a fait vivre ! Ceux qui depuis PU de nombreuses années étaient prisonniers, tu les délivres ! Ceux qui depuis EL des jours nombreux étaient malades, vivent. Les affamés sont rassasiés, les maigres deviennent gras, les nus sont couverts de vêtements » !.

Il ne paraît pas cependant que chez les Assyro-Babyloniens - le messianisme ait jamais dépassé le stade de la phraséologie … protocolaire, tandis qu’en Israël, par delà les formules traditionnelles destinées à exalter la puissance du maître, devait se … développer la vision de l'humanité nouvelle et du royaume divin 34 de l'avenir.

10 Israël ne fut jamais qu’un petit peuple, ne son histoire, … considérée du point de vue profane, restait obscure et sans Le gloire. La puissance de l’empire davidique ne dura qu’un demisiècle, ensuite ce fut le schisme, puis les malheurs des guerres h) araméennes et assyriennes; des siècles d’anarchie et de misère « à peine interrompus par des renaissances éphémères sous les

Omrides et sous Jéroboam II. Avec cela les crises sociales et.

5 Jes luttes de parti: les riches exploitaient les pauvres, et les anavim gémissaient toujours sous l'injustice. C'était plus qu’il

n’en fallait pour désespérer l’âme d’une nation. Cependant Israël + crut en son élohim, et, du sein de son impuissance et de ses détresses, il s’enchanta par l’espérance du jour des victoires et | des vengeances, du jour où Yahvé manifestant enfin sa puis- L sance, exterminerait les goyim hostiles et rétablirait son peuple dans la paix et le bonheur paradisiaques. Alors les paroles des anciens oracles royaux prennent une signification toute nouvelle. # Utopie irréalisable dans les conditions du présent, elles appa- raissent comme un appel à l’avenir. Le Messie annoncé par les

D. . 4 Dhorme, La religion assyro-babylonienne, pp. 172-173. Conf. Zimmern, Die Keïlinschriften und das A. T., p 380, et Gressmann, Der Ursprung der israelitisch- “jüdischen Eschatologie, pp. 260-261.

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prophètes est une idéalisation du roi terrestre. Les attributs de puissance et de domination, et la justice, et la fiialité divines, il les possédera dans toute leur plénitude, et il inaugurera pour Israël l’ère du salut *.

Et plus tard, lorsque Israël dispersé parmi les peuples aura cessé d’être une nation, lorsque Jérusalem appartiendra à des maîtres payens, l’antique espérance demeurera comme une protestation contre les déceptions de la réalité, comme le grand «quand même». «Les temps du Messie sont proches! Vive le Fils de David!»

1 Des influences fort diverses se croisent à l'origine de la mythologie -eschatologique. La tendance à l’exaltation du monarque et la fidélité à Ja maison de David n’en sont qu’un aspect contingent. L'idée de la royauté de Yahvé et l'attente de l'apparition du Dieu vainqueur au jour suprême * sont seules fondamentales. Mais, étant donné la signification religieuse de la royauté, l’oint de Yahvé, le héros divin, élu par le Dieu suprême, devait apparaître comme l'instrument de la restauration nationale, et devenait le chef de l'Israël de l'avenir. En fait, il y avait une eschatologie sans Messie ; cependant dans la mesure où elle plongeait ses racines dans la réalité présente et dans les circonstances de l'histoire, l'espérance israélite tendait à s'exprimer sous forme messianique.

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